New-York, la ville monde

NYC est LA ville des inégalités : celles-ci n’ont jamais été aussi fortes depuis la crise de 1929. La ville comprend 400 000 millionnaires et 3 000 multimillionnaires alors que 21 % des New Yorkais, vivent au-dessous du seuil de pauvreté.

Les quartiers d’Upper East Side et de Harlem, à Manhattan, illustrent bien l’importance de la fracture : dans le premier, le salaire annuel moyen par habitant s’établit à 90 000 dollars. Dans le second, 37 % des habitants sont en situation d’extrême nécessité.

Les statistiques sur la santé des New Yorkais, dans l’arrondissement de Brooklyn, fournissent d’autres éléments significatifs : les habitants de Brownsville – Noirs à 76 % – vivent en moyenne 11 ans de moins que ceux résidant près de Wall Street. Un écart à peine croyable au sein d’une même ville. La population y souffre d’obésité (32%) et de diabète (15%), le taux d’hospitalisation psychiatrique est nettement plus élevé que dans le reste de la ville.

Des quartiers en évolution – mais la mixité sociale n’est pas au rendez-vous

New York est une mosaïque de cultures. 36% des New Yorkais sont nés à l’étranger et plus de 40% d’entre eux, ne parlent pas anglais en famille. Cela induit, depuis toujours, un regroupement spatial par communautés, des quartiers entiers s’étant ainsi formés : Little Italy, Chinatown, Spanish Harlem…

Consciente de la ghettoïsation et de la dégradation de l’habitat, les autorités municipales « réhabilitent » certaines zones. Harlem, est l’exemple d’une évolution à double tranchant : ce quartier de l’arrondissement de Manhattan, qui concentre la population la plus pauvre de la ville, est aujourd’hui livré au marché de l’immobilier.

Après plusieurs décennies de crise et de délabrement et alors qu’il était considéré il y a quelques années encore comme un ghetto, Harlem se transforme peu à peu en un quartier dynamique et attrayant, par le biais d’actions de rénovation. Mais l’augmentation des loyers qui s’ensuit (+ 40 % sur le marché libre), contraint les habitants, notamment la middle-class, à partir.

Toutes zones confondues, les prix de l’immobilier restent très élevés en raison de la spéculation et de la présence d’une population à haut revenu, qui emballe les prix.

Le tissu social et urbain new yorkais, est actuellement fragilisé.

New York et son exceptionnelle capacité de résilience

Peu de villes ont été affectées par des « secousses » aussi rapprochées. En 1970, New York fait face à une crise budgétaire et criminelle ; en 2001, les attentats du World Trade Center la plongent dans l’effroi ; de 2007 à 2010, la crise des subprimes et ses dérivées, la font vaciller.

Pour réduire sa dépendance au secteur financier, Big Apple réinvente alors son modèle économique : tout en continuant à favoriser sa place boursière, elle investit dans le tourisme, les technologies de l’information et de la communication, les biotechnologies et les industries créatives. Résultat : les services financiers représentent aujourd’hui 50 % du PIB primaire et les 4 autres secteurs, 40 %. La diversification a porté ses fruits rapidement.  

Les données, futures « ressources naturelles » à l’instar de l’énergie

Généralisée à partir de 2005 par les grands opérateurs du numérique, la notion de smart city évolue. Au-delà du croisement de données permettant de fluidifier les services urbains, l’objectif est désormais de « réinventer le numérique » en le pensant à partir des usages et services nouveaux qu’il rend possibles. A terme : les métropoles se connecteront sur l’intelligence collective et collaborative.
C’est dans cet esprit que le Centre de la science et du progrès urbains a vu le jour en 2012, à l’initiative de l’ancien Maire de New York, Michael Bloomberg : l’objectif est d’acquérir, d’intégrer et d’analyser toutes sortes d’informations concernant Big Apple.

Un projet immobilier privé de 20 milliards d’euros, l’Hudson Yards – en partenariat avec le Centre – sera développé jusqu’en 2020 sur les bords du fleuve Hudson, à la hauteur de la 33e Rue dans Manhattan : des bureaux, des commerces, des espaces publics et 5000 appartements, vont constituer un immense laboratoire de recherche, des données de toute nature y étant collectées. Ces informations permettront, par exemple, de mieux gérer les déchets, d’améliorer le recyclage ou le système de compostage ou encore, d’en savoir davantage sur l’utilisation de la lumière. Et d’apprendre que la majorité des New-Yorkais se mettent au lit entre 23h et minuit… Ce qui soulève des questions.

Les responsables du projet se veulent rassurants : les caméras utilisées sont basse résolution, et les études portent uniquement sur des « ensembles d’individus ».

Telle la Statue de la Liberté éclairant le monde, NYC précède les tendances et les évolutions urbaines de toutes les villes du monde. Son côté expérimental, sa capacité de rebond, en font l’indéniable chef de file des icônes urbaines.

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