Arnault junior, Bolloré junior, Sarko junior et autres « fils de »

Parce que certains ‘fils de’ sont (carrément) plus énervants que d’autres…

A l’origine de ce billet d’humeur écrit en janvier 2009, un dossier de « Technikart » particulièrement complaisant vis-à-vis des fils. C’était avant la candidature de Jean Sarkozy à l’Epad…

La crise n’arrange rien. Mais il n’est pas sûr que le retour de la croissance y change grand chose : pour mettre toutes les chances de son côté, mieux vaut s’appuyer sur le réseau et les relations de papa plutôt que sur le mérite et l’égalité des chances. C’est l’envers de la démocratisation de l’éducation : de plus en plus de diplomés, de plus en plus de cv à traiter, de plus en plus de candidats à recevoir. Résultat : à diplôme équivalent et niveau d’expérience similaire, c’est la recommandation qui fait la différence. Depuis le premier stage jusqu’au premier contrat en passant par le premier emploi.

Ce qui est énervant ? L’injustice de la situation, bien sûr. Quoi que… Pour être franc, je n’aurais pas vu d’inconvénient à disposer d’un capital relationnel de départ. Et il n’y a pas si longtemps encore, j’ai pris ma nièce en stage et recommandé la fille d’une amie à mon ancienne agence. Autant dire que je suis mal placé pour donner des leçons. Certains milliardaires américains (Gates, Hilton, Buffet..) ont annoncé qu’ils céderaient leur fortune à des fondations plutôt qu’à leurs héritiers. Warren Buffet s’insurge contre ceux qui militent en faveur de la diminution (voire, de la suppression) des droits de succession. Pour lui, cela revient à vouloir « recruter les athlètes des JO de 2020 parmi les champions des JO de 2000 ». En admettant néanmoins que chacun conserve le droit de disposer d’une partie son argent par delà sa mort, y compris au profit de sa descendance, on peut observer que des « enfants de » préfèrent s’écarter d’un chemin qui semblait tout tracé. D’autres s’emploient à faire mieux que leurs parents en se forgeant un prénom. Et c’est tout à leur honneur.

Non, en réalité, ce qui est le plus agaçant, ce sont les « fils de » qui, n’ayant rien fait (ou pas grand chose), versent dans l’auto-satisfaction. Dernier exemple en date : le numéro de « Technikart » consacré aux « 100 qui ont fait l’année ». Le numéro 1 ? Thomas Langmann, fils du producteur Claude Berry, et lui-même producteur. A 36 ans, ce « fils de » a aligné 27 millions d’euros (sur un total de 41) pour financer ses deux « Mesrine ». Pas peu fier, Thomas nous explique « Si ça n’avait pas marché, je perdais tout : ma boîte, mes parts dans ‘Astérix’, tout! » C’est dire le mérite et le courage de ce jeune producteur… Mais ce n’est qu’un portrait complaisant parmi d’autres qui se voudraient légèrement plus acerbes (mais, atttention, légèrement seulement !). Numéro 4 : Antoine Arnault, 31 ans, dircom de LVMH et membre du conseil de surveillance des Echos qui sont, comme chacun sait, deux entreprises paternelles. Histoire de ne pas faire de jaloux, Yannick Bolloré est classé numéro 5 pour avoir, selon « Technikart », réussi à faire progresser la chaîne tv de son père de 70% (ce qui laisse songeur sur l’audience de départ). Vous pensez que tout cela fait beaucoup : détrompez-vous car le numéro 16 est… Jean Sarkozy (1). Son mérite ? S’être imposé comme un des plus jeunes conseillers généraux de France et avoir pris la tête de la section UMP de Neuilly (on se demande bien comment…). Ajoutez à la liste : Romain Gavras, réalisateur (comme son papa), les fils Karmitz qui prennent la relève chez Mk2, Thierry Costes codirigeant du groupe créé par son père ou encore Michael Goldman qui dirige avec un ami un label (évidemment) musical… et vous aurez une idée de la France qui compte. Celle des « fils de » qui marchent dans les pas de leur papa. Grâce à leur nom. Pardon, eux diraient, j’en suis sûr : malgré leur nom !

(1) Depuis l’écriture de ce billet, Jean Sarkozy a d’ailleurs reçu le diplome de « fils à papa », article du Parisien consultable Ici 

A lire

– les « fils de » politiques, un article de backchich info, consultable Ici

– « le triomphe des fils à papa », un article de Marianne, consultable Ici 

 

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