« No logo » 10 ans après

Dix ans après sa sortie, le livre référence de l’alter-mondialisation reste globalement d’actualité. Petit passage en revue des sujets qui sont toujours en une des journaux mais aussi de ceux qui n’ont jamais intéressé l’opinion publique. En tout cas pour l’instant…

  • Ce qui fait toujours débat

La mondialisation

Les délocalisations. Les délocalisations sont au coeur du livre de Naomi Klein.

La responsabilité sociale et environnementale des entreprises. Pour Naomi Klein, l’implantation multinationale et la puissance financière des grandes entreprises leur permet d’avoir autant, sinon plus de pouvoir que les gouvernements. Mais à la différence des gouvernements, elles n’ont de compte à rendre qu’à leurs actionnaires.

Les salaires des patrons. Naomi Klein ne consacre que quelques lignes à ce sujet dans le chapitre sur la montée des indépendants, pigistes et autres free lance. L’auteur ne se contente pas d’avancer que « le lien est plus ténu que jamais entre réussite économique et partage garanti » : elle pense que les deux sont devenus contradictoires. Et cette conviction s’appuie sur une observation : la relation de plus en plus étroite entre rémunérations des dirigeants, performances de l’action et nombre de licenciements soient étroitement liés.

Ce qui n’a jamais passionné l’opinion publique

La limitation de la concurrence et du choix. « Zéro choix » est le titre d’un des chapitres du livre. Mais ni ce risque, ni la menace que ferait peser la concentration de la distribution sur la liberté d’expression, n’ont jamais vraiment constitué des sujets porteurs. Microsoft, Google, Facebook, pour ne parler que de ces entreprises, ont succédé aux multinationales industrielles sans que l’opinion s’en émeuve particulièrement. Les objectifs de Google sur le marché du livre numérique, via son lecteur Kindle, sont-ils de nature à changer la donne et provoquer un revirement de l’opinion publique ? C’est peu probable.

La présence des marques dans les écoles et les universités. Selon la journaliste canadienne, c’est l’informatique et plus largement les nouvelles technologies qui ont conduit les établissements à accepter puis rechercher le principe d’un financement privé pour ce type de programmes puis, rapidement, pour l’ensemble des programmes éducatifs et sportifs. N. Klein juge que cette « mercantilisation de l’éducation » a deux types de conséquences. La première est de transformer les étudiants en consommateurs, persuadés que la fonction des professeurs est « surtout de divertir et d’intéresser ». La seconde, de mettre les centres de recherche universitaires à la disposition des entreprises alors que les objectifs poursuivis par les uns et par les autres sont souvent en contradiction flagrante. En dépit de l’opposition d’associations de parents et d’étudiants, N. Klein note  Mais là encore – et à l’exception notable des distributeurs automatiques de boisson et de – ce combat contre les partenariats publics/privés n’a jamais pris l’ampleur d’un débat de société. A une exception notable, néanmoins : la présence de distributeurs automatiques dans les écoles.

La multiplication des petits boulots (et des stages) et l’explosion de l’interim. Ces sujets correspondent évidemment à des préoccupations mais ils restent

L’omniprésence de la publicité. Même si elle fait ponctuellement l’actualité, la contestation du discours et de la pollution publicitaires n’a jamais vraiment convaincu l’opinion publique. Le brouillage de la frontière entre la communication et l’information, ce sujet reste confiné à quelques cercles restreints d’intellectuels et de militants. Se voulant réaliste, Naomi Klein note déjà en 2000 qu’il « est devenu incroyablement anachronique de se demander qui s’est vendu et qui a acheté ».

  • Ce qui a été sous-estimé par Naomi Klein : le combat identitaire

Selon Naomi Klein, le « politiquement correct » a fini par occulter la lutte contre les inégalités. Mais elle veut croire que cette lutte est de retour, notamment chez les jeunes. En fait, elle ne mesure ni la dimension affective, ni l’importance politique du « politiquement corrrect » chez les minorités.  Pour elle, « 

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