Revues intellectuelles de gauche et d’extrême gauche : le Guide critique – Edition 2012

En cours de rédaction

Devenu l’organe de référence de la gauche de combat, Le Monde diplomatique n’en finit pas d’étonner. Alors que sa maison mère traverse de graves difficultés, ce journal fondé par Hubert Beuve-Méry, affiche une bonne santé financière grâce à ses 200 000 lecteurs. Un reccord pour un journal dont les sujets et l’approche ne sont pas franchement grand public. A l’échelle du paysage des revues de gauche ce succès doit être néanmoins relativisé. Même si elles bénéficient d’un bon écho dans la presse, les revues Vacarme et Lignes peinent a conquérir de nouveaux lecteurs depuis leur creation en 1997. De son coté, Carre rouge ne semble pas programmé pour être autre chose qu’une revue confidentielle. Quant a la Revue des livres, son lancement fait suite a l’échec d’une premier version très (trop?) ambitieuse, la Revue Internationale des Livres et des Idées.

Le Monde diplomatique  Editeur : Le Monde – Création : mai 1954 – Périodicité : mensuelle – Prix : 4,90 euros – Diffusion : 170 000 ex (chiffre 2008 – source : wikipedia) – Article : wikipedia  – Sitemonde-diplomatique.fr

Repère :  Filiale rédactionnellement indépendante du groupe La Vie-Le Monde, Le Monde diplomatique a pris une orientation altermondialiste depuis 1973.

Ambition : être « un journal de référence pour tous ceux qui veulent comprendre, mais aussi changer, le monde actuel » et assurer « une large ouverture sur les questions internationales avec une vision critique de ce qui reste le plus souvent dans l’« angle mort » de la presse : ravages du dogme libéral, dangers du prétendu « choc des civilisations », chances et enjeux des nouvelles technologies de la communication… »

Objectif atteint ?

Pour résumer :

Note :

La Revue des LivresEditeur : BV2N Revue et Livres – Création : 2011 – Périodicité : bimestrielle – Prix : 6,50 euros – Diffusion :  NC – Article : wikipedia – Site : revuedeslivres.fr

Distribution : en kiosque.

Qui rédige les articles : un « collectif éditorial » composé d’une vingtaine de membres, en majorité de chercheurs en sciences sociales.

De quoi ça parle ? des publications récentes sur la ville, l’environnement, les mouvements de contestation, l’économie de marché et l’économie du développement, le postcolonialisme, les minorités…

Repère : La revue est dirigée par Jérôme Vidal dont la maison d’édition, Amsterdam, a fait connaître les oeuvres du philosophe et psyhanalyste slovène Slavoj Zizek et de la féministe américaine Judith Butler.

Ambition : « discuter et diffuser les nouvelles pensées critiques et les recherches les plus innovantes – en rupture avec le prêt-à-penser des imaginaires sociaux et politiques établis –, notamment en philosophie, sciences sociales et histoire. »

Objectif atteint ? Oui. On peut ne pas partager les opinions politiques de la revue ou son interêt pour les gender studies, il n’en demeure pas moins que la RdL privilégie une analyse rigoureuse des avancées théoriques et conceptuelles de la recherche en sciences sociales. 

Ce qui est décevant : quand les articles ou les interviews dénoncent la « faillite du système » et les « tenants du néo-libéralisme ». Un ton plus caractéristique du journal d’opinon que de la revue scientifique.

Ce qui est intéressant:  la majorité des articles sont très stimulants intellectuellement. En quoi le néo-libéralisme est-il plus qu’un ultra-libéralisme ? Quelles seraient les marges de manoeuvre des Etats européens en cas de nouveau krach bancaire ? Comment gérer efficacement les ressources et les productions d’intérêt général (les « communs ») ? Quelles solutions s’offres aux peuples anciennement colonisés pour renouer avec une autre langue que celle de l’ancien colonisateur ? Comment la naissance d’un modèle « pair à pair » de production du savoir bouleverse-t-il le modèle traditionnel de l’expertise ? Telles sont, par exemple, quelques-unes des questions auxquelles se proposait de répondre le n°3 de la RdL.

En résumé : une revue intellectuellement exigente. La meilleure du moment.

Note : 4,5/5

Vacarme Editeur : Association Vacarme – Création : 1997 – Périodicité : trimestrielle – Prix : 12 euros – Diffusion :  NC – Articlewikipedia – Site : vacarme.org

Distribution : librairies.

Qui rédige ? Un comité de rédaction composé d’une vingtaine de membres, en majorité des chercheurs en sciences sociales. Pas de rédacteur en chef, mais une rédaction en chef tournante.

De quoi ça parle ? La revue aborde des thèmes « volontairement éclectiques », qu’il s’agisse « d’études de sciences sociales, de textes théoriques ou philosophiques, d’enquêtes sur le terrain, de créations littéraires et poétiques, de prises de positions politiques ».

Repère: Le responsable de la publication, Vincent Casanova, est à l’image de Vacarme : très touche à tout. Agrégé d’histoire, enseignant et chercheur, il est aussi violoncelliste et journaliste (Chronic’art, Le Monde de la Musique, Radio Classique, notamment).

Ambition: mener « une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique. C’est au nom de cette ambition que Vacarme « refuse de choisir entre les articles d’opinion et les textes théoriques, la philosophie et les sciences sociales, la création littéraire et les enquêtes de terrain, l’économie et la poésie, l’image et le texte ». A cette volonté de décloisonner les genres, la revue entend ajouter celle de surmonter la différence entre revue et journal, en « conciliant la rigueur de pensée et d’écriture propre aux revues, et la variété des formats — textes, entretiens, enquêtes, images — qui fait la vivacité des journaux. »

Objectif atteint ? Un pari risqué, c’est sûr. A force de courir tous les lièvres à la fois, la revue peut s’apparenter par moments à un espace conçu par des « potes » et pour des « potes », où chaque camarade laisse libre cours à ses mouvements d’humeur et ses coups de coeur. Cela n’est évidemment pas condamnable mais cela n’a jamais fait une revue, et encore moins un journal.

LignesEditeur : Association Vacarme – Création : 1997 – Périodicité : trimestrielle – Prix : 12 euros – Diffusion :  NC – Article : wikipedia Site : le site de l’éditeur

Repère: Editeur et directeur de la revue, Michel Surya est philosophe, spécialiste de Georges Bataille.

Ambition

Objectif atteint ?

> Voir notre critique du numéro consacré au vote : Non pas : voter pour qui. Mais : pourquoi voter ?

Carré rouge Editeur : Collectif Carré rouge – Création : décembre 2004 – Périodicité : trimestrielle – Prix : 5 euros – Article : wikipedia Site : carre-rouge.org

Repère: Carré rouge est éditée par un Collectif homonyme et trotskyste. L’économiste et membre du conseil scientifique d’Attac, François Chesnais, fait partie des rédacteurs réguliers.

Ambition: « apporter une contribution, si modeste soit-elle, à l’armement politique des résistances qui mûrissent sous les eaux dormantes ».

Objectif atteint ? Oui mais l’ambition est, de l’aveu même de la revue, relativement « modeste ».

Note : 3/5 

A lire aussi

Les Temps nouveaux – Editeur : Le bord de l’eau – Création : – Périodicité : trimestrielle – Prix : 14 euros – Diffusion :  NC – Article : wikipedia – Site : lestempsnouveaux.net

Distribution 

Qui rédige ?

De quoi ça parle ?

Repère :

Ambition:

Objectif atteint ? 

Contretemps – Editeur : Sylepsedt – Création : – Périodicité : trimestrielle – Prix : 14 euros – Diffusion :  NC – Article : wikipedia – Site :

Distribution 

Qui rédige ?

De quoi ça parle ?

Repère :

Ambition:

Objectif atteint ? 

Mouvements Editeur : Éditions La Découverte – Création : 1988 – Périodicité : bimestrielle – Prix : euros – Article : – Site : mouvements.info

Repère :

Ambition : « social et contribuer au débat d’idées ? C’est le pari lancé par la revue ».

Objectif atteint ?

Note :

A lire aussi présentation de la revue par le site des éditions de la Découverte

> Le guide critique des revues francaises. Edition 2012

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