Et s’il existait vraiment une recette pour être heureux ?

Le bonheur est-il un sujet sérieux ?

Incontestablement, oui. Il n’y a pas que les magasines féminins pour s’intéresser au sujet. L’OCDE s’est penchée sur la mesure du bien-être subjectif. Deux rapports mondiaux ont été publiés en 2012 et 2013 par l’université Columbia. Une journée internationale du bonheur a été établie par Assemblée générale des Nations unies de 2012.

L’argent fait-il le bonheur ?

Passé un certain niveau de richesse, non. Le paradoxe d’Easterlin, discuté à l’envi depuis les années 1970, affirme que, bien que toujours plus riches, les sociétés industrielles connaissent depuis des décennies une stagnation du bonheur déclaré. 

Pourquoi ?

Cherchant des explications au paradoxe d’Easterlin, des chercheurs insistent sur le fait que le surcroît de richesses créé par les sociétés industrielles est principalement utilisé à des fins « ostentatoire », pour nous distinguer et affirmer ainsi notre singularité et notre appartenance à un groupe. Non seulement cette course est sans fin mais pour « gagner plus » nous travaillons plus ce qui génère du stress et réduit le temps passé avec la famille ou les amis (deux sources majeures de bonheur).

Le bonheur est-il un sujet politique ?

Oui. Il n’est évidemment pas question de revenir aux totalitarismes ambitionnant de faire le bonheur de tous y compris par la force. Mais il apparait que bonheur et égalité sont liés. Ainsi plus une société est inégalitaire, moins le bonheur moyen y est élevé et on constate inversement une forte corrélation au niveau mondial entre bonheur et égalité (de revenus ou de richesses). Il s’agit d’ailleurs de l’un des facteurs invoqués pour expliquer le bonheur élevé des sociétés scandinaves, Danemark en tête.

La recherche du bonheur rend elle heureux ?

A priori non. «Le paradoxe du bonheur, c’est que le fait de le chercher à tout prix rend en réalité moins heureux.» Cette phrase n’est pas celle d’un grand philosophe, mais bien celle d’un scientifique de Stanford. L’université américaine a récemment publié une nouvelle étude sur les recettes du bonheur dans le Journal of Experimental Social. Cela dit tout le monde n’est pas de cet avis et les partisans de la méthode Coué restent légion. Leur crédo : prendre la décision d’aller bien, ne pas laisser de place aux émotions négatives ou hostiles, prendre soin de soi, etc.

Existe-t-il une « clé » du bonheur ?

Les avis sont partagés. Ainsi, pour certains scientifiques, la clé du bonheur serait d’aider les autres de manière concrète. Pour d’autres scientifiques, 50% de notre aptitude à être heureux serait déterminé par nos gènes. Mais il se pourrait que la clé ne tienne ni à nous, ni à la nature. Pour des chercheurs d’Harvard un environnement chaleureux et stable durant l’enfance est l’ingrédient crucial d’une vie épanouie.

Quelles sont les recette du bonheur ?

Pour Jennifer Aaker, psychologue socialeà Stanford, et ses collègues Melanie Rudd et Michael Norton, auteurs d’une étude, la clé du bonheur est d’aider les autres de manière concrète. «Dans le domaine pro-social du bénévolat, par exemple, les membres d’organisations orientées vers le service et les travailleurs bénévoles ont des plus hauts niveaux de satisfaction de vie, sont plus heureux, et présentent moins de symptômes de dépression.»

La lecture rend elle heureux ? 

Selon une étude menée par la Emory University aux Etats-Unis, la lecture rendrait non seulement plus intelligent mais aussi plus heureux. En nous projetant dans le corps d’un autre, nous échapperions aux problèmes de notre quotidien, nous sentirions allégés et donc d’être plus heureux. Selon le Professeur Berns, on pourrait donc songer à développer une véritable thérapie du bonheur fondée sur la lecture. Mais rien ne permet en réalité d’affirmer que le bonheur et l’intelligence font bon ménage (Voir ci-dessous). 

L’intelligence rend elle heureux ?

A priori, non. En tout cas ça n’a rien d’évident. Selon Axel Kahn, « Etre intelligent m’a-t-il apporté du bonheur ? Bien sûr, j’ai connu en tant que chercheur quelques moments de jubilation fantastique quand, d’un coup, après des mois ou des années d’efforts, je mettais le doigt sur un phénomène qui ouvrait une nouvelle porte de la connaissance (…) Quant à savoir si cette félicité est supérieure à celle éprouvée comme au cours de certaines passions amoureuses, je suis incapable de répondre. » Pour Inès de la Fressange, ancien mannequin et styliste, « l’intelligence ne rend pas heureux, car elle développe l’esprit critique et donne donc une vision du monde plutôt noire. »

La célébrité rend elle heureux ?

Tous les avis sont convergents : la réponse est non. Selon Inès de la Fressange, « La gloire et le succès procurent des émotions hautes en couleur, mais qui ne sont pas le bonheur. »

La parentalité rend elle heureux ?

Ca se discute. Selon le magasine The Germans paru en 2013 et présenté par lesvendredisintellos.com, « des études montrent que les parents ne sont pas heureux. Ils n’ont plus de temps ni pour eux ni pour leur couple et se sentent cantonnés à des tâches frustrantes ou répétitives même lorsque l’autonomie de l’enfant grandit : lire le même livre vingt fois de suite, aider l’enfant de dix ans qui n’en a pas envie à faire ses devoirs, faire le taxi pour emmener les enfants faire leurs activités. Une étude montre que les mères sont encore plus insatisfaites que les pères. Statistiquement, ce sont les femmes qui prennent en charge l’essentiel de l’éducation des enfants et qui n’ont plus une minute à elles. Jusqu’à ce que les enfants aient quitté le domicile familial. Mais les hommes eux-aussi sont insatisfaits parce qu’ils se mettent la pression en voulant gagner davantage d’argent et consacrent une plus grande part de leur temps libre à leur famille et non plus à leurs passe-temps. Au stress, aux soucis financiers, au manque de temps libre s’ajoute un recul de la tendresse. La moitié des couples qui divorcent en Allemagne ont un enfant mineur et 40% des couples qui se séparent ont un premier enfant de moins d’un an. Le constat va plus loin encore : les mères célibataires sont encore plus malheureuses. »

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Au fait, connaissez-vous l’Etude de Grant ?

Pour arriver à cette conclusion, des chercheurs d’Harvard se sont relayés pour suivre pendant près de 75 ans 268 hommes admis à l’université d’Harvard à la fin des années 1930 et ayant traversé des expériences aussi diverses que la guerre,  la vie professionnelle, le mariage, le divorce, les enfants, les petits-enfants, la vieillesse, l’alcoolisme, la dépression et tout ce que la vie peut réserver de bonnes et mauvaises surprises. Cette entreprise, plus connue sous le nom d’Étude Grant, du nom de son fondateur William T. Grant, propriétaire de la chaînes de magasins américains « 25 Cent », est l’une des plus célèbres « études longitudinales » en sciences sociales au 20e siècle. Parmi les 268 hommes étudiants d’Harvard retenus pour participer à l’étude à l’époque, on trouve d’ailleurs John F. Kennedy mais également Benjamin Bradlee, rédacteur en chef du Washington Post de 1965 à 1991 qui a notamment soutenu le travail de Bob Woodward et Carl Bernstein pendant le scandale du Watergate. En savoir + http://www.atlantico.fr/decryptage/72-ans-etudes-et-conclusion-bonheur-c-est-autres-716270.html

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