L’intelligence, le problème et sa solution (en cours de rédaction)

Vaste sujet…

Rarement notion aussi centrale aura été aussi peu étudiée. A l’exception de quelques classiques, peu de livres. Un article wikipedia, qui n’est guère satisfaisant (lire Ici). Et beaucoup d’études sur la mesure de l’intelligence qui, étonnamment, font l’économie d’une définition préalable. Or l’intelligence n’est pas seulement une question théorique, un objet d’interrogation pour elle-même. A travers le problème des inégalités individuelles, la définition de l’intelligence constitue aussi un enjeu déterminant pour améliorer l’efficacité de nos systèmes éducatifs et nos performances individuelles. Il était donc temps de faire le point.

Distincte du réflexe qui opère sans réflexion, l’intelligence est un acte de compréhension et, le cas échéant, de solutionnement consistant à identifier, distinguer (analyser) et rapprocher (synthétiser) des informations. L’opération de rapprochement restitue ou établit des liens logiques entre les informations en fonction d’une demande ou d’un problème donné et selon une certaine logique. Mais l’ordre n’est pas seulement une finalité de l’intelligence. C’est aussi une condition de son exercice. Pour se déployer, l’intelligence a besoin de définitions stables, logiquement plus faciles à poser dans un cadre théorique que dans un cadre empirique. Si l’intelligence « conceptuelle » est privilégiée par rapport à l’intelligence pratique c’est aussi que la première est indissociable d’un exercice de la pensée quand la seconde est nécessairement liée à l’expérience et à l’instinct. 

L’intelligence associe fréquemment deux idées : la compréhension et la résolution. On peut comprendre un problème sans le résoudre. Mais l’inverse est (a priori) impossible.  Dans un cas, l’intelligence s’exerce à solutionner un problème déjà posé. Dans l’autre, elle consiste à identifier et formuler un problème.  La nuance est déterminante. La mesure de l’intelligence repose sur des problèmes clairement formulés et appelant des solutions univoques. En ce sens, l’esprit des tests est identique aux exercices de mathématique, y compris lorsqu’il s’agit de tests s’appliquant à la maîtrise de la langue ou la bonne perception de l’espace.  Rien d’étonnant à cela : tests et exercices relèvent de la même approche scolaire de l’intelligence, à savoir une logique d’apprentissage et de manipulation des connaissances. Toute la difficulté vient que la question de l’intelligence ne se résume à la résolution de problèmes théoriques. Si l’intelligence peut se mesurer, ou en tout cas s’appréhender autrement que de façon hors-sol, à travers des problèmes présentant des dégrés plus ou moins élevés de complexité, toute la question est de savoir comment.

Notre hypothèse est qu’il existe en fait deux façons d’exercer son intelligence. La première, de nature déductive, est de résoudre des problèmes formulés comme tels. La seconde est d’élaborer les problèmes eux-mêmes en recourant à l’induction. Dans ce cas, l’intelligence ne vise plus à résoudre mais à découvrir ou à inventer.

Le sens et la spécificité de l’intelligence résultent d’une confrontation avec plusieurs notions. D’abord l’intelligence s’oppose à la bêtise (Est bête celui qui ne comprend pas), la bêtise pouvant se comprendre comme une caractéristique de la conduite des bêtes par opposition à celle des hommes. L’intelligence est distincte de l’expérience, en ce que l’une peut pallier l’autre (et réciproquement). Elle ne se confond qu’en partie avec le bon sens (c’est à dire de l’observation de quelques règles élémentaires) mais comprend aussi, sinon surtout, une grande part de création. L’établissement de combinaisons inédites entre les idées est le propre de l’inventeur. Cette capacité explique que l’intelligence ne soit pas un process entièrement mécanique (et donc reproductible) et pourquoi l’intelligence humaine dépasse (jusqu’à présent) l’intelligence artificielle.

La définition de l’intelligence repose sur un process de compréhension et, donc, sur le traitement d’informations à caractère univoque.  La conception des tests d’intelligence exclut ainsi que la compréhension tourne à l’interprétation. C’est parce que les termes du problème sont sans ambiguïté qu’ils appellent une seule solution et que les réponses peuvent être comparées entre elles. Mais si ces conditions peuvent être réunies dans un test elles le sont rarement dans la réalité. C’est parce que la compréhension est réservée à des problèmes téhoriques ou techniques que l’intelligence doit être réservée à ces domaines ou que sa définition nécessite d’être repensée pour englober les cas où l’interprétation se substitue à la compréhension. 

Quels sont les facteurs sociaux d’intelligence ? De l’avis général, l’intelligence est pour partie innée, pour partie acquise, sachant que le problème est de savoir exactement dans quelles proportions. Côté acquis. L’apprentissage. Pour comprendre il faut savoir et donc apprendre. C’est pourquoi la question de l’intelligence est associée fréquemment à celle de l’apprentissage. Mais quels sont exactement les rapports entre l’intelligence et la faculté d’apprendre ? Si l’intelligence se traduit par la faculté d’apprendre plus vite, un apprentissage régulier est-il en mesure de rendre plus intelligent ? Et en quoi l’intelligence est-elle distincte de l’apprentissage, c’est-dà-dire de l’expérience ?

En cours de rédaction

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A noter : comme d’autres sujets traités dans ce blog, cet article est en construction depuis sa première publication.

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