Le déclin de l’académisme, l’émergence du bon et du mauvais goût

La recherche d’un art en phase avec son époque n’est pas le seul ressort de la modernité. Sans nier les fondements philosophiques d’une démarche qui s’efforce de concilier une fascination romantique pour la nature  (dont la logique est jugée « impeccable ») et un positivisme hérité des Lumières (pour Guimard, « l’art devrait s’appuyer sur la science »), il est difficile de ne pas voir dans la réaction contre l’éclectisme un réflexe de classe dont témoigne le comte Léon de Laborde lorsqu’il s’attaque à ces « fossoyeurs qui, depuis 1789, sont occupés exclusivement à fouiller les tombeaux des générations passées, à les copier aveuglément, servilement, sans choix et comme poussés par un fétichisme fanatique ». Rejetant un art saturé de références historique ostentatoires, toute une avant-garde dénigre l’académisme et invente une notion nouvelle : le « mauvais gout ».  La notion désigne la prétention d’une bourgeoisie à se faire passer pour ce qu’elle n’est pas autant que par son incapacité à maîtriser les codes de la classe à laquelle elle voudrait être assimilée. Las ! L’art nouveau qui voulait faire table rase du passé et des conventions sociales fini par être récupéré par cette bourgeoisie dont il n’a eu de cesse à ses débuts de dénoncer les goûts. Assimiler l’histoire à un passé révolu ne suffit clairement pas à être moderne. 

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