Ars Moriendi : des livres pour mieux vivre la mort, celle des autres et surtout la sienne – En cours de rédaction

C’est une chose de savoir que l’on va mourir et une autre de l’accepter. A l’heure de la mort de Dieu, que peuvent nous apporter les philosophes et les scientifiques pour mieux comprendre la mort, s’y préparer et accepter la disparition de ceux qui nous sont chers ?

la mort marianne

La mort – Les textes – Marianne Hors-Série

Les sujets abordés :

Qu’est-ce que la mort ? Un événement difficile voire impossible à penser pour soi « puisque, lorsque nous existons, la mort n’est pas là et, lorsque la mort est là, nous n’existons pas » (Epicure). D’autant ajoute Freud que « personne, au fond, ne croit à sa propre mort ou, ce qui revient au même, dans son inconscient, chacun est persuadé de sa propre immortalité », si bien que « nous nous identifions avec un héros dans sa mort et, cependant, nous lui survivons, tout prêts à mourir aussi inoffensivement une autre fois, avec un autre héros ».

Quels problèmes moraux ? La peine de mort ? Un scandale pour Victor Hugo qui dans un discours prononcé à l’Assemblée nationale en 1846 s’écrie « Si l’exemple de la peine de mort est moral, pourquoi le cachez-vous ? (…°) Revenez à la place de Grève ! Il ne suffit pas qu’il soit terrible, il faut qu’il soit permanent : revenez à Montfaucon ! » Une terrible sanction qui confère au pouvoir sa toute puissance (Jacques Derrida).

Que craignons-nous ?

Que peut-on espérer ? Vivre plus longtemps. Mais certainement pas en finir avec la mort. Edgar Morin le rappelle « en cas d’acquisition de la dé-mortalité (…) la mort accidentelle deviendrait la mort naturelle », sans oublier que « virus et bactéries ne seront jamais totalement éliminées ».

Comment l’accepter ? Finis les grands idéaux qui justifiaient de risquer sa vie. La patrie, le prince, la religion, rien de ce que Bossuet considérait comme susceptible de nous procurer « du bonheur, même dans la mort », plus rien aujourd’hui ne la justifie. « Au régime de la sacralisation (par la mort) s’est substituée celui de la victime et de la compassion » (Eric Deroo). 

Comment la vivre ? Parfois, comme une délivrance. Ainsi pour Martin Eden, le héros de Jack London, « la vie était sans intérêt, ou plutôt elle l’était devenue, elle était devenue intolérable. » Même le décès des proches qui souffrent ne se passe pas toujours pour un bien. C’est l’avis de Simone de Beauvoir qui vécut l’agonie de sa mère : « souvent, quand les malades souffraient un long martyre, je m’étais indignée de l’inertie de leurs proches : « Moi, je le tuerais ». A la première épreuve, j’avais flanché : j’avais renié ma propre morale, vaincue par la morale sociale (…) En effet, on est pris dans un engrenage, impuissant devant le diagnostic des spécialistes, leurs prévisions, leurs décisions. Le malade est devenu leur propriété ». Mais vivre la mort, c’est aussi savoir la dire. Le plus dur peut-être aujourd’hui consiste à trouver les mots qui réconfortent. Pour Norbert Elias, « la tradition sociale pourvoit moins qu’autrefois l’individu en locutions stéréotypées, en mode de comportements établis d’avance, qui peuvent faciliter la maîtrise de la forte part d’émotion qu’impliquent de telles situations (…) Pour beaucoup de jeunes gens les formules rituelles de la société ancienne sonnent faux et creux. » Mais si « les tabous interdisent de montrer des sentiments par trop violents, il s n’en existent pas moins pour autant ».

quand la mort arrive

Quand la mort arrive – Carine Anselme

L’auteur : De « Psychologies magazine » (édition belge) à « Bioinfo », en passant par « Gael », « Nest » ou encore « Terre Sauvage », Carine Anselme s’intéresse aux sujets qui touchent aux médecines alternatives, à la psychologie, au bien-être, à la spiritualité, l’écologie, le développement durable…

Qu’est-ce que la mort ?

Comment meurt-on ?

La mort est une question vitale – Elisabeth Kübler-Ross

L’auteur : Psychiatre américaine d’origine suisse, Elisabeth Kübler-Ross fut l’un des pionniers dans l’accompagnement des mourants, ainsi que dans l’étude des NDE (expériences de mort imminente). Elle est également connue pour avoir donné son nom au célèbre modèle de Kübler-Ross, qui décrit les cinq phases de réaction face à l’annonce d’une maladie mortelle : déni, colère, marchandage, dépression, acceptation. « La mort est une question vitale » est l’un de ses grands classiques

Résumé :

Les sujets abordés :

Qu’est-ce que la mort ? 

Quels problèmes moraux ?

Comment l’accepter ?

Comment la vivre ?

A lire :

On peut se dire au revoir plusieurs fois – David Servan-Schreiber

L’auteur : Psychiatre, fondateur et dirigeant de l’Institut français d’EMDR, David Servan-Schreiber se fait connaître du grand public avec la publication de son livre Guérir en 2003.

Résumé : Se sachant condamné, David Servan-Schreiber fait le bilan de son long combat contre le cancer, plusieurs fois victorieux et semé de rechutes. Avec lucidité, il parle de la douleur, de la peur et du courage face au mal, mais aussi de la force de vivre.

Les sujets abordés : la peur de la mort et les adieux à la vie.

Qu’est-ce que la mort ? 

Quels problèmes moraux ?

Comment l’accepter ?

En conclusion : la perspective d’une mort imminente peut s’accompagner de la volonté de mettre ses affaires en ordre mais aussi de forger – ou parfaire – son propre mémorial. Dernier sursaut du moi avant liquidation totale ?

Extraits : sur la mort et la vie : « J’aime penser comme beaucoup de de philosophes, que la vie est une longue préparation à cet instant souverain. Quand on a renoncé à se battre contre la maladie, il reste encore un combat à mener, celui pour réussir sa mort »; sur la croyance en l’au-delà : « Il ne suffit pas que quelqu’un exhibe des croyances et des comportements inhabituels pour mériter le qualificatif de « fou » (…) Un psychiatre un peu borné dirait que Jésus était schizophrène parce qu’il avait des visions et qu’il entendait des voix; ou parce qu’il était bipolaire ou maniaco-dépressif, parce qu’il alternait les épisodes d’exaltations et les périodes d’abattement. »

A lire :

Qu’est-ce que mourir ? – Jean-Claude Ameisen, Danièle Hervieu-Léger, Emmanuel Hirsch

Les auteurs

Résumé

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Quels problèmes moraux ?

Comment l’accepter ?

Une vie pour se mettre au monde – Marie de Hennezel et Bertrand Vergely

Les auteurs

Résumé

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Quels problèmes moraux ?

Comment l’accepter ?

L’art de mourir – Marie de Hennezel avec Jean-Yves Leloup

Les auteurs

Résumé

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

Extraits : sur le dialogue : « Un malade mutique, douloureux, au visage et aux yeux fermés, évitant le contact, ne nous dit pas forcément qu’il refuse de parler de sa mort. Il nous dit peut être qu’il a déjà risqué le dialogue et rencontré la peur dans le regard des autres ! Il nous dit peut-être qu’il se sent seul ! »

Essais sur l’histoire de la mort en Occident – Philippe Ariès

L’auteur : Après deux échecs successifs à l’oral de l’agrégation d’histoire, Philippe Ariès publie à 34 ans et dans l’anonymat le plus completL’Histoire des populations françaises et leurs attitudes devant la vie depuis le XVIIIe siècle. Après un second livre consacré à l’histoire de la famille et un essai sur l’histoire de la mort, il intègre l’EHESS en 1978 et publie la même année L’Homme devant la mort où il distingue deux types de perception de la mort : la mort apprivoisée et la mort sauvage.

Résumé : Essais sur l’histoire de la mort en Occident est un succès de librairie et ouvre à son auteur les portes de l’émission littéraire « Apostrophes » de Bernard Pivot : « (…) le sujet que j’avais abordé, il y a une quinzaine d’années, dans l’indifférence générale, agite désormais l’opinion, envahit livres et périodiques, émissions de radio ou de télévision ». De fait, le Seuil lui commanda, dans la foulée l’Homme devant la mortSommaire et résumé détaillé

Les sujets abordés

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

La mort de la mort – Alexandre Laurent

L’auteur : ancien chirurgien, Alexandre Laurent est neurobiologiste, spécialiste des thérapies géniques. Il est fondateur du site médical Doctissimo (qu’il a depuis revendu) et aujourd’hui dirigeant de la société DNAVision.

Résumé : la connaissances de notre génome (qui peut être décodé en une heure pour 1000 dollars aux Etats-Unis) est en passe de bouleverser la médecine et de révolutionner nos vies. A la clé : la thérapie génique avec des diagnostics prédictifs et des traitements personnalisés. Et une double promesse : le recul de la maladie et de la mort.

Les sujets abordés :

Qu’est-ce que la mort ?

Quels problèmes moraux ?

Comment l’accepter ?

Les frontières de la mort – Laura Bossi

Résumé : l’OMS donne la définition de la mort cérébrale en 1998 avant que la France ne décide officiellement en 1996 d’en faire le fondement de la mort clinique. Dans la mesure où cette nouvelle définition dissocie la mort du cerveau de la mort du corps et établit le décès sur la base de la première, il devient légalement possible de maintenir artificiellement le corps en vie pour prélever des organes. Le débat sur la définition de la mort a connu un nouveau rebondissement avec l’autorisation du prélèvement d’organe à coeur arrêté en 2005. Comme son nom l’indique, ce prélèvement intervient dès l’arrêt du coeur, c’est-à-dire avant la mort encéphalique considérée dans ce cas comme inéluctable. Cette mesure vise à répondre à la demande croissante de greffes. Elle montre à quel point la demande d’organes contribue aujourd’hui à redéfinir la mort. 

Les sujets abordés : l’histoire de la définition de la mort depuis le XVIIIe siècle, l’invention de la mort encéphalique grâce aux techniques de réanimation (sans lesquelles un patient basculait automatiquement dans la mort cardiaque), le prélèvement d’organes à coeur arrêté, les arguments de partisans et des adversaires de la mort encéphalique.

Qu’est-ce que la mort ? En fait, les critères de la mort encéphalique ne sont pas sans rappeler la distinction chrétienne entre l’âme et le corps. A cette réserve près que ce n’est plus l’âme qui est censée survivre au corps mais le corps qui, survivant à la mort de l’âme, devient un ensemble de pièces détachées. Dès lors pourquoi ne pas conserver des morts encéphaliques comme réservoirs d’organes à l’instar des banques de gènes, d’embryons ou de sperme ? Pour Laura Bossi, ce nouveau “cannibalisme” n’aurait rien d’illogique. Ce serait un exemple de dérive parmi d’autres, au même titre que le prélèvement à coeur arrêté. Plus largement, les greffes d’organes soulèvent trois grands problèmes : qui sait si la mort encéphalique correspond vraiment à la mort ? Le consentement “présumé” est-il moralement admissible ?  En admettant que la conscience définit la personne, un être humain privé de conscience (parce que plongé dans un état végétatif persistant) ne peut-il pas être considéré lui aussi comme mort ? A ces trois questions fondamentale, Laura Bossi répond non sans hésitation. Mais un retour en arrière est-il encore possible ? Face à l’augmentation vertigineuse des greffes et à celle des demande qui ne peuvent être satisfaites, on peut raisonnablement en douter.

Le voyage des morts – Philosophie magazine n°64

L’auteur : Chercheur en philosophie, passionné de bilogie et de médecine, Baptiste Morizot est l’auteur d’une thèse sur « Hasard et individuation. Penser la rencontre comme invention à la lumière de l’œuvre de Gilbert Simondon »

Résumé : Baptiste Morizot raconte son immersion de plusieurs semaines au service de transplantation d’organes des Hospices civils de Lyon.

Les sujets abordés : La mort non plus comme donnée naturelle mais comme catégorie culturelle que la médecine peut remodeler en fonction des découvertes et des progrès technologiques, le prélèvement d’organe comme transgression

Qu’est-ce que la mort ? Deux professeurs de médecine, Pierre Mollaret et Maurice Goulon, ont défini la mort cérébrale comme un « état dans lequel se surajoute , à l’abolition totale des fonctions de la vie de relation (conscience, mobilité, sensisbilité) une abolition également totale des fonctions de la vie végétative (respiration, circulation sanguine…). En d’autres termes, un mort encéphalique est une personne décédée dont le corps fonctionne par assistance mécanique.

Quels problèmes moraux ? La mort encéphalique est-elle une catégorie arbitraire ? Non c’est une entité nosologique objective. Les fonctions végétatives ne sont maintenues qu’artificiellement et la mort cardiaque est irréversible. Rien à voir donc avec le coma. Les infirmiers chargés d’obtenir le consentement des proches du défunt pour un prélévement d’organe sont-ils des « charognards » ? Oui si on considère que leur fonction consiste à rechercher des donneurs potentiels et qu’ils accomplissent cette tâche à un moment où les proches sont en plein désarroi. Non si on prend en compte qu’ils disent préférer un « beau refus » à un accord non assumé. Où se situe la transgression du don d’organe ? D’abord dans le fait de transformer le corps en objet. Transgressif aussi parce que c’est le plus souvent la famille et non le défunt qui en prend la responsabilité. Transgressif, enfin, dans la mesure où le receveur n’est lui-même pas en mesure de refuser.

La mort expliquée à ma fille – Emmanuelle Huisman-Perrin

L’auteur

Résumé

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Quels problèmes moraux ?

Le meilleur de l’humour noir – Sébastien Bailly

L’auteur : Journaliste et communicant, Sébastien Bailly est auteur d’une dizaine de livre sur l’écriture, le multimedia et l’humour. Il a rédigé 7 ouvrages dans la collection Le meilleur de chez Mille et une nuits.

Résumé : Quand l’infortune et la finitude de la condition humaine nous frappe, le secours de la philosophie semble plus relatif. Reste le choix d’en rire. Si c’est encore possible.

Les sujets abordés :  le malheur, la vieillesse et la mort sous toutes ses formes (par accident, par exécution ou par homicide, par noyade, par le feu, des suites d’un cancer…)

Qu’est-ce que la mort ? Quelle question ! La mort ne trompe pas et se reconnaît assez facilement ainsi que le rappelle judicieusement Groucho Marx :  »Ou cet homme est mort ou ma montre est arrêtée » (Groucho Marx) et Ricet Barrier : « Passé soixante ans, quand on se réveille sans avoir mal quelque part, c’est qu’on est mort ».

Comment l’annoncer ? Pour Claude Frissoni mieux vaut choisir un spécialiste : « Parmi tous les astrologues, taratologues, numérologues et autres machinologues, les cancérologues restent les plus capables de prévoir l’avenir. » Remarquez le problème ne s’est pas toujours posé. Ainsi que le rappelle Georges Wolinski, « Le premier homme qui est mort a dû être drôlement surpris ».

Comment l’accepter ? En regardant les cimetières d’un autre oeil comme Edouard Herriot : « Maintenant que je suis vieux, lorsque je parcours un cimetière, j’ai l’impression de visiter des appartements. » En se consolant comme on peut. Jacques Canut remarque ainsi : « La femme vieillit plus vite que l’homme, mais elle met plus de temps à mourir ». Voltaire observe résigné : « J’approche tout doucement du moment où les philosophes et les imbéciles ont la même destinée » ce que Danton exprime d’une autre façon : « Nous deviendrons tous poète, nous allons tous faire des vers… » et que Pierre Desproges résume à sa manière par : « Mozart était tellement précoce qu’à 35 ans il était déjà mort ». A moins qu’il soit inutile d’essayer de se préparer ! C’est l’avis de Chamfort : « Apprendre à mourir et pourquoi ? On y réussit très bien la première fois. » Mais Guy Bedos relativise cette pseudo-indifférence : « Il faut rire de la mort ! Surtout quand de celle des autres. » Et si toutes ces considérations vous laissent de marbre, il vous sera toujours possible de vous inspirer de la remarques de Jacques Sternberg qui écrivit :  »Etonnnant qu’on ne trouve jamais gravée sur aucune tombe l’épitaphe : ‘Au secours!’ »

Conclusion : l’humour est une façon de relativiser la dramatisation – souvent excessive – qui accompagne l’annonce du décès des grands hommes. Quant à relativiser sa propre mort dans les derniers instants, c’est une autre histoire mais l’expérience a dû être tentée…

Quand cesse-t-on de mourir ? Pour une définition de la mort humaine – Bernard N. Schumacher

L’auteur

Résumé

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

Les mots, la mort, les sorts – Jeanne Favret-Saada

L’auteur

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Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

Comment on meurt – Emile Zola

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Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

La mort d’Olivier Bécaille – Emile Zola

Résumé : Olivier Bécaille semble bien en faire l’expérience : son corps ne lui obéit plus mais sa conscience continue de percevoir, quoique de façon assourdie, les faits et gestes de son entourage. Puis soudain, c’est la panique… Et si on l’enterrait vivant ?

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

Aller plus loin avec : pragmatisme.over-blog.fr

Mort et pouvoir – Louis-Vincent Thomas

L’auteur

Résumé

Les sujets abordes

Qu’est-ce que la mort ?

Comment l’annoncer ?

Comment l’accepter ?

 

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