Bande dessinée autobiographique : un genre mortel – En cours de rédaction

En cours de rédaction

Traduits en une vingtaine de langues et distingués par de grands prix internationaux, Maus et Persepolis ont séduit le public au-delà des amateurs de bande dessinée : une littérature beaucoup moins rocambolesque que Tintin et certainement moins légère qu’Asterix, à la fois contemporaine dans le choix de ses sujets et créative dans le style.

Cette bande dessinée alternative – que les libraires désignent d’un nom nouveau, « le roman graphique » – se caractérise par la volonté de passer de l’industrie du diverstissement à un art à part entière, à la fois créatif et exigeant. En privilégiant l’histoire unique sur la série, elle entend en finir avec la série et le héros pour faire de l’auteur et de la qualité du récit les principaux critères de choix des lecteurs.

Mais contrairement à ce que laisse entendre la notion de « roman graphique », ce nouveau genre de BD n’est pas un art littéraire sous forme dessinée. Contrainte de dire l’essentiel en peu de mots, la bande dessinée est par essence moins bavarde que le roman. Une contrainte mais aussi une force.  Teintée d’humour, l’apparente simplicité des dialogues permet d’introduire une plus grande distance par rapport à son objet en évitant une dramatisation et une intellectualisation excessives.

La BD autobiographique ne résume pas à elle seule la nouvelle bande dessinée mais elle en constitue le volet le plus important et le plus singulier. Maus et Persepolis ne font pas que raconter une histoire. Ces bandes dessinées autobiographiqes parlent d’une quête identitaire, en l’occurence celle de la judéité et de la filiation pour Spiegelman, de la liberté pour Marjane Satrapi. Une quête inquiète, difficile et douloureuse où la bande dessinée en tant que vocation et mode d’expression joue toujours un rôle plus ou moins central.

Dessiner sa vie serait-il dangereux ? La plupart des auteurs de bande dessinée autobiographique sont les hommes d’un seul succès, sinon d’une seule oeuvre.  DansRomans biographiques, Joseph Ghosn note que Livret de famille de Jean-Christophe Menu a été suivi par un arrêt du dessin et de l’écriture pendant plusieurs années tandis que Journal donne le sentiment d’avoir abouti à un très long silence  puis à un retour sans conviction et sans enthousiasme de son auteur, Fabrice Neaud. Ces exemples sont loins d’être isolés : David Heatley n’a rien publié depuis Un cerveau sans dessus dessous, Marjane Satrapi a officiellement annoncé qu’elle s’arrêtait, Spiegelman n’a pas eu d’autre succès à son actif que Maus. Quant à Yoshiharu Tsuge il reste définitivement, pour le meilleur comme pour le pire, l’incarnation de L’homme sans qualité.

Un cerveau sens dessus dessous 

David Heatley

Nationalité de l’auteur : Américain – Année de publication : 2009 –Plus d’information sur l’artiste : wikipedia – Site de l’artiste :davidheatley.com

En bref: la jeunesse d’un américain moyen, des turpitudes de l’adolescence jusqu’aux joies de la paternité

L’auteur: quasi inconnu avant la sortie de cet album, David Heatley n’a rien publié depuis.

L’histoire : dans ce récit auotbiographique, D. Heatley raconte son rapport au « Sexe », à la « Race », à « Maman », « Papa », et à la « Famille », chaque thème étant décortiqué avec une franchise… peu commune.

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique : alliant un dessin enfantin à des dialogues primaires, l’auteur laisse libre court à ses émotions et ses fanstasmes, y compris la fascination mêlée de répulsion qu’éprouvent les petits blancs vis-à-vis des noirs aux Etats-Unis. Ce travail, inspiré avec succès par la psychanalyse, est une plongée dans l’inconscient de l’Américain moyen.

Une réserve ? Pas d’histoire mais une succession d’anecdotes sans relief particulier peuvent décourager le lecteur en quête de rebondissements romanesques. Cette BD suppose au préalable une certaine familiarité avec le genre.

En savoir plus : la critique de bdgest.com par D. Lemétayer

Extrait de l’album ici

L’ascension du Haut mal 

David B.

Nationalité de l’auteur : Français – Editeur : L’Association – Année de publication : de 1997 à 2003 – Plus d’information sur l’artiste :wikipedia – Site de l’artiste :

En bref : l’enfance façonnée par la maladie d’un frère.

L’auteur: co-fondateur de l’Association, David B. a publié en 2011 le premier volume des Meilleurs ennemis – Une histoire des relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient avec Jean-Pierre Filiu.

Distinctions : le tome 4 a reçu l’Alph’art du meilleur scénario en 1998; en 2004, les tomes 2 et 6 furent nommés pour le Prix du meilleur album du Festival d’Angoulème. Le 6e volume a remporté le Prix International de la Ville de Genève en 2003.

L’histoire : L’épilepsie (appelée le Haut Mal au Moyen Age) du frère de David B. bouleverse la vie de l’auteur et de ses parents.

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique : Le dessin de David B. va au-delà du vécu et décrit l’imaginaire dans lesquels l’auteur trouve refuge.

Une réserve ? Un regret, plutôt : le livre ne traite pas assez du pouvoir d’exorcisation du dessin.

Le regard de la critique Guide Fnac de la bande dessinée : – Les Inrocks : « Une oeuvre douloureuse mais purgative, dont l’intimité parfois dérangeante touche régulièrement, logiquement, à l’universalité (…) Il y a le Haut Mal, mais aussi les racines du mal. Des menaces sourdes, ancrées à l’ADN, qui prennent les traits oniriques mais angoissants de monstres (…) Ce sont ces allers-retours entre la réalité abrupte et ces échappatoires fanstasmagoriques, parallèles aux allers-retours du frère entre le quotidien et les crises, qui font la force de ce récit ». – Joseph Gosh : « Des pages symbolistes merveilleuses. Un livre empli d’une mélancolie sombre, d’un sentiment de détresse et d’incompréhension face à la condition humaine, à la condition de son frère. » – Romans graphiques

En savoir plus : une interview de l’auteur

Extraits de l’album ici et ici

Maus 

Art Spiegelman

Nationalité de l’auteur : Américain – Editeur : Flammarion – Année de publication : 1986 (EU) et 1991 (EU) – Pus d’information sur l’artiste :wikipedia – Site de l’artiste :

En bref : la shoah et la survie en héritage.

L’auteur : bien qu’illustrateur talentueux, l’auteur est surtout connu pour sa bande dessinée Maus qui fait l’objet d’une grande exposition au centre Georges Pompidou en 2012.

Distinctions : Prix Pulitzer et le Grand Prix de la Ville d’Angoulême en 2011.

L’histoire : Maus raconte la déportation et la survie des parents de l’auteur dans les camps de la mort, ce que le père en a retenu et accepte d’en dire, la façon dont son fils parvient à s’approprier des souvenirs qui ne sont pas les siens en leur donnant forme. Dès les premières pages, Spiegelman aborde la déshumanisation engendrée par la Shoah, y compris entre les déportés. Quand Art pleure parce que ses amis sont partis sans lui, son père s’emporte : « Des amis ? Tes amis ? Enfermez-vous tous une semaine dans une seule pièce sans rien manger… Alors tu verras ce que c’est, les amis… »

Une réserve ? Maus est un chef d’oeuvre mais ce cas isolé ne suffit pas à faire de Spiegelman un grand auteur.

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Le regard de la critique : – Les Inrocks : « Ce fut peut être la chance originelle de Spiegelman : s’exprimer par un medium qui rend possible un juste équilibre entre réalisme et stylisation, entre proximité et distanciation de l’événement (…) une nécessaire mise à distance, une bienvenue médiation esthétique (…) L’autre coup de génie de Spiegelman c’est bien sûr d’avoir raconté le récit de la Shoah depuis son point de vue de fils de déporté, qui hérite d’une histoire sans l’avoir vécue (…) et d’avoir mélangé l’histoire de son père et des juifs d’Europe avec les violents conflits père-fils de sa propre histoire (…) Comment la génération d’après porte-t-elle sa culpabilité d’avoir échappé à l’nfer traversé par ses parents ? Comment un fils peut-il « tuer » le père survivant d’un tel massacre ? » – Serge Kaganski – Beaux Arts : « l’oeuvre qui fit sortir la BD du ghetto de la sous-culture »

En savoir plus : article du Monde, de Sylvain Cypel : Art Spiegelman, l’enfance de l’art

 Extrait de l’album ici

Persepolis 

Marjane Satrapi

Nationalité de l’auteur : Française – Editeur : L’Association – Année de publication

En bref :  entre islam et modernité, l’apprentissage de la liberté.

L’auteur : née en 1969 dans une famille aristocratique de Téhéran, Marjane Satrapi fuit le régime islamique et continue son cursus scolaire au lycée français de Vienne, retourne en Iran avant de s’installer en France. Elle publie les quatre tomes de Persepolis entre 2000 et 2003, publie dans la foulée Broderies puis l’année suivante Poulet aux prunes.

Distinctions : l’adaptation cinématographique a obtenu le prix du jury du Festival de Cannes 2007 et les Césars 2008 du meilleur premier film et de la meilleure adaptation.

L’histoire :

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Récompenses :  Prix du Jury du Festival de Cannes, Cesars du meilleur premier film et de la meilleure adaptation, Prix International Gat Perich pour le film Persepolis, Prix du meilleur album pour Poulet aux prunes. Prix du meilleur Long métrage au festival international de film d’Abu Dhabi ainsi que le prix du public à Saõ Paulo pour l’adaptation de Poulet aux prunes.

Le regard de la critique : – Les Inrocks : « Une écriture profondément maîtrisée où se mêlent légèreté et profondeur, autofiction et roman familial, récit des origines et chronique désenchantée de l’Iran des vingt dernières années. » – Joseph Ghosn : « Avant Persepolis, il y avait notamment eu les livres de Jean-Christophe Menu – Livret de famille – et le début de la publication des six volumes de l’histoire intime de DAvid B. (L’ascension du Haut Mal). C’est d’ailleurs avec ce dernier que l’on a pu comparer l’art de Marjane Satrapi : même sens du récit mené en noir et blanc, même goût pour les volutes graphiques et les passages oniriques ».

En savoir plus :

Extrait de l’album

Ma vie mal dessinée 

Gipi

Nationalité de l’auteur : Italien – Editeur : – Année de publication

En bref :

L’auteur :

L’histoire :

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Le regard de la critique

Témoignage de l’auteur : « Quand je me suis mis à MVMD, j’ai écrit et dessiné sans avoir la moindre idée du déroulement de l’histoire (…) Le point de départ du livre, c’est la faiblesse, la plus belle découverte de ma vie. Avant, j’étais vraiment quelqu’un d’affreux. Peu à peu, j’ai grandi et j’ai perdu ce sentiment d’invicibilité qu’on ressent quand on est jeune, cette sensation de puissance, à la fois agréable et terifiante (…) Ma vision du monde  a changé le jour où une maladie, qui m’empêchait de faire l’amour avec ma fiancée, m’a expédié droit en enfer. Cet état de faiblesse m’a servi de moteur, d’observation pour regarder autour de moi, créant un effet de distanciation… » – Books hors série n°2

En savoir plus :

Extrait de l’album

A lire du même auteur : S., une biographie du père de Gipi

Essex county 

Jeff Lemire

Nationalité de l’auteur : Américain – Editeur : – Année de publication

En bref :

L’auteur :

L’histoire :

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Le regard de la critique

** The Oregonian : « Un chef d’oeuvre tranquille et sombre » – Steve Duin

*** Books – « Jeff Lemire en dit beaucoup avec peu : quelques lignes de dialogue, un noir et des blancs des plus sobres, un trait minimaliste mais expressif »

En savoir plus :

Extrait de l’album sur bdgest.com et ici en anglais

Désoeuvré

Lewis Trondheim

Nationalité de l’auteur : Français – Editeur : L’Association – Année de publication

En bref : la crise de la quarantaine d’un créatif confronté au doute

L’auteur :

L’histoire :

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

En savoir plus :

Extrait de l’album

Epuisé 

Joe Matt

Nationalité de l’auteur : Américain – Editeur : – Année de publication

En bref : la crise de la trentaine.

L’auteur : Né en 1963, Joe Matt connait des débuts difficiles qu’il met à profit pour débuter un journal intime dessiné, dans lequel il dévoile au lecteur toute la médiocrité de sa vie. Son dernier ouvrage, Le pauvre type, est paru en 2008.

L’histoire :  Sa petite amie ami l’ayant quitté, Joe loue des cassettes pornos dont il monte les meilleures scènes. Entre deux films, il va boire un verre en compagnie de ses amis et philosophe sur l‘état du monde actuel.

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Récompenses : nommé ‘Hot cartoonist‘ de l’année 1994 par Rolling Stone Magazine.

En savoir plus avec la critique de sfl-leblog.com

Extrait de l’album sur bdgest.com et sur cahierdunbavarddoeuvres

Du même auteur : Strip-Tease, le premier volet.

playboyLe playboy 

Chester Brown

Nationalité de l’auteur : Canadien – Editeur : Cornélius – Année de publication : en France 2001 – Au Canada : 1992

En bref : la découverte de la sexualité et du plaisir solitaire, de la honte et de la culpabilité.

L’auteur : Né à Montréal, ami de Joe Matt, ses livres autobiographiques explorent « la culpabilité et le refus de l’autorité ».

L’histoire :  Le jeune Chester est obsédé par le numéro de Playboy qu’il a entraperçu la veille au drugstore. Surmontant la peur et la honte, il finit par acheter la revue. A compter de ce jour-là, sa vie bascule. Un rituel s’installe rapidement autour de la parution du magazine : les risques liés à son achat, le plaisir fugace qu’il procure, la recherche d’une cachette pour s’en défaire…

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique : Le Playboy évoque le tabou de la masturbation depuis l’adolescence jusqu’à l’âge adulte. L’auteur développe un récit à trois niveaux : l’histoire du héros, le commentaire de son démon intérieur et l’analyse rétrospective de l’auteur sur ses relations tourmentées avec Playboy puis le cinéma x. Les mille et une façons dont le héros cherche à dissimuler mais surtout à se débarrasser de ses revues témoigne d’une honte qui paraît bien dépassée à l’ère du sexe sur internet. Une bande dessinée à rapprocher de « Un cerveau sans dessus sans dessous » de Heatley avec cette même fascination mêlée de répulsion du petits blanc vis-à-vis des noires… 

Une réserve : l’auteur passe à côté de la comparaison entre la collectionnite de l’amateur de BD et de revues porno. Dommage.

Récompenses : –

En savoir plus avec 

Extrait de l’album sur le site de l’éditeur 

Le regard de la critique : Bodoï : « L’ouvrage peine à captiver, mais revêt une réelle valeur documentaire, permettant de mieux saisir ce qui agite l’artiste. »

23 prostitueesLe playboy 

Chester Brown

Nationalité de l’auteur : Canadien – Editeur : Cornélius – Année de publication : en France 2001 – Au Canada : 1992

En bref : le sexe tarifé vu du point de vue d’un usager.

L’auteur : voir ci-dessus.

L’histoire : Après une rupture avec sa petite amie, avec laquelle il cohabite encore un long temps (alors qu’elle-même s’est remise en couple), il décide de ne plus s’encombrer de relations sentimentales, qu’il estime forcément insatisfaisantes. La solution pour ne pas étouffer sa libido ? S’adonner au sexe tarifé.

Journal 

Fabrice Neaud

Nationalité de l’auteur : Français – Editeur : – Année de publication

En bref : l’homosexualité comme identité subie puis assumée.

L’auteur : en janvier 2012, Fabrice Neaud a publié Guerre Urbaine, premier volume d’une nouvelle série, Nu Men. Il n’avait rien publié depuis la sortie du volume 4 de son Journal en 2002.

Distinctions : Prix Alph’Art « Coup de cœur » au Festival international de la bande dessinée d’Angoulême en 1997, Prix spécial du prix Georges en 2000 pour Journal (III), prix Petit Robert en 2002 pour l’ensemble de l’œuvre.

L’histoire :

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Une réserve ? Hyper égocentrique, par moment à la limite du larmoyant.

Le regard de la critique : – Joseph Ghosn : « Un des entreprises les plus ambitieuses et les plus déroutantes de la bande dessinée récente (…) Le livre n’oublie pas non plus qu’une vie n’est pas faite que de moments cruciaux, [l’auteur] dessine le reste, les moments de pensée amorphe, les instants du quotidien. [Journal] ne raconte pas tout. Mais c’est cela qui permet au livre de fonctionner au mieux : les interstices (…) donnent un sens à la lecture, un sens de recherche, d’invention, de construction active (…) – Les Inrocks : « Journal est un autoportrait opulent où Neaud use de toutes les techniques (du cinéma au manga, du verbe abondant au silence) (…) La folie démirugique est contrebalancée par le caractère de work in progress de l’oeuvre. »

En savoir plus :

Extrait de l’album iciici et ici

Livret de famille

Jean-Christophe Menu

Nationalité de l’auteur : Français – Editeur : L’Association – Année de publication

En bref : de la difficulté de concilier une vie de famille et une vie d’artiste

L’auteur : Co-fondateur de l’Association, Jean-Christophe Menu est à l’origine de la plupart des choix éditoriaux fondé sur l’adoption systématique du N&B et la diversification des formats, par opposition au fameux album de 48 pages cartonné en couleur.

L’histoire : Pour la seconde fois, J.-C. menu s’apprête à devenir père.

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Le regard de la critique

En savoir plus : interview de l’auteur sur l’oeil électrique et sa biographie sur wikipedia

Extrait de l’album ici

Papa 

Aude Picault

Nationalité de l’auteur : Français – Editeur : L’Association – Année de publication : 2006

En bref :

L’auteur :

L’histoire :

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique :

Le regard de la critique

*** Les Inrocks :

En savoir plus : interview de Aude Picault

Extrait de l’album ici

L’homme sans talent

Yoshiharu Tsuge

Nationalité de l’auteur : Japonais – Editeur : Ego comme X – Année de publication : publié au Japon entre 1985 et 1986 dans la revue Comic Baku et en France en 2004

En bref : le quotidien d’un magaka obligé de recourir à des petits boulots pour survivre

L’auteur : A ce jour, Yoshiharu Tsuge reste connu en France pour ce seul livre alors qu’il est l’auteur de plusieurs ouvrages à succès au Japon.

L’histoire : le personnage principal vit avec sa famille dans la misère. Sukezo vit de petits métiers : réparateur d’appareils photographiques, vendeur de pierres paysages et de fausses antiquités, gardien d’une passerelle à péage, oiseleur et ne trouve nulle part l’énergie de reprendre son ancien travail de mangaka qui lui valut, par le passé, un succès d’estime. Tensions familiales, problèmes d’argent, reproches… Loin de compenser les revenus et le train de vie passé, ses nouvelles activités lui font perdre peu à peu l’estime et le soutien de sa femme. Tenté par l’oisiveté, fasciné par les marginaux, poètes et mendiants, il imagine une autre vie, misérable mais débarrassée de toutes ses obligations, travail, famille, argent.

Pourquoi c’est une des meilleures bd autobiographique : L’homme sans talent est un homme mélancolique et nostalgique, sans révolte et sans désir qui aspire à se libèrer de la réalité en rejetant, consciemment ou non, le succès. En échouant, il aspire à fuir le monde, et le temps d’une lecture on le fuit avec lui.

Le regard de la critique : – dBD : « Une allégorie tendre sur une société en plein bouleversement, qui doit allier tradition zen et bouddhiste avec le bruit et la fureur du quotidien des grandes villes japonaises. » – BulleDair.com : « Ce livre est une lutte. Lutte de cette famille contre la misère, la déchéance. Lutte entre Sukezo et sa femme. Mais surtout, surtout, lutte entre les aspirations, le domaine du rêve, de l’imagination, de la liberté et la sordide réalité. Cela est d’autant plus apparent qu’à chaque fois que Sukezo rêvasse, son fils arrive et dit « Pôpa, ch’uis v’nu t’chercher« . Ca donne lieu à une scène particulièrement forte, chapitre 3. » – La suite de la critique ici

En savoir plus : entretien avec l’auteur sur ego-come-x.com

Extrait de l’album ici

A lire aussi : Hanté de Philippe Dupuy (conçus d’un seul trait, ce carnet relate les phobies de l’auteur); Sclérose en plaques de Mattt Konture (sur la maladie de l’auteur et son rapport à la douleur)

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