L’intelligence émotionnelle existe-t-elle ? (en cours de rédaction)

En cours de rédaction

L’opposition classique, et bien française, entre la raison et la passion a vécu. Il semble acquis aujourd’hui que les émotions sont indispensables au bon fonctionnement de la pensée rationnelle. On parle ainsi d’intelligence relationnelle ou d’intelligence de la rue pour désigner une capacité d’adaptation aux aléas de la vie. Mais peut-on aller jusqu’à parler d’intelligence émotionnelle ?

Depuis longtemps, une idée largement répandue veut que les émotions perturbent à moins qu’elle ne rendent impossible une pensée construite. Autrement dit, on ne pourrait raisonner – et a fortiori raisonner correctement – qu’en faisant taire ses émotions. La première question est de savoir si une telle opération est réaliste, la seconde de s’interroger sur la portée systématique de l’idée. Le fait est que certaines émotions semblent moins compatibles avec une pensée rationnelle que d’autres. La peur ou la colère sont ainsi réputées neutraliser la pensée quand la joie, l’angoisse ou la tristesse se voient au contraire reconnaître des vertus positives sur l’activité cérébrale. Mais attention : rien ne dit non plus que ces associations, positives ou négatives, soient systématiques. C’est d’ailleurs parce que certains chercheurs, notamment en psychologie, sont même convaincus du contraire que la notion d’intelligence émotionnelle a pu voir le jour. Sensée qualifier notre rapport aux autres, cette forme d’intelligence deviendrait même plus important que le QI, en tout cas au sein des entreprises et pour exercer des fonctions d’encadrement.

L’intelligence émotionnelle s’évalue-t-elle ? Si la notion d’intelligence émotionnelle comporte le mérite de présupposer une  logique des sentiments, en lieu et place d’une opposition classique entre la pensée (forcément) rationnelle et l’irrationalité (supposée) des sentiments, la façon dont cette forme d’intelligence peut être appréciée pose plusieurs problèmes. Le premier et le plus fondamental d’entre-eux est celui de l’échelle. A l’inverse du QI dont l’objectivité repose sur le rapport à une moyenne, il ne peut exister pour les émotions de moyenne statistique. Loin de constituer une faiblesse, cette impossibilité résume en réalité parfaitement la spécificité de l’intelligence émotionnelle : à l’inverse de l’intelligence rationnelle, il n’existe aucune bêtise émotionnelle mais simplement des profils différents, plus ou moins adaptés à des situations données. Bien sûr, il y aura toujours des tests prétendant mesurer le potentiel émotionnel global mais de tels tests posent en réalité la question de la norme.

Dans la mesure ou le référentiel du QE ne peut pas être un comportement émotionnel moyen, sur quelle norme peut reposer une évaluation globale de l’intelligence émotionnelle ? Pour les psychologues, l’intelligence se « mesurerait » à la capacité d’un individu à contrôler et utiliser ses émotions y compris, sinon surtout, dans des situations conflictuelles et des périodes de stress. Dans « Cultiver l’intelligence relationnelle », Daniel Goleman défend cette idée en s’appuyant sur plusieurs exemples intéressants. Le premier se réfère à la seconde guerre d’Irak. Venant solliciter l’aide d’un chef religieux pour la distribution de secours aux populations locales, un groupe de soldats américains se trouve bientôt encerclé et menacée par des centaines de muslmans craignant de voir leur imam arrêté et leur mosquée détruite. Alors que la confrontation menace de dégénérer à tout moment, le chef du groupe de soldat donne l’ordre à ses soldats de mettre un genoux à terre et de sourire.

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