Impitoyable Dallas

Dallas n’a pas une image très sympa. Mais Dallas s’en fiche. Elle, au moins, a une image. Pas comme la capitale du Texas dont le monde entier ignore le nom, ni comme Houston dont la réputation internationale se limite à un pas de tir. Bien sûr, à Dallas, on ne fabrique pas du rêve comme à Los Angeles. On n’est pas cool et branché comme à San Francisco ou Seattle, ni épris de culture comme dans les villes snob de la côte Est. On ne se pique pas non plus d’architecture comme à Chicago. Non, ici, on aime faire du business et on estime qu’on le fait plutôt bien. A l’américaine ou mieux encore, à la texane, c’est-à-dire sans chichi. Et qu’importe le jugement des pieds tendres et le peu d’intérêt que suscite l’actualité politique ou culturelle de la ville. A Dallas, seul compte le business sachant que, sur ce plan au moins, les chiffres parlent d’eux-mêmes. A l’époque de l’assassinat de JKF, la ville comptait 700 000 habitants. Quand JR se faisait tirer dessus, elle frisait les 900 000. Aujourd’hui, Dallas dépasse le million d’habitants. Elle figure au 9e rang des villes américaines les plus peuplées, derrière la capitale de l’Etat, San Antonio, mais devant San Francisco et très largement devant Boston. Cinquième marché des Etats-Unis, troisième plus grand aéroport mondial, troisième plus grande concentration d’entreprises « Fortune 500 », la ville cartonne sur le plan économique. Avec, à la clé, un taux de chômage d’environ 5%. Comme quoi les lois darwiniennes propres à tout univers impitoyable peuvent garantir le bon fonctionnement d’un système qui privilégie ouvertement l’enrichissement d’une minorité et l’emploi du plus grand nombre.

Et pourtant un vent d’inquiétude souffle sur Dallas. Si la ville bénéficie d’une tendance éminemment favorable, l’essor démographique et économique bénéficie de plus en plus à la périphérie. Certes, entre 2010 et 2014, le nombre d’habitants a continué d’augmenter de 6 ,9%. Mais des villes de banlieue affichent désormais des taux de croissances supérieurs comme Allen ou encore Piano fière d’avoir intégré le peloton des 10 villes les plus peuplées du Texas. Ce ne sont pas les seules à tirer profit du dynamisme de la métropole. Mc Kinney fait partie des villes américaines dont la population a le plus fortement progressé ces dernières années et qui a récemment dépassé le seuil des 100 000 habitants. Même évolution pour Frisco, une autre ville de banlieue. Quant aux villes plus petites comme Fate ou Melissa, elles semblent bien parti pour atteindre et dépasser rapidement les 50 000 habitants grâce à une croissance démographique avoisinant les 40%. Leur point commun ? Reliées par autoroute à la ville centre, elles sont toutes situées au Nord de Dallas, dans les comtés de Collin et de Denton. Jugées plus sûres que la ville centre – Piano a même été élue ville la plus sûre des Etats-Unis par – elles offrent un cadre de vie agréable ainsi qu’une offre complète de commerces et services. Autre atout décisif : les établissements y sont jugés de meilleures qualité. Un point particulièrement important aux Etats-Unis. Selon la Texas Education Agency, le nombre d’étudiants a ainsi augmenté de 245% à Frisco entre 2004 et 2014 tandis qu’il baissait dans le même temps de 50% à Dallas.

De là à dire que le développement bénéficie de moins en moins à Dallas et de plus en plus à sa périphérie, il n’y a bien évidemment qu’un pas. Comme ailleurs aux Etats-Unis, la métropole est un gigantesque échangeur autoroutier. Un pari logique au pays où la voiture est reine et où la facilité de déplacement constitue un facteur essentiel de compétitivité à l’échelon local. Mais les autoroutes urbaines – Dallas en compte XX – ont eu aussi pour conséquence de faciliter l’installation des catégories les plus aisées et des employeurs en périphérie. La question qui se pose aujourd’hui est donc relativement simple : faut-il poursuivre le développement des infrastructures routières et continuer de miser sur la mobilité ou tenter de freiner l’exode des catégories moyennes et supérieures en s’attachant à valoriser le cadre de vie ? Le débat fait rage depuis des années. D’un côté, la majorité démocrate qui préside aux destinées de la ville depuis toujours défend la première option avec une constance remarquable. De l’autre, quelques voix discordantes qui ne s’expriment le plus souvent que dans l’enceinte confidentielle du conseil municipal. Au-delà de ce débat, c’est l’avenir et le rôle même du centre-villle qui est posé. Aujourd’hui l’hyper-centre est quasiment vide.

 

 

En 1890, Dallas est devenue la plus grande ville du Texas avec environ 40 000 habitants. Mais elle est dépassée par Houston puis Sant Antonio après la seconde guerre mondiale

 

Aujourd’hui troisième ville du Texas, Dallas est surnommée « Big D »

 

La ville n’a eu que quelques esclaves Afro-américains, la plupart du temps apportés par des colons d’Alabama et de Géorgie. Ce qui expliquerait qu’elle n’ait pas connu les tensions raciales qui ont affaibli la plupart des autres grandes villes américaines dans les années 50-60.

 

ECONMOMIE

 

L’arrivée de plusieurs lignes de chemins de fer vers 1870 donna un coup de fouet à l’activité économique,

 

Dallas devient un centre d’échange agricole (coton et céréales notamment) puis un centre financier.

 

L’économie poursuit sa diversification dans les années 50-60 avec :

 

– l’ouverture du Home Furnishing Mart (marché de l’ameublement) qui grandit dans le Dallas Market Center, le plus grand complexe de commerce de gros dans le monde.

– l’invention du circuit intégré Dallas par Texas Instruments, ce qui positionne Dallas sur le créneau des nouvelles technologies et lui vaut le nom de « Silicon Prairie »

 

Mais les années 85-2005 marquent une récession avec :

 

– le départ des compagnies pétrolières sur Houston afin d’être plus près de la côte

– la crise des caisses d’épargne qui met l’économie de la ville à genoux.

 

Parmi les entreprises ayant leur siège à Dallas, on trouve Pizza Hut, Southwest Airlines, Texas Instruments

 

L’implantation du siège amércain de Toyota (aujourd’hui en Californie) est prévue en 2017.

 

URBANISME

 

Lors de l’inondation de 1908, la crue de la rivière Trinity tue cinq personnes, laisse sans abris 4 000 personnes. Après l’inondation, la ville a voulu trouver une manière de contrôler la Trinity. De quand datent les digues ? Quelques précisions sur le sentier qui longe aujourd’hui la rivière ?

Comme beaucoup de grandes villes américaines, Dallas a connu un « renouvellement urbain » depuis 2000. En 2005, après vingt ans de crise immobilière, trois tours marque le renouveau.

Le Downtown comptait environ 1 600 résidents en 2000, ils sont 10 000 résidents en 2010.

Juste au nord, Uptown Dallas est l’un des marchés immobiliers les plus actif du pays. Le Victory Park est mis en chantier. Il devrait contenir plus de 4 000 résidences et 370 000 m2 de bureau et d’espace commercial. Le point de départ du projet était l’ouverture d’une nouvelle salle de sport ultra-moderne en 2001, le American Airlines Center.

Les secteurs principaux dans la ville sont :

Downtown Dallas, couplé à Oak Lawn et à Uptown Dallas, présente une physionomie marquée par le boom immobilier des années 70-80

East Dallas, comprend les quartiers de divertissement (musique, arts) de Deep Ellum (le lieu de sortie des jeunes), Lakewood et Fair Park.

North Dallas, quartiers de classes moyennes tels que Lake Highland et White Rock Lake et centres commerciaux à Galleria Dallas.

South Dallas, le quartier d’Oak Cliff est un secteur accidenté magnifique avec de belles maisons anciennes et zones de divertissement telles que Bishop Arts District.

 

Les principaux bâtiments de la ville

 

– en 1922, le Magnolia Building (maintenant Magnolia Hotel) devient le plus haut bâtiment du Texas avec ses 29 étages, et le restera pendant plusieurs années. l

– en 1936, la Texas Centennial Exposition de 1936 se tient dans le nouveau parc d’expostion, le Fair Park.

– 1957 : Dallas Convention Center

1985, à la pointe du boom immobilier, la Bank of America Plaza, plus haute tour de la ville avec une hauteur de 281 mètres et 72 étages est inaugurée.

 

POLITIQUE
Au cœur du débat : un vieux serpent de mer – qui remonte à quand ? – la réalisation d’une autoroute quel nom ? longeant la Trinity, un projet vieux de plusieurs années, défendu par le maire sortant, un démocrate, mais contesté par son adversaire républicain et un conseiller municipal sortant, un candidat indépendant de droite. Coût du projet ? Permettra de relier quel axe à quel axe ?

 

Le candidat indépendant, Richard Sheridan, dénonce l’affairisme de l’équipe en place et réclame en lieu et place d’une énième autoroute un nouvel espace vert. Le personnage est toutefois un original ouvertement homophobe qui vient de se faire inculper pour avoir peint sur l’église classée d’une congrégation religieuse gay le chiffre « diabolique » de « 666 »

 

Le maire sortant : Mike Rawlings, ancien CEO de Pizza Hut, une entreprise historique de la ville, premier mandat, défend l’autoroute comme la grande réalisation qui permettra à Detroit d’entrer dans le XXIe siècle et de concurrencer Houston et San Antonio mais aussi de relier les quartiers Nord des entreprises et des classes moyennes aux quartiers pauvres du Sud. Il accuse ses adversaires de défendre la ségrégation sociale

 

Le candidat démocrate : Marcos Ronquillo, républicain, latinos, avocat. Son slogan : « réparons les routes et ne construisons pas d’autoroutes à péage ». Comme le candidat indépendant, il défend un projet d’aménagement de la rivière qui permettrait de relier le design district à un ancien quartier d’entrepôts de plus en plus investis par les antiquaires ? et la rive opposée qui offre un magnifique point de vue sur le centre de Dallas. Très confus dans mon esprit !

 

On trouve à Trinity groves (où ?) des galeries d’art et des restaurants

 

Il est vrai que la ville ne dispose aujourd’hui que d’un petit espace vert : précisions ?

 

Les associations sont très mobilisées : lesquelles ? Elles s’inquiètent de voir l’autoroute compromettre définitivement l’aménagement de la rivière et menacer la Dallas urban forest, le plus grand bois urbain des Etats-Unis

 

Elections municipales : quand aura t on les résultats ? tous les quatre ans. Un taux de participation de 13% en 2007 et 2011 qui pourrait tomber en dessous de la barre des 10% cette fois-ci

 

Journaux locaux : très divisés. Le Dallas Morning News a pris position pour le maire sortant mais D Magazine, l’autre grand journal de la ville, a changé de fusil d’épaule : après avoir soutenu l’autoroute, il en conteste aujourd’hui l’utilité

http://affaires.lapresse.ca/portfolio/chronique-du-concierge/201505/05/01-4867075-chronique-du-concierge-dallas.php

%d blogueurs aiment cette page :