24 heures de la vie d’un consultant

Vite !

Dans les situations de surcharge, il faut aller vite. On paye un consultant non pas pour faire tourner une machine au quotidien (l’interne est là pour ça) mais pour apporter de l’oxygène dans les montées, les tentatives d’échappées, les crises…  Pour être à la hauteur de ces situations hors norme, tout consultant dispose d’un atout de taille : son avis est généralement plus écouté que celui de des collaborateurs. Enorme privilège dans un univers où la considération est parfois encore plus rare que la revalorisation salariale. Seul problème :  tout consultant doit pouvoir être consulté, sinon à tout moment, souvent et y compris dans le dernier tournant. Il lui faut donc apprécier en un coup d’oeil 1) l’urgence réelle de la demande 2) son importance stratégique 3) ses connexions avec d’autres dossiers ou d’autres enjeux 4) l’opportunité de rassurer, suggérer une amélioration à la marge ou donner un avis argumenté et, si tel est le cas, 5) le donner en temps et en heure en soignant la  forme. Car il y a les clients mais aussi les collaborateurs des clients. Autant certains ne se formalisent pas de voir un extérieur formuler un avis sur leur travail (avis qu’ils ne demandent pas toujours eux-mêmes), autant il vaut mieux faire attention aux susceptibilités. A vouloir aller trop vite, le ton peut sembler déplacé ou comminatoire. Mieux vaut donc réfléchir à deux fois avant de faire partir un mail ou un texto. Aller vite donc, mais pas trop quand même.

Le pire ? Cumuler une urgence avec un client et animer simultanément une réunion chez un autre client. Difficile mais pas impossible. Premier conseil au consultant débutant : donner votre portable à votre collaborateur pour confirmer à vos interlocuteurs que l’essentiel se joue ici et maintenant… et informer l’autre client que vous le rappellerez dans une heure (sachant que ce délai sera intenable). Deuxième étape : donner la parole aux participants, en profiter pour  jeter un coup d’oeil au document que vous n’avez pas encore pris le temps de consulter et au sujet duquel vous avez promis de rappeler dans une heure (« sans faute »). Troisième étape : s’isoler à la fin de la réunion pour passer ce (foutu) coup de fil sans être dérangé (ce qui n’est pas gagné) et constater que la ligne de votre corrrespondant est occupée. Quatrième étape : lui envoyer un mail indiquant que vous n’arrivez pas à le joindre (sans plus de précision) et lui proposer de le rappeler un peu plus tard dans la journée. Cinquième étape : commencer à réfléchir à la note que vous avez promis (pour la seconde fois) à un troisième client, non pas demain, mais pour aujourd’hui « dernier carat ». Sixième étape : garder son sang froid en ne perdant pas de vue que les urgences sont parfois (souvent) exagérées.

La plasticité du cerveau est étonnante. Quand j’ai commencé ce métier, je n’aurais jamais imaginé pouvoir donner un avis sûr et étayé en un quart de seconde sur des sujets que, la plupart du temps, je ne maîtrise que de très loin (ce qui dans le conseil est, je tiens à le préciser, à la fois la norme et la condition d’exercice de ce métier). Et bien c’est possible. C’est parce que nous mélangeons plusieurs types de jugement que nous hésitons. La recette ?  Se-gmen-ter.

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En cours de rédaction

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