Columbo : le sadisme du lieutenant fait toujours recette

Des histoires longues, bavardes et sans grand suspens. Et pourtant, Columbo continue de faire de belles audiences. La recette ? Un policier en apparence ordinaire soumet un meurtrier arrogant au supplice de la question durant une heure et demie. Plaisir  sadique garanti.

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1972. Un an après les Etats-Unis, la France découvre, fascinée, un policier débonnaire et un poil débraillé menant l’enquête dans les quartiers chics de Los Angeles. Ici, comme de l’autre côté de l’Atlantique, le succès est immédiat. De 1972 à 1993, la série vaut à Peter Falk quatorze Golden Globes et Emmy Awards. Faye Dunoway, Martin Landau, Jamie Lee Curtis ou encore Martin Sheen donnent la réplique à Peter Falk. John Cassavetes ou Jonathan Demme tournent respectivement un épisode en 1972 et 1978. Steven Spielberg réalise même le feuilleton de 1968 à l’âge de 25 ans. 

En l’espace de quelques années, Peter Falk devient une des plus grandes star mondiales du petit écran. Les exigences de l’acteur, son désir de se consacrer au cinéma et l’augmentation exponentielle des coûts de production motivent l’arrêt de la série en 1978 malgré son énorme succès. Onze ans après son interruption, Columbo conserve une telle popularité que la décision de tourner de nouveaux épisodes en 1989 constitue un des événements de l’année. La nouvelle série dure jusqu’en 2003. Après une lente descente aux enfers occasionnée par la maladie d’Alzeihmer, Peter Falk décède en 2011. Au total, les 69 épisodes auraient été vus par deux milliards de spectateurs.

Depuis, les années ont passé mais le succès d’audience de la série ne se dément toujours pas. En 2004, TF1 n’hésite pas à la programmer pour contrer avec succès un des rouleau compresseur de l’audimat, « Ca se discute », le magasine de Jean-Luc Delarue. Grâce à Columbo, TV Breizh fait ses meilleurs scores chaque samedi soir tandis que TMC bat nettement sa principale concurrente C8 grâce à la diffusion d’un premier épisode. Mieux, le 1er février dernier, « Votez pour moi » place la chaîne en 4e position devant France 3, en 4e aussi sur les 25-49 ans (pda 4.4%) et les CSP+ (pda 5.4%). Le pilote « Rançon pour un mort », diffusé en dernière partie de soirée, va jusqu’à hisser la chaine en la 2e place, juste derrière TF1. Le moins que l’on puisse dire, c’est que 45 ans après sa première diffusion en France, la série vieillit plutôt bien.

Un incroyable succès planétaire

Et pourtant… On ne regarde et, a fortiori, on ne revoit pas un « Columbo » pour son suspens et le rythme haletant de l’histoire. Il n’y a dans cette série policière atypique ni fusillade, ni course poursuite, ni rebondissements spectaculaires mais, au contraire, des longueurs narratives, des dialogues parfois interminables et un dénouement souvent tiré par les cheveux. A la différence d’un polar classique, l’essentiel est connu d’avance du spectateur : les modalités du meurtre, l’identité du coupable, ses motivations, le peu d’importance qu’il témoignera à l’apparition de la police, la manière dont l’enquêteur mènera une guerre des nerfs et, bien entendu, et le fait que le coupable finira par être confondu. 

Alors comment expliquer le succès planétaire d’une série aussi peu conforme aux attentes a priori du grand public ? Columbo serait-il une mise en scène américaine implicite de la lutte des classes ? C’est la thèse défendue par Lilian Mathieu dans « Columbo : la lutte des classes ce soir à la télé« . Après tout, le principe de la série repose sur une confrontation entre un membre de l’élite et un policier issu de la classe moyenne. Voilà qui pourrait expliquer l’extraordinaire accueil dont la série a bénéficié en France mais qui n’éclaire pas vraiment son succès aux Etats-Unis. Du reste, Bernard Gensane a raison lorsqu’il rappelle que « Colombo est d’origine modeste comme la plupart des policiers – dans la fiction comme dans la réalité« . Dans Columbo, le riche est d’ailleurs moins riche qu’il y parait ou moins talentueux que sa réputation le laisserait supposer. A côté de ce « mauvais riche », qui tient avant tout de l’imposteur, chaque épisode met en scène une autre figure du riche, une image sympathique et droite, naïve ou décontenancée par les événements mais animée par un profond sentiment de justice.

Force est d’admettre que l’étonnant succès de la série vient d’ailleurs.  Le policier d’un genre nouveau, à la fois débraillé, sympathique et d’une conscience professionnelle à toute épreuve, y est pour beaucoup. Le talent des acteurs principaux, à commencer par celui de Peter Falk, également. Mais de l’avis général, c’est dans le principe de l’affrontement psychologique du lieutenant et du coupable, présent dès la pièce de théâtre dont s’inspire la série télévisée, que réside avant tout l’intérêt de Columbo. 

Le châtiment avant le jugement

D’un épisode à l’autre, c’est toujours la même histoire : un suspect est soumis par un policier à un feu nourri de questions auxquelles il ne peut se dérober sans donner le sentiment d’avouer. Ce jeu du chat et de la souris est d’autant plus pervers qu’il transforme insensiblement le prédateur en proie. Au début de l’enquête, la sagacité du lieutenant peut troubler le meurtrier, il est rare qu’elle l’inquiète vraiment. Tout au plus fait-il mine de s’agacer de questions qui, affirme-t-il, sont sans importance. C’est l’insistance de Columbo à vouloir le questionner en priorité, quitte à négliger d’autres pistes, qui va le convaincre : Columbo ne soupçonne en réalité que lui. Faute de preuves suffisantes, il va tout faire pour le piéger, le mettre face à ses incohérence, faire preuve de flatterie et de séduction, user du soupçon à peine voilé pour le mettre sous pression et le pousser à la faute.

Le policier relativise la portée de ses interrogations :  « Il y a un petit détail qui me chiffonne », fait mine de quitter ou de laisser partir son interlocuteur pour aussitôt revenir à la charge en lui posant une ultime question : « Oh un instant », « J’allais oublié »… Il sollicite son avis, lui demande son aide. Il joue avec lui… comme le chat avec la souris. Plus le meurtrier accepte de jouer avec Columbo, plus Columbo le contraint à moduler son propre jeu, plus il se voit soumis à un supplice raffiné, plus le plaisir est grand pour le spectateur.

Ce jeu du chat et de la souris est une guerre des nerfs. Si Columbo ne change jamais d’objectif, ni même de comportement, l’assassin, lui, est contraint de s’adapter en permanence. Las des questions insidieuses de Columbo, il lui demande de cesser de l’importuner pour chercher le (véritable) coupable. Dans certains cas, cette mise au point peut tourner à une véritable déclaration de guerre, l’assassin raillant le comportement obséquieux et l’apparence vestimentaire du lieutenant. A compter du moment où chacun sait que l’autre sait à quoi s’en tenir, que tout ne tient plus qu’à une preuve, la passe d’arme vire au défi.La fuite est impossible. Quant aux intimidations et aux menaces voilées, elles apparaissent vite pour ce qu’elles sont, à savoir un aveu de faiblesse. La relation bascule, le meurtrier s’indigne, se montre excédé, cassant, tente de détourner les soupçons sur une tierce personne, use ou, plus exactement, tente d’user de ses relations, évidemment sans succès.

Ce qui est puni : l’arrogance et le cynisme du meurtrier

Dans le jeu du chat et de la souris, tous les protagonistes ne disposent pas des mêmes armes selon leur métier. Si un comédien peut mentir avec talent mais manquer de rigueur et un militaire faire preuve d’un sang froid exceptionnel mais souffrir de psycho-rigidité, les meurtriers les plus coriaces ont un profil leur permettant de rivaliser avec un policier aussi retors que Columbo. Le policier en exercice, ou reconverti dans la sécurité, connait les erreurs à éviter dans la réalisation d’un meurtre et sait déjouer les pièges d’une enquête. L’avocat connait parfaitement le droit. L’écrivain de romans policiers, talentueux ou non, sait ou croit savoir comment imaginer un assassinat dans les règles de l’art. Le psychologue de formation cerne rapidement la personnalité de Columbo et garde toujours la maîtrise de ses émotions. 

Tous partagent néanmoins en commun d’avoir une haute idée d’eux-mêmes. Aux yeux du coupable, l’enquête policière s’inscrit dans l’ordre normal des choses. Mais qu’elle ait la capacité à résoudre l’affaire lui semble difficilement concevable. Et qu’elle recourt à une forme de harcèlement pour parvenir à ses fins, proprement scandaleux. Fort de son statut social, convaincu de sa supériorité intellectuelle, le criminel considère de haut cette police tatillonne et insignifiante incarnée par Columbo. Un tel mépris confinerait à la stupidité si une inquiétude naissante face aux soupçons insistants du policier n’amenait le meurtrier à réaliser que ni sa célébrité, ni sa respectabilité apparente, ni ses relations sociales ne le protègeront éternellement des investigations du policier. Tout au plus, mais ce détail a évidemment son importance, le meurtrier peut-il montrer les signes de son agacement et de nervosité croissante.

Si le coupable mérite la torture morale que lui inflige Columbo et finit par être puni, ce n’est pas tant pour son meurtre que pour son arrogance qui le pousse à surestimer sa capacité à imaginer et réaliser un crime parfait. Même soigneusement préparé, le crime se révèle vite entaché de négligences, d’incohérences et d’oublis. Dans Jeu de mots (1978), Columbo relativise le mérite qu’il a eu à démêler l’affaire par la prétention du coupable : « Je ne suis pas plus intelligent qu’un autre, monsieur. Mais je peux dire que vous, en revanche, vous m’avez déçu, par votre amateurisme, en laissant derrière vous des indices de toutes sortes, à la pelle : le mobile, l’opportunité. Et pour un homme de votre intelligence, monsieur, vous vous êtes empêtré jusqu’au cou dans vos mensonges. Une vraie désolation ! »

Si l’intelligence cynique peut permettre d’imaginer un meurtre avec détermination et rigueur, elle trouve rapidement ses limites face aux aléas imprévisibles de l’enquête. Faute d’empathie, des meurtrier s’interdisent de comprendre d’autres logiques que la leur. Ainsi que le déclare le coupable dans Inculpé de meurtre (1968), « la morale est une question de convention. Elle est relative, comme presque tout aujourd’hui ». Une conviction que ne partage néanmoins pas tout le monde. C’est ce que Columbo explique très bien à la meurtrière de Rançon pour un homme mort (1971) après l’avoir confondu : « Voyez-vous Madame Williams, vous n’avez pas de conscience : c’est votre point faible. Il ne vous est pas venu à l’esprit qu’il y avait que très peu de personnes qui pouvaient prendre l’argent et faire une croix sur le meurtre. Non, hein, j’en étais sûr. De ne pas avoir de conscience cela limite votre imagination. Vous n’arrivez pas à concevoir que quelqu’un puisse être différent de ce que vous êtes : une femme cupide. »

Columbo, un faux gentil ?

Columbo sur-joue-t-il son personnage de flic sympa pour tromper son monde ? Le policier attachant sans avoir de côté mauvais garçon est une figure exceptionnelle en matière de fiction. Avec sa tenue vestimentaire fatigué, sa 403 à bout de souffle, sa condition physique moyenne, ses cheveux ébouriffés, son cigare à la bouche qu’il ne sait jamais où écraser et son refus de porter une arme, Columbo n’a aucun des attributs du policier américain, et encore moins l’allure d’un officier de police. Il estime n’en avoir nul besoin. Conscient de son image, Columbo l’assume sans complexe dans un univers social auquel il se sait foncièrement et irrémédiablement étranger. Refusant l’exercice du pouvoir, il n’use jamais des arguments d’autorité et recourt rarement à des perquisitions ou à des interpellations. 

Columbo n’a pourtant rien du « flic désabusé » opposant à la condescendance de ses interlocuteurs le mépris de celui qui connait la réalité cachée et peu reluisante des quartiers chics de Los Angeles. Au contraire. Misant sur la séduction plutôt que sur l’intimidation, Columbo incarne le brave flic. Mais le fait-il par calcul? En partie. Dans un univers de puissants, retranchés derrière une façade de respectabilité, assistés des meilleurs avocats et bénéficiant de solides relations, l’hypocrisie est obligatoirement de mise. Face au meurtrier, Columbo joue d’abord la naïveté avant de sur-jouer la modestie. Mais, en parallèle de l’enquête, il se révèle être un homme simple et sympathique, attaché à sa femme, à son imperméable et à ses vieilles chaussures, aimant échanger avec des enfants, s’occuper de son chien, déguster un bon chili et assister aux le baseball.

Pour autant, même si le travail est l’affaire de sa vie, Columbo ne perd jamais de vue que la vie est une chose et que le travail en est une autre. Columbo aime passionnément son métier. Quelles que soient l’admiration et la compréhension dont il peut faire preuve face à un meurtrier, le lieutenant ne perd jamais de vue son objectif ultime : interroger un coupable jusqu’à le pousser à la faute ou à l’aveu. S’il use de l’autorité que lui confère son statut de policier, c’est uniquement pour contraindre le meurtrier à l’écouter raisonner à voix haute et s’interroger en sa présence, solliciter son avis et l’enfermer dans un face à face dont il peut difficilement s’échapper sans reconnaître sa culpabilité. Le verbe est l’arme de Columbo. Une arme qu’il prend plaisir à manier avec le sourire pour torturer et tourmenter son interlocuteur, approuver la crédibilité de ses hypothèses et le confronter à ses contradictions, le rassurer et l’inquiéter, l’amadouer et l’irriter, l’apaiser et jouer avec ses nerfs, le provoquer et le pousser à l’erreur. Encore une fois, avec Columbo, la punition présente la particularité de s’appliquer avant même le jugement et la gentillesse n’exclut pas le plaisir pris à chasser une proie coriace.

Franck Gintrand

Les épisodes passés au crible du jeu du chat et de la souris

columboUn adversaire redoutable, un meurtrier trop sûr de lui, des soupçons réciproques, un harcèlement de tous les instants, un troisième personnage intéressant… Voici passés aux cribles des critères, les meilleurs épisodes de la série.

Les notes sont sur 20 : assassin (7/20), assassinat (7/20), 3e personnage (4/20), milieu (2/20)

** Inculpé de meurtre 

Résumé : Psychiatre de renom, le docteur Ray Fleming entretient une relation avec une jeune et jolie actrice. Une situation dont il se satisferait bien si, soupçonnant son infidélité, sa riche épouse ne menaçait de divorcer. Avec la complicité de sa maîtresse, Flemming décide alors de tuer sa femme en lui proposant un voyage de réconciliation à Acapulco…

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ? Oui. Psychologue de formation, intelligent et maître de ses émotions, Ray Flemming a le profil du criminel idéal pour lutter à armes égales avec Columbo. Mais il est parfaitement égocentrique. Et c’est bien sûr ce trait de caractère qui le perdra… 
  • L’assassinat est-il bien pensé mais imparfait ? Oui. Columbo devra d’ailleurs recourir à un subterfuge pour confondre Tay Flemming. 
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? Moyennement. Tenaillée par la culpabilité et affolée par les questions de Columbo, la maîtresse de Ray Flemming est un personnage crédible mais sans grande épaisseur. 
  • L’assassin est-il victime de son arrogance ? Oui. Certain de ne plus pouvoir être inculpé, l’assassin tombe brutalement le masque et rompt la confiance qui le liait à sa comparse. Après avoir assassiné sa femme il finit trahit par sa maîtresse. 

Extrait : Ray Flemming : « Sans qu’il n’y ait rien de pathologique, vous êtes un parfait exemple de compensation (…), d’adaptabilité. Vous êtes un homme intelligent, mais vous le cachez. Vous jouez les lourdeaux, et à cause de quoi ? Peut-être votre physique. Vous ne vous pouvez guère impressionner les gens par manque de prestance, alors vous tirez avantage de cette déficience. Vous attaquez l’ennemi par surprise. Il vous sous-estime et, résultat, ils tombent dans le piège à pieds joints. »

Le personnage de Columbo : pour tenter de faire craquer la comparse du meurtrier, le lieutenant se met en colère et la menace. Un procédé auquel il ne recourra plus par la suite.

Dialogues

Rançon pour un homme mort – 

Résumé : Leslie Williams est une avocate fortunée, renommée, talentueuse et calculatrice. Elle tue son mari, puis fait croire à un enlèvement. Elle recourt pour cela à un enregistrement de la voix de son mari qu’elle a monté en utilisant un automate téléphonique qui lui permet de recevoir un appel des ravisseurs, avec son mari soi-disant à l’autre bout du fil, lorsque la police est chez elle. C’est elle qui livre la rançon, et elle fait disparaître l’argent, comme s’il avait été pris par les ravisseurs. Lorsque le corps est retrouvé, Columbo prend l’affaire en main.

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ? Oui. « Un des meilleurs avocats de tout l’Etat de Californie » aux dires de son assistant, Leslie Williams est une femme brillante et rigoureuse, cynique et comédienne, qui peut se montrer aussi sympathique avec Columbo qu’elle peut être dure avec sa belle fille. 
  • L’assassinat est-il bien pensé ? Oui. En dépit de quelques incohérences mineures qui n’ont pour seul effet que de conforter l’intuition de Columbo, l’assassinat semble avoir été murement réfléchi et réalisé sans erreur majeure. 
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? Pas vraiment. D’emblée la jeune Margareth est hostile à sa belle mère qu’elle soupçonne de s’être mariée par intérêt. Il est donc écrit d’avance qu’elle sera une alliée objective de Columbo. Mais c’est elle qui à mesure que l’on s’avance vers le dénouement semble en proie à la crise de nerf.
  • L’assassin est-il finalement victime de son arrogance ? Oui. L’absence même de moralité empêche l’assassin d’imaginer que d’autres puissent raisonner différemment. Et c’est cette absence d’empathie qui finit par le perdre.

Extrait : Columbo : « Je cherche même pas à défendre mon point de vue. En fait je me suis surtout servi de cet exemple pour vous montrer quel genre de personne je suis, vous comprenez, à quel point je suis obnubilé par les détails, en d’autres termes j’essaye de vous montrer ce que je pourrais appeler mon … » – « Votre idiosyncrasie » –  » c’est bien ça, mon idiosyncrasie, oui, c’est le bon mot » – « oui, un des meilleurs ».

Le personnage de Columbo : le lieutenant n’a rien du flic d’action. Il souffre même du mal de l’air. Pas de chance, il doit effectuer une filature en hélicoptère puis un déplacement en avion. Chacune des deux scènes pourrait friser le ridicule et la caricature. Mais Peter Falk montre sa capacité à tenir un rôle de composition.

** Le Livre témoin

Résumé : Ken Franklin est coauteur de la série de romans policiers à succès Madame Melville. Son partenaire Jim Ferris désire écrire en solo. Or, Ken est sans talent et cela ne manquera pas de se voir dès qu’il commencera à écrire seul à son tour. Ken Franklin tue son partenaire mais un témoin inattendu, Mademoiselle La Sanka, décide de le faire chanter. Il décide de l’éliminer à son tour en mettant en scène un accident.

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ? Moyennement. Co-auteur d’une série policière,  Ken Franklin est bien placé pour concevoir un crime. Mais, hélas pour lui, il est aussi un écrivain sans talent et sans imagination… 
  • L’assassinat est-il bien pensé ? Oui. Si l’affaire tourne mal pour Ken Franklin c’est en grande partie dû au hasard et à la personnalité de Mademoiselle La Sanka. 
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? Oui. Mademoiselle La Sanka est un peu folle par nature et totalement folle de Ken Franklin. Volontairement excessif, son personnage est Inquiétant et touchant. 
  • L’assassin est-il finalement victime de son arrogance ? L’assassin, interprété par Jack Cassidy, est hautain à souhait mais il est surtout victime de sa bêtise.

Faux témoin

Résumé : plutôt que de tout révéler au mari, le détective Brimmer veut faire chanter une épouse infidèle. Lorsque celle-ci refuse de se laisser faire et décide de tout révéler à son mari, Brimmer se rend compte qu’il va perdre l’importante clientèle d’Arthur Kennicut, tue l’épouse dans un accès de colère.

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ? En théorie, du moins. Ancien policier reconverti dans le privé, Brimmer pourrait être un adversaire de poids. Mais dans les faits, c’est un homme qui dissimule sous un aspect psychorigide un caractère colérique qui pourrait expliquer qu’il n’ait pas été en mesure de rester dans la police (même s’il présente son évolution de carrière comme un choix).
  • L’assassinat est-il bien pensé ? Non. Et pour cause : l’homicide n’est ni volontaire, ni prémédité. Rien d’étonnant à ce que le coupable, qui avouera avoir agi sous le coup de la colère, essaye très vite de corrompre Columbo en proposant de le recruter.  
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? Le mari désireux de retrouver le coupable par tous les moyens, y compris en recourant sans le savoir aux services  du meurtrier, joue en réalité un rôle sans importance dans le cours de l’enquête. 
  • L’assassin est-il finalement victime de son arrogance ? Pas vraiment. Très rapidement, Brimmer panique à l’idée d’avoir oublié des indices susceptibles de le compromettre.

Poids mort

Résumé : À l’annonce d’enquêtes menaçant de tout révéler, Hollister tue son complice, le colonel Dutton, et se débarrasse du corps. Sa maison ayant une baie vitrée avec vue sur la baie, une jeune femme a tout vu, e loin. Sans cadavre, elle a bien du mal à convaincre ses proches, mais Columbo la croit. 

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ? On voit mal d’emblée comment un général corrompu pourrait être un adversaire à la mesure de Columbo sinon parce qu’il a démontré sur les champs de bataille combien « c’est un être capable d’un parfait sang froid en toute circonstance ».
  • L’assassinat est-il bien pensé ? Oui.  Bien que le meurtre ait été réalisé dans la précipitation, la dissimulation du corps et de l’arme du crime est murement réfléchie. 
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? Oui. D’un naturel timide, ébranlée par son divorce et dominée par une mère autoritaire, xxx a été témoin du meurtre. Elle se heurte à l’incrédulité de la police avant de mettre en doute son propre témoignage lorsque le général entreprend de la séduire avec succès.
  • L’assassin est-il finalement victime de son arrogance ? A l’inverse d’autres assassins, le général n’est ni arrogant, ni même désagréable. Se sachant soupçonné, il se montre au contraire d’une patience à toute épreuve avec Columbo. Ce qui le perd ? Son attachement à un passé glorieux et son inébranlable confiance en lui.

Plein cadre

Résumé : À l’annonce d’enquêtes menaçant de tout révéler, Hollister tue son complice, le colonel Dutton, et se débarrasse du corps. Sa maison ayant une baie vitrée avec vue sur la baie, une jeune femme a tout vu, e loin. Sans cadavre, elle a bien du mal à convaincre ses proches, mais Columbo la croit. 

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ? A priori un critique d’art n’est pas le mieux placé pour tenir tête à Columbo. De façon réaliste, il est du reste rapidement désarçonné par le déroulement de l’enquête et ne parvient pas à anticiper le raisonnement de Columbo. 
  • L’assassinat est-il bien pensé ? Oui.
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? Pas vraiment. L’ex-épouse un peu fofolle semble bien caricaturale.
  • Les relations entre Columbo et le meurtrier sont-elles  intéressantes ? Pas de séduction et beaucoup d’agacement. En dépit de quelques manifestations d’admiration face à des chefs d’oeuvre, Columbo ne s’intéresse pas vraiment à l’art et ne fait pas mine de s’y intéresser. De son côté, le coupable ne fait lui aucun effort pour familiariser le lieutenant avec cet univers. Il se sait rapidement soupçonné. Ses tentatives d’intimidation sont maladroites et le coup censé l’innocenter bien improbable au regard de la personnalité du troisième personnage. 

Attente

Résumé : Pour empêcher son frère Bryce, PDG de la grande compagnie familiale, d’écarter un membre de conseil d’administration, Beth se drogue avec des somnifères et s’arrange pour que son frère se retrouve enfermé dehors, et doive rentrer par la fenêtre, après quoi elle le tuera en prétendant l’avoir pris pour un rôdeur. L’enquête, puis la cour concluent à l’accident. Lorsque Beth se métamorphose en executive woman pleinement responsable de sa vie, épanouie, et prend le contrôle de la compagnie, c’est un indice de plus pour Columbo.

Notre avis

  • L’assassin est-il à la hauteur de Columbo ?Non. Et sans la moindre hésitation. Emotive et calculatrice, timide puis extravertie, Beth Chadwick n’est pas une criminelle bien crédible. Mais le personnage, fragile et changeant, est malgré tout un des plus attachants de la série. Note : 3/7.
  • L’assassinat est-il bien pensé ? 
  • Le 3e personnage est-il intéressant ? 
  • Les relations entre Columbo et le meurtrier sont-elles  intéressantes ?

Symphonie en noir

Résumé : Alex Benedict, chef de l’orchestre financé par sa belle-mère, a une liaison avec une de ses pianistes, Jenifer Welles. Celle-ci lui demande de divorcer d’avec son épouse sous la menace de révéler cette liaison au grand jour. Pour ne pas renoncer à son train de vie luxueux, Benedict assassine sa maîtresse un soir de concert au Hollywood Bowl et maquille la scène en suicide. Il tente de tromper Columbo en faisant croire à sa présence dans les coulisses au moment du meurtre.

Requiem pour une star

Résumé : Nora Chandler est une actrice sur le déclin que fait chanter un journaliste à scandale menace de tout révéler.

Le spécialiste

Résumé :

** Quand le vin est tiré

Résumé : Menacé de voir le vignoble familial vendu à un groupe de producteurs de vin grand public par son frère, Adrian Carsini décide de s’en débarasser…

Candidat au crime

Résumé : Un candidat au Sénat, Nelson Hayward, n’est pas à l’aise avec son conseiller de campagne, Harry Stark, qui le fait chanter, et qui lui demande d’abandonner sa maîtresse, Linda Johnson, la secrétaire de sa femme. Nelson Hayward est sous protection policière après avoir reçu des menaces. Faisant croire qu’il va aller en secret expliquer à Linda que leur relation doit s’interrompre, il convainc Harry de prendre sa place, ses vêtements, sa voiture et partir semer la protection policière. Ils se retrouvent dans la campagne, et Nelson le tue, puis rejoint sa femme pour une fête d’anniversaire. La police commence par imaginer que Harry a pris la place de Nelson pour qu’il puisse aller sans eux à la fête, et que l’ennemi de Nelson a tué Harry par erreur. Mais, pour Columbo, la disposition de la lumière et la position des protagonistes sur la scène du crime ne collent pas, non plus que l’attitude de Nelson lorsque Columbo lui dit qu’il n’était peut-être pas la cible. Des détails liés à la montre, et au coup de téléphone revendiquant le meurtre non plus ne collent pas. Libéré de Harry, Nelson fait campagne avec sa femme à son côté et continue de voir sa maîtresse en secret.

Edition tragique

Résumé : Riley Greenleaf est un éditeur qui est sur le point de perdre, au profit de son concurrent, son contrat d’édition avec un auteur de livres à succès Alan Mallory. Il engage Eddie Kane, un artisan terroriste spécialiste en explosifs pour tuer Alan, en échange de quoi il publiera son livre (How to blow up anything in ten lessons), un manuel pour fabriquer des bombes artisanales. Il s’arrange pour avoir un solide alibi au moment du meurtre, mais en laissant volontairement des indices l’accusant, afin de faire croire à un coup monté contre lui. Voyant que Columbo le suspecte, Riley tue Eddie en laissant derrière lui des indices compromettants pour faire accuser Eddie Kane. Mais les indices laissés par Riley seront vite démolis par Columbo.

Le mystère de la chambre forte

Résumé : La soirée s’avance, seule dans son bureau, la romancière Abigail Mitchell est plongée dans de sombres pensées. Sa nièce qu’elle affectionnait particulièrement vient de mourir. Edmund Galvin, son neveu, lui rend visite. Il est retrouvé assassiné un peu plus tard.

Columbo sur le net

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