Détroit, histoire d’une ville comateuse

Detroit, ville fondée par le Français Antoine de la Mothe Cadillac en 1701 et qui tire son nom de son emplacement à la confluence des Grands Lacs et du fleuve Saint-Laurent berceau des géants américain est devenue depuis des années le symbole du déclin américain. atmosphère d’effervescence s’est rapidement transformée en véritable déliquescence sur fond de tensions raciales

Le piège fiscal

Il était une fois une très belle et très grande ville. Située sur la rivière Détroit dans la région des grands lacs, à la frontière des Etats-unis et du Canada, Détroit était à ce point élégante et urbaine que ses habitants l’avaient surnommée le « Paris du Midwest ». C’est là que les grands constructeurs américains de voitures imaginèrent leurs premiers modèles. C’est là que les premières usines ouvrirent leurs portes et que des premières chaînes de montage sortirent des millions d’automobiles. C’est à Motor City ou Motown qu’affluèrent bientôt tous ceux qui, originaires du Sud ségrégationniste ou de la vieille Europe, noirs ou blancs, venaient y trouver un travail et des conditions de vie meilleures. Fière de sa prospérité et confiante en son avenir, la ville élevaient ses tours et semblaient pouvoir s’étendre à l’infinie. « Les vedettes fréquentaient théâtres et dancing, les trottoirs menaient aux boutiques et aux premier grand magasin du monde, le J.L. Hudson’s Department Store (…) La ville était un phare. Ford, un prophète. » Mais déjà le ciel s’obscurcissait. Durant la seconde guerre mondiale, des premières émeutes commencèrent à opposer noirs et blancs tandis que d’autres centres de productions ouvraient ailleurs pour fournir les armées. Une fois le conflit terminé, la ville n’incarnait plus à elle-seule la voiture. Si elle restait Motown, des usines commencèrent à se délocaliser et la banlieue à s’étendre. En 1967, de nouvelles émeutes raciales éclatèrent. Les plus violentes que l’Amérique ait connu à cette époque. Déjà attirée par la banlieue, loin de des bruits de la ville, les classes moyennes quittèrent massivement Détroit qui devint, de fait, majoritairement noire et pauvre. Les entreprises suivirent. Une page se tournait. La crise des années 70 et l’arrivée des voitures japonaises finirent de précipiter la chute. La fin de l’âge d’or de l’automobile entraîne un déclin progressif. Le krach de 2007, la crise des subprimes, les saisies immobilières et la débâcle des trois principaux employeurs de la ville – Ford, Chrysler et General Motors – conduisent directement à un crach financier local. Donnés pour morts, les constructeurs automobiles sont sauvés par le gouvernement mais la ville, elle, est déclarée en faillite le 18 juillet 2013. Avec l’appui de l’État du Michigan, et sous la responsabilité d’un administrateur d’urgence, étranger au Michigan mais nommé par le gouverneur, Détroit a négocié avec ses créanciers. Les 20.000 retraités de la ville ont accepté des réductions de 4,5 % de leurs pensions. De leur côté, les détenteurs d’obligations diverses émises par la ville au fil des ans ont consenti des réductions allant de 26 à 66 % de leurs dus. Ce plan qui a de fortes chances de renchérir le financement à venir de Détroit permet en tout cas à la ville d’effacer 7 milliards de ses dettes repose sur un grand compromis, baptisé «grand bargain». La totalité des 5000 œuvres de Detroit Institute of Art, Musée des beaux-arts évaluée à 4,6 milliards de dollars, passe sous le contrôle d’une fondation indépendante qui s’engage au cours des prochaines années à verser 816 millions de dollars pour aider la ville à payer les pensions de ses employés. Cette restructuration qui a libéré 1,7 milliard de dollars d’ici à 2023 a officiellement sorti la ville de la faillite mercredi 10 décembre, les pouvoirs de gestion revenant au maire et au conseil municipal. Pour éviter tout nouveau dérapage, les finances de la ville seront toutefois désormais placées sous le contrôle d’une commission composée de représentants du Michigan.

 

L’ampleur de la crise est inédite. La population, passée de 1,85 millions en 1950 à 710.000 en 2010. On évoque un taux de chômage de 30% mais il serait en réalité de 50 %. Le taux de criminalité est record, moins de 10% de crimes sont résolu. Le secteur automobile n’emploie plus que 25 000 personnes, soit douze fois moins que durant l’âge d’or de Détroit, dans les années 1960. Detroit est une shrinking city, une ville qui rétrécit. Le phénomène n’est pas nouveau : à la fin des années 1960, les émeutes raciales font fuir les Blancs des classes moyennes vers les banlieues. D’après le LA Times, Détroit compterait 80000 bâtiments abandonnés équivalent à un tiers de la ville et le coût de démolition pour chaque structure s’élève à 8.000 dollars, un montant trop élevé pour une ville en faillite. Selon la Motor City Blight Buster, une équipe qui démolit les maisons délabrées de la ville, il y aurait 114.000 terrains vides à Détroit, et 30 % des bâtiments seraient vides et délabrés. Ainsi le Michigan Central Depot attend d’être rénové depuis 1988. Des tours entières sont vides. D’autres abritent moins d’une dizaine de petites sociétés. Dans Downtown, le petit train aérien tourne quasi vide. En 2008, le maire a évité de justesse que le siège de General Motors ne quitte les lieux. La société a finalement installé ses quartiers en haut d’une galerie commerciale, un bunker de béton grandiosement appelé Renaissance Center, dont l’affluence doit égaler celle de la Défense un dimanche d’août. Aujourd’hui, dans ce quartier central, on trouve aussi un stade, un casino, un opéra, deux hôtels de luxe réhabilités, quelques restaurants. Pas franchement pris d’assaut.

 

La diminution des dépenses de la municipalité et l’augmentation des taxes ne parviennent qu’à inciter les habitants qui le peuvent à partir. Prenant acte du resserrement de la population, les élus ont décidé de raser plus de 10.000 maisons afin de redensifier certains quartiers et de transformer en parcs ou en zones rurales ces espaces vacants. Une campagne de marketing pour la transformation urbaine de Détroit a été lancée sous le slogan « Made In Detroit » et affichée sur les grandes façades de la ville, incite à l’arrivée de nouveaux entrepreneurs qui pourraient devenir les nouveaux bâtisseurs de la ville, comme l’avaient fait les constructeurs automobiles dans le passé. En attendant, davantage que des légumes frais, ce sont des services que réclament Anny, John et leurs voisins : police, pompiers, ramassage des ordures, déneigement, transports publics, écoles… Naïvement, on se dit que la solution serait peut-être de faire bouger les gens des zones sinistrées vers des zones plus denses, plus faciles à desservir. Encore faudrait-il les convaincre, les dédommager, racheter leurs maisons à bon prix, les reloger… ce que la municipalité n’a pas les moyens de faire. En ce vendredi après-midi, le maire, David Bing, réunit une dizaine de personnes autour d’une table ronde – années 1970, comme la moquette et le lustre. L’équipe municipale revient d’un voyage d’étude d’une semaine en Italie, à Turin, une ville qui, elle aussi, a rétréci. « Nous sommes ici pour tirer les leçons de notre voyage et voir ce que pourrions appliquer à Detroit, commente le maire, grand, fin, tête et lunettes à la Gandhi. Moi, ce qui m’a frappé, c’est la densité : là-bas, les gens marchent dans la rue, se parlent, se touchent ! Rien à voir avec ici ! Nous devons créer des espaces publics où les gens peuvent se rencontrer. » Une idée fait consensus autour de la table : privilégier quelques quartiers phares, reliés par une ligne de tramway. « On va encore nous accuser d’élitisme, d’aider les riches aux dépens des pauvres, les Blancs aux dépens des Noirs, soupire le maire (lui-même noir, et entouré d’une équipe à 95 % noire). Mais on est obligé de choisir. »

 

Ainsi que le relate Reverdy, l’équilibre économique est à ce point fragile qu’il suffit d’un départ pour provoquer l’hémorragie de tout un immeuble : « la compagnie d’assurance installée en face déménagea, ainsi que certains cabinets d’avocats, des cabinets d’expertise en tous genres, tandis que les médecins et la plupart des professions libérales tiraient la langue et parlaient de partir à leur tour. Les services se contentèrent de péricliter devant l’assèchement de la clientèle, les opticiens, les coiffeurs, la salle de sport du premier étage. Ils licenciaient du personnel, diminuaient leurs horaires, cherchaient à revendre leur bail. Puis ce fut le tour des fast-foods et des magasins qui avaient entamé leur déclin depuis l’été. Avant Noël, le Treizième bureau serait la seule entreprise encore en activité dans la tour ». Certains secteurs font penser à une ville fantôme : des maisons délabrées, des fenêtres condamnées par des planches, des jardins envahis par les herbes et par les ronces… La nature reprend ses droits. Des arbres finissent par pousser dans les maisons et crever les plafonds. Même pillées, délabrées et sur le point de s’effondrer, les anciennes usines sont gardées par des vigiles. A défaut de pouvoir recourir au service de sociétés privées, les bars et restaurants n’ont pas d’autre choix que d’acheter leur sécurité. Il n’y a plus de cinéma. La nuit, il est recommandé de ne pas se promener seul. 40% de l’éclairage public de la ville seraient hors service. Début décembre 2014, la ville a subi début décembre une panne électrique géante qui avait privé de courant les écoles, les hôpitaux et les prisons. Les enseignes de rares commerces ouverts à une heure tardive semblent ne pas avoir été changées depuis trente ans. Des rues entières sont plongées dans l’obscurité. Les incendies sont constants. Il y en aurait 12 000 incendies par an. Ce sont des actes volontaires, une façon radicale pour les habitants de la rue d’éviter les « crack houses », les repaires de drogue. Pour survivre, les plus débrouillards se livre au pillage du cuivre. Le jour, au pied des buildings, les rares employés portent une étiquette autour du coup pour se distinguer des vagabonds et des fous. « Détroit est une ville étrangère (…) Ceux qui tournent dans ses murs cherchent une issue. Ils ne trouvent pas (…) Et je ne parle pas des avenues, des rues, des carrefours, du découpage et des friches, mais d’un sentiment insidieux puis envahissant : le sentiment d’être un corps sans esprit ».

 

La renaissance tout le monde l’attend. Tout le monde ne demande qu’à en voir les signes annonciateurs. On a longtemps cru – voulu croire – que les habitants allaient revenir. Pendant des années, les maires l’ont promis. Jusqu’à l’avant-dernier, qui a fini en prison. Mais en 2008, le tabou a été levé. Le tout nouveau maire démocrate, David Bing, ex-basketteur, a été élu sur ce constat : Detroit, shrinking city, ne retrouvera plus ses 2 millions d’habitants. Qu’à cela ne tienne. Détroit peut être le lieu où s’invente de nouvelles vies urbaines. Des gens montent des entreprises d’insertion, échoppes de réparation et de récupération de matériaux. Des artistes annexent les bâtiments et les rues, comme cet étonnant Heidelberg Project, magma de peluches, objets de récup’, peintures, tags, qui a essaimé dans tout un quartier. Des habitants, pris de fièvre potagère, investissent jardins et terrains vagues. Au chevet de la cité, les imaginations s’échauffent : on transforme les bâtiments en lieux d’art, de culture et de divertissement, les terrains vagues en golfs et en forêts, les autoroutes en pistes cyclables ou en cours d’eau… Andrew Herscher, prof d’architecture, voit dans cet « unreal estate » comme il l’appelle avec humour, un vrai concept : « On dit qu’il faut changer Detroit… mais peut-être ne le faut-il pas ? Peut-être est-on en train d’inventer une nouvelle ville, formée de petites communautés éparses, autonomes et soudées. » Dan Pitera, professeur de design urbain à l’université de Detroit Mercy, montre avec enthousiasme ses beaux croquis sur son ordinateur portable : « La faible densité de la population n’est pas un problème en soi : Houston est deux fois moins peuplée que Detroit et s’en sort bien », explique-t-il. Des bandes de graffeurs viennent de loin pour redécorer à leur façon les murs des bâtiments désaffectés. Les stigmates de la banqueroute et le sentiment d’apocalypse entretenus par Détroit, autrefois ville symbole de l’Art déco, deviennent des sites touristiques comme par exemple la gare Michigan Central Station fermée en 1988. La ville fait l’objet de nombreux reportages photo, dont The Ruins of Detroit, l’œuvre de deux photographes français. Thomas Cantaloube. Le fantasme d’une ville en ruines est devenu source de création autour d’une atmosphère qui a inspiré plusieurs photographes et cinéastes américains de renom, parmi lesquels Clint Eastwood avec le film Gran Torino en 2008, et plus récemment le premier film de l’acteur-réalisateur Ryan Gosling, Lost River. Le réalisateur allemand Joerg Daiber a filmé Détroit depuis les airs. Une fascination morbide que la population locale a baptisé «ruin porn» (orgie de ruines). Si le site detroiturbex.com illustre en photographies avant/après le déclin de la ville, une série d’image évoque également la renaissance à travers une série de belles restaurations. Les écrivains comme y trouvent la matière d’une fin de civilisation, la nôtre : «

Comme dans toutes les tragédies, antiques ou contemporaines, les éléments qui ont fait un jour la grandeur de notre protagoniste ont aussi causé ses tourments et sa chute. La ville incarnant la réussite du modèle économique américain aux yeux de tous est devenue, en quelques années et quelques clichés, le symbole de la déchéance des cités post-industrielles. Les énormes cylindres de verre du Renaissance center construit dans les années 80 au bord de la rivière incarnent une promesse sans cesse réitérée mais, en réalité, de plis en plus démentie par les faits.

À l’inverse, de nombreux projets photographiques tentent de mettre en valeur les habitants. Tom Culver a fondé le Humans of Detroit, une série de portraits inspirés de l’équivalent new yorkais. De Lansing a déménagé à Détroit pour ses études à l’université d’Etat Wayne. « Au début, j’étais fasciné par les bâtiments abandonnés », admet-il. « J’étais émerveillé en découvrant comment les gens avaient vécu dans ses endroits, en retrouvant de vieux magazines, des notes. »Se considérant désormais comme un habitant de Détroit, il ne comprend pas cet intérêt pour les ruines. « Il y a des choses tellement plus formidables, ici », s’exclame-t-il. Pour conter cette tendance, il a commencé à photographier les communautés. « Je vois tellement d’énergie et de positivité. » Autre quartier privilégié par le maire : Midtown, centre universitaire et hospitalier. On y encourage notamment la transformation d’usines en lofts, plus adaptés aux jeunes citadins que des maisons individuelles. Julie, petite brune vive de 27 ans, vient de s’y installer avec son mari, qui travaille pour une start-up informatique. C’est un pari, et même une revanche : « Mes parents sont partis de Detroit après les émeutes raciales de 1967, dit-elle, en avalant un taboulé de quinoa. Je suis heureuse de revenir ici. On va la faire vivre, cette ville ! » Elle est toute fière de montrer les deux boutiques tendance qui se sont ouvertes là, au pied de chez elle. A Detroit, certains ont des ferveurs de pionniers. La situation favorise le sysytème D et l ‘évocation de solutions alternatives. Les jardins et fermes urbaines donnent naissance à des communautés qui s’imposent comme de « nouveaux référentiels » permettant de pallier le manque de nourriture et « recréer des espaces de vie et de partage ». Dans la continuité, de nouveaux centres de commerce se sont développés tel l’Eastern Market, le plus grand marché public du pays, avec des ventes de produits certifiés bio venus directement des fermes régionales et locales. Des projets politisés telle que la Detroit Digital Justice Coalition (DDJC) se donnent pour objectif de « réduire la dépendance des habitants face aux géants des télécommunications et de cimenter les communautés grâce à la maîtrise des technologies numériques » même si « pour le moment, on ne compte qu’une centaine de personnes l’utilisant au quotidien dans la petite dizaine d’endroits où le dispositif a été mis en place. » » Certaines initiatives pourraient finir par créer une économie réelle, explique John Gallagher, journaliste au Detroit Free Press et auteur d’un très intéressant Reimagining Detroit (2). Les fameuses « fermes urbaines » de la ville, associatives et sociales, pourraient par exemple déboucher sur des structures agricoles commerciales… Le célèbre milliardaire et businessman américain Dan Gilbert, natif de Détroit et issu d’une famille ouvrière, possède aujourd’hui près du quart des propriétés du centre. Décrit comme le possible sauveur de Détroit, le magnat de la finance affirme vouloir bâtir son futur empire dans sa ville natale. Il a fait venir dans la ville ses 12 000 employés et toutes ses filiales. Son objectif à moyen et long terme « est de construire quelque chose, pas de gagner de l’argent, précise-t-il. Je veux voir le Détroit qu’ont connu mon grand-père et mon père ». Il envisage d’ériger un casino afin d’attirer d’autres entrepreneurs pour lancer un effet de mode dans un cadre urbain « vintage ». Dan Gilbert a déjà racheté des lieux symboliques de la puissance de Détroit comme les sous-sols du siège de Chrysler, dans lesquels il a notamment fait réaménager des salles de coffres devenues salles de réunion pour l’une des branches du groupe spécialisée dans le design.  le site IAmYoungDetroit.com incite par exemple les jeunes de moins de 40 ans à monter leur projet, tout en proposant une plateforme de financement collaboratif pour le développement de ces futures entreprises. Cette année, deux chercheurs américains ont publié une tribune dans le New York Times, proposant de repeupler Détroit en accueillant quelques dizaines de milliers de réfugiés syriens !   « Supposons que ces deux désastres sociaux et humanitaires fusionnent pour créer quelque chose de positif », écrivent David D. Laitin, professeur de sciences politiques et co-directeur du laboratoire de politique migratoire et d’intégration de l’université de Stanford, et Mark Jahr, ancien président de la société de développement du logement de New York, dans leur tribune libre publiée le vendredi 14 mai dans le « New York Times » sous le titre « Let Syrians settle Detroit » (Laissez les Syriens s’installer à Detroit).

Downtown, les Chinois ont doublé Dan Gilbert en achetant le David Scott building pour 9,4 millions de dollars. Ils ont aussi contribué au 100 millions de dollars que le Detroit Institute of Arts devait réunir pour éviter la vente de sa collection. Récemment, le patron du label et club berlinois “Trésor” s’est dit intéressé par le Fisher Body 21, une friche industrielle. Il est en pourparlers avec la ville et a déclaré “vouloir remercier Detroit pour leur avoir donner l’outil de leur renaissance, la musique techno.”

http://www.franceculture.fr/blog-globe-2011-02-23-nos-villes-sont-mortelles.html

https://laurentchalard.wordpress.com/2011/11/10/des-villes-francaises-en-net-declin-demographique-le-cas-de-communes-anciennement-industrielles/

 

http://didel-old.script.univ-paris-diderot.fr/claroline/backends/download.php?url=LzRfUG9wdWxhdGlvbi9MMUVVUl9kb3NzaWVyNF9zaHJpbmtpbmcucGRm&cidReset=true&cidReq=54GO1721

 

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