Politic fiction : les séries de Aaron Sorkin, David Simon, Farhad Safinia et David Fincher

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La politique serait-elle condamnée à être ennuyeuse ou irritante ? Au regard du nombre impressionnant de clichés colportés par le cinéma et par le manque d’imagination des scénaristes français, quatre séries américaines relèvent le niveau général. Ouf !

House of cards (2012)

David Fincher

Kevin-Spacey

L’apport de la série : le négatif de A la Maison blanche. Mc Beth à l’américaine. La série est d’ailleurs adaptée d’une série britannique des années 90 au titre éponyme (mais  toutes les bonnes séries ne sont-elles pas anglaises ?).

En quelques mots : Le chef de la majorité présidentielle au Congrès n’a qu’un rêve : devenir président.

Ce que ça raconte : La place de Secrétaire d’État lui était promise par le Président. Mais c’est à un autre que va le poste tant désiré. La vengeance de Frank Underwood, chez du groupe démocrate au Congrès, sera à la hauteur de l’humiliation.

Pourquoi c’est une bonne série : la série exclut le sentimentalisme et substitue le décryptage du couple à l’intrigue purement politicienne pour  dévoiler ressorts d’une ambition commune. Le sujet, survolé par Boss, méritait un traitement plus subtil. C’est le point fort incontestable de House of Cards.

Le politique : Un mégalomane avide de pouvoir. Un Whip, c’est à dire un « fouet ». « Un qui menace, un qui punit, un qui récompense. Un surtout qui se salit les mains, les pieds, tout ce qu’on peut salir. Un qui calcule. Un qui sait » (L’Express). Machiavélique et tordu, l’homme est évidemment prêt à tout pour parvenir à ses fins. Y compris tuer au sens propre du terme. « Parfois on se dit qu’Underwood pourrait obliger n’importe qui à faire n’importe quoi, à l’exception de sa femme. » (USA Today) C’est d’ailleurs la limite du personnage. « Le personnage de Frank Underwood est toujours plus intelligent que tout le monde, et même lorsqu’un grand patron proche du président semble lui tenir tête, il parvient sans trop de difficulté à s’en tirer à son avantage. » (senscritique.com) La figure du politique comme réminiscence du Mal absolu.

La femme du politique : ici un personnage central. Une femme qui voudrait exister par elle-même mais dont le destin est quoi qu’il advienne attaché à l’ascension de son mari. Pour le meilleur comme pour le pire. Car elle seule perçoit les faiblesses de son mari et s’inquiète de son devenir en cas d’échec. Décidément, pas facile de s’émanciper quand on est femme de politique. Mais que serait le politique sans la femme dans l’ombre ?

L’enfant du politique : le genre de chose qui demande trop de temps et d’attention.

Le conseiller : l’ame damnée, aussi mutique et dévoué que pouvait l’être Bernado pour Diego de la Vega. En évidement  plus antipathique et beaucoup plus noir.

Le communicant : pas la peine, le politique a bien compris que la politique et la communication ne sont souvent que les deux faces d’un même métier.

Le journaliste : en l’occurrence, la journaliste. Aussi ambitieuse que le Whip. Ca tombe bien. Leur relation sera fondée sur un échange de bons procédés : il sera sa source, elle sera son canal officieux de communication. Et ils coucheront ensemble. Sur le papier le deal est clair. Mais pas facile de faire vivre un partenariat où chacun pense d’abord à soi… 

Le jeune ambitieux : voir Le naïf 

L’homme de main : peu bavard et sans état d’âme.

Le naïf : Puisqu’il en faut toujours un, il sera ambitieux et alcoolique de surcroit. Comme ça, le Whip pourra le faire chanter quand il ne parviendra plus à le manipuler. Non mais !

Le président : un grand dadais fadasse, transparent et manipulable à souhait. Enfin, ça c’est ce que pense le héros. Jusqu’au jour où…

Récompenses :

Boss (2011-12)

Farhad Safinia

Kane talks with Stone & asks him to step out for a minute. Kane & company watch Ruiz on the news. Kane is fuming. Zajac tells Kane why he got into politics. Kane makes peace with Potawatomi Nation in front of press

En quelques mots :

Ce que ça raconte : atteint de dégénérescence mentale, le maire de Chicago choisit de cacher sa maladie pour conserver le pouvoir, coûte que coûte.

Pourquoi c’est une série moyenne : « Tout le monde est pourri (à l’exception d’une assistante noire, Mona Fredericks, et du journaliste Sam Miller). Personne à sauver. Suivre Boss dans son intégralité, c’est se heurter à la mesquinerie constante, l’amoralité la plus totale. Une vision nihiliste de la politique, du monde, de l’humain qui plonge dans une tristesse infinie. » – dailymars.net

Le politique : Le héros se bat avec la même détermination contre ses adversaires que contre la maladie. Le pouvoir ne tolère aucun signe de faiblesse. Seule, une autre maladie, la paranoïa, peut permettre de survivre.

La femme du politique : fille de l’ancien maire, elle attend de son mari un juste retour d’ascenseur pour exister par elle-même. Cela fait bien longtemps que le deal ne repose plus sur des sentiments. Si couple il y a, il n’est qu’une histoire d’apparences et de conventions.

L’enfant du politique : sacrifiée sur l’autel des ambitions et de l’égoïsme de ses parents, la fille est évidemment larguée, droguée et désespérément seule.

Le conseiller :

Le communiquant : une jolie attachée de presse aussi ambitieuse que son boss, ce qui suppose de viser un prochain boss, plus puissant, plus jeune ou les deux à la fois.

Le journaliste :

Récompenses : golden globes 2012 du meilleur acteur dans une série dramatique.

Borgen (2010-13)

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L’apport de la série : A la Maison Blanche à la sauce suédoise.

En quelques mots : pas facile d’être une femme, une épouse et une mère quand on est Premier ministre. 

Ce que ça raconte : Chef du Parti centriste, Birgitte Nyborg devient contre toute attente première ministre. Elle réalise peu à peu la difficulté de concilier vie personnelle et vie professionnelle, idéal et réal politique.

Pourquoi c’est une bonne série : dans la même veine que le Président d’A la Maison blanche, Borgen met en scène un personnage idéaliste de la politique. L’héroïne n’en sort pas forcément plus crédible que ses odieux contraires, Frank Underwood ou le boss de Chicago. Mais si les personnages de la série manquent globalement de complexité, les situations, elles, reflètent justement la cruauté et la violence de la scène politique.

Le politique : intègre mais combative. En tant que femme et leader d’une petite formation, elle doit faire face aux réticences des autres dirigeants politiques qui n’ont pas tous, c’est le moins qu’on puisse dire, ni les mêmes idéaux, ni la même éthique.

Récompenses : Borgen a notamment obtenu le Prix Italia 2010 pour la meilleure fiction dramatique et le prestigieux prix international au BAFTA Television Awards 2012.

The Wire (2002-2006)

 David SimonEd Burns

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Résumé : la police s’efforce de démanteler un réseau tentaculaire de trafic de drogue et du crime à Baltimore.

Récompenses :

A la Maison blanche (1999-2006)

Aaron Sorkin

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L’apport de la série : la série fondatrice.

Résumé : la vie quotidienne d’un Président démocrate des États-Unis et de son équipe de collaborateurs.

Le politique : intelligent, charismatique et très soucieux de représenter une certaine éthique de la démocratie occidentale.

L’équipe présidentielle : efficace, solidaire, et très idéaliste.

Récompenses :

 

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