Revues de prospective : le Guide critique – Edition 2012

Deux belles revues

Sur le sujet complexe – et oh combien aléatoire – de la prospective, deux revues ont vraiment trouvé leur place et leur public. La première, universitaire, Futuribles, cultive sa crédibilité sur un registre très proche des grandes revues intellectuelles et sur un mode qui n’est pas sans rappeler celui d’un think tank. La seconde, grand public, Usbek & Rica, mêle au contraire science fiction et sciences humaines, premier et second degré, experts et non experts. L’une et l’autre avec un indéniable talent.

WE demain – Editeur : – Création :  – Périodicité : – Prix (début 2012) : 12 uros – Site : wedemain.fr

Repère :

De quoi ça parle ?

Ambition

Objectif atteint ?

Usbek & RicaEditeur : – Création :  – Périodicité : trimestriel – Prix (début 2012) : 5 uros – Site : usbek-et-rica.fr

Repère : Passé par l’EHESS, Jérôme Ruskin a trouvé cet endroit « super », mais a regretté une chose : « Que presque personne n’ait accès à tout ce que ces profs produisent. »

De quoi ça parle ? de science, d’environnement, de faits de société.

Ambition : “voir le monde d’un œil neuf – faussement naïf” comme celui des personnages des Lettres persannes qui donnent leur nom à la revue – pour proposer “des idées neuves et construire un avenir respecteux de l’homme”.

Objectif atteint ? En très grande partie, oui.

Ce qui est intéressant : Usbek & Rica ne paraîtra qu’en douze numéros. Sur trois ans, donc.

Ce qui est décevant : rien ne donne le sentiment que cette durée de vie limitée soit l’occasion de construire une histoire, une collection ou un discours cohérent. Dommage. Vraiment.

Pour résumer : un pari d’autant plus réussi qu’il n’avait rien d’évident.

Note : 4/5

FuturiblesEditeur : Futuribles – Création : 1974 – Périodicité : mensuelle (11 numéros par an) – Prix (début 2012) : 14 euros – Page : wikipedia Site : futuribles-revue.com

Repère : Futuribles est également le nom d’une association internationale (loi 1901) créée en 1967, aujourd’hui présidée par Jacques Lesourne, titulaire de la chaire d’Économie et Statistique industrielles au Conservatoire national des arts et métiers.

De quoi ça parle : de l’actualité politique et internationale, de démographie, d’économie et de développement durable.

Ambition : identifier et décrypter les “futurs possibles (futur-ibles)” : “où sont les incertitudes ? Les tendances lourdes ? Les faits porteurs d’avenir ? Les marges de manœuvre ?” 

Objectif atteint ? Risques naturels, tensions politiques, économies en surchauffe ou en crise… Sur tous ces sujets, Futuribles questionne l’avenir, y compris en regardant le passé. Mais à force de privilégier les sujets lourdement médiatisés, la revue donne parfois le sentiment de néliger les signaux faibles et de peiner à identifier les faits porteurs d’avenir. Les “futurs possibles” ? Futuribles les décrypte incontestablement mais les identifie-t-il vraiment ?

Ce qui est intéressant : les articles basés sur des scénarios, ce qui devrait être plus souvent le cas. A titre d’exemple :Les catastrophes, une opportunité ? Du bon usage des catastrophes urbaines, Futuribles février 2012.

Ce qui est décevant : l’éditorial sans rapport avec les articles choisis. L’absence de dossier, également. La cohérence de chaque numéro y perd beaucoup.

Pour résumer : une excellente revue d’analyse mais moins axée sur la prospective qu’elle ne le voudrait. Un regret aussi : le prix très elevé.

Note : 4/5

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