Définitions

Le langage courant nous aide à y voir plus clair en distinguant une dizaine d’idées différentes : la bonne et la mauvaise idée, l’idée préconçue et l’idée reçue, l’idée fixe, l’idée force, une certaine idée…

Sans idée, la pensée ne serait qu’un flux ininterrompu et confus.  C’est l’idée qui interrompt le cours de la pensée, la concentre sur un objet et la contraint à prendre une forme intelligible. Ce mouvement que la pensée effectue sur elle-même ne serait pas possible sans un effort de compréhension mais aussi un effort de formalisation. C’est la formalisation qui donne naissance à chaque idée et lui confère la dimension d’une création.

La définition réduisant l’idée à une représentation est à la fois juste et partielle. Que l’idée soit une certaine façon de voir la réalité semble difficilement contestable. Que le changement de la réalité sur laquelle s’appuie l’idée rétroagisse sur l’idée elle-même semble parfaitement logique. Mais l’idée n’est pas uniquement un reflet. Pour une raison simple : en proposant une certaine façon de voir la réalité, elle l’a construit aussi. Ce n’est pas systématique, mais l’influence des idées sur le cours de la réalité est au moins aussi courant que l’inverse.

Souvent, la différenciation entre réalité et idées n’a rien de probant, ni de très intéressant. Quelle différence entre quelque chose et l’idée de quelque chose ? Parfois pas grand chose. Sauf à posséder un caractère matériel que l’idée ne peut pas avoir, la réalité est de plus en plus médiatisée et le jugement de moins en moins fondé sur l’expérience. D’où la capacité de plus en plus grande des idées à créer une réalité présentant à la fois une apparence virtuelle et un impact tangible.

Le lien qui existe entre l’idée et la création est néanmoins une source de confusion. Toutes les idées sont des créations mais toutes ne sont pas créatives. De ce point de vue, il y a effectivement de bonnes et de mauvaises idées. Certaines ne trouvent aucun écho ou se révèlent décevantes par rapport à une intention initiale. D’autres s’installent, perdent leur statut d’idée et, du coup, leur capacité créative. D’autres,au contraire, se révèlent particulièrement fertiles. Suscitant l’opposition des idées installées, elles  produisent un débat d’idées ou simplement une émulation qui contribue à influer sur la réalité.

La puissance de création des idées est, en fait, inversement proportionnelle à l’importance de l’exécution, du travail et de la maîtrise technique qui permettent leur concrétisation… 

Article en cours de rédaction

%d blogueurs aiment cette page :