Mais qu’est-ce qu’un mauvais film ? Les secrets du nanar enfin dévoilés

Quitte à passer un mauvais moment, autant savoir pourquoi.

Si personne n’est vraiment en mesure de dire ce qu’est bon film, il semble plus évident de cerner les caractéristiques d’un mauvais film. C’est en tout cas l’exercice auquel nous nous sommes livrés en compilant les critiques  les plus cruelles du magazine de cinéma Première. Au final, le jugement est sans appel : un mauvais film est mal écrit,  idiot ou convenu. Certains cumulent tous ces défauts. On ne parlera plus dans ce cas de mauvais film mais de « nanar ». 

Un mauvais film est mal écrit

Le scénario est « improbable » et l’intrigue « embrouillée ». Sur les raisons de ce type de ratage, l’absence de choix, d’un genre ou d’un point de vue, est déterminant. Ttel film ne relève ni du thriller psychologique, ni du conte social tandis que tel autre « hésite entre ce qui se passe dans la tête d’un cinglé et la différence vue du monde extérieur sans jamais choisir ». Inutile de vouloir se justifier : la prétention du propos au sujet d’un film confus passe très mal en général. Le film veut alors « faire passer son incohérence pour de l’expérimentation » tandis que ‘le réalisateur confond cinéma et narcissisme ». Côté technique, l’abus de flash back n’aide pas non plus.

Un mauvais film est idiot

Un film peut être idiot de différentes manières. Première possibilité : le film se veut drôle sans y arriver. Il se résume alors à une enfilade rapidement monotone de gags inégaux. Genre : vous pouvez toujours aller le voir si rien d’autre ne vous tente. Mais si le critique était très fatigué ou/et très énervé, la charge peut être beaucoup plus violente. On parlera par exemple de gags ricains qui tâchent gras sans que la formule soit nécessairement dissuasive. Autre posibilité : le film se veut dramatique mais il confine au « mauvais gag ». On parlera alors d’une « suite interminable de monologue »s à moins que le réalisateur n’ait tenté de masquer son incapacité à créer une quelconque tension dramatique en ménageant « régulièrement des occasions pour le réalisateur d’insérer quelques images complaisantes de femmes peu vêtues et maltraitées de diverses manières ».

Un mauvais film est convenu

Quand la banalité du propos s’ajoute à l’idiotie de l’histoire, la consternation atteint un niveau inéagalé. Tel scénario sera qualifié de linéaire. On regrettera qu’un film dramatique ait gommé toutes aspérités et toutes ambigüités pour donner naissance à une « pagnolade inoffensive », à la fois « sympathique » et « plate ». On dira d’un film d’aventure qu’il à la finesse d’un « parpaing », que son unique raison d’être est d’enchainer les scènes d’action. « Les conventions du propos sautent aux yeux ». Pire : le film se veut moralisateur. Car, la question est une pure figure de style, du genre « peut-on être politiquement correct et artistiquement pertinent ? »

En cours de rédaction

%d blogueurs aiment cette page :