La quête d’un art nouveau par le renouvellement de l’ornementation et la généralisation de l’art

La recherche d’un Art nouveau traverse le XIXe siècle sous la forme d’une contestation sourde du langage classique. Claude Nicolas Ledoux est un des premiers architectes, sinon un des premiers artistes, à créer quelque chose de totalement original pour une civilisation nouvelle. 

A la critique d’un classicisme stérilisant, la mouvance Arts & Crafts, l’Ecossais Charles Rennie Mackintosh et l’Anglais John Ruskin ajoutent un rejet de l’industrialisation. Ce mouvement prône le retour à l’esprit des guildes médiévales et à la vérité des formes. En France, le propos prend moins la forme d’un retour en arrière qu’une aspiration à la nouveauté. Moins poétique et moins fermé aux matériaux nouveaux que Ruskin, Eugène Viollet-le-Duc veut afficher le fer notamment en lui donnant une fonction ornementale et esthétique, à la manière des structures gothiques du Moyen Âge.

Les premières réalisations de l’Art nouveau rompent avec le style classique. Dernier avatar du romantisme, foncièrement anti-historiciste, l’art nouveau se répand dans l’Europe entière et connait son apogée au tournant du siècle avant de décliner et de se poursuivre dans l’oeuvre singulière d’Antoni Gaudi qui conjugue de nombreuses influences comme celles de l’Art mudéjar, l’architecture berbère et du médiévalisme. Affichiste, décorateur et architecte français d’origine suisse, Eugène Grasset s’exclame « Mieux vaut disparaître plutôt que de ne pas inventer ! » Pour apprécier l’ampleur de la nouveauté, on comparera l’arc triomphe de l’exposition de Barcelone à la salle de concert symphonique d’Amsterdam construits en 1888 ainsi que l’hôtel Tassel de Victor Horta à Bruxelles et la gallerie Umberto à Naples construits en 1892 : la différence est éloquente. Le mouvement acquiert très vite une dimension internationale. Des liens très étroits se tissent entre la Vienne d’Otto Wagner et l’Ecosse de Charles Rennie Mackintosh, entre la Bruxelles de Victor Horta et le Paris d’Hector Guimard, entre la Hesse du prince Ernest-Louis et l’Autriche d’Olbrich.

Enfin, par opposition à l’académisme, l’art nouveau redéfinit l’art. Aux yeux des avant-gardistes l’art n’est pas une discipline réservé à une élite mais un état d’esprit qui doit imprégner chaque objet de la vie quotidienne. Décorer l’utile voilà la véritable vocation de l’art ! Il s’agira donc de hisser l’artisanat (celui du meuble et de la joaillerie, notamment) au rang d’art. Comment ? Grâce à l’ornementation qui l’esprit même de l’art. 

Émile Gallé, Daum Frères, Jacques Grüber et bien d’autres, donnent une assise au mouvement en créant l’École de Nancy. Ces créateurs authentiques sont vite rattrapés par le succès d’une mode dont ils sont (involontairement) les inspirateurs, et qui triomphe à l’Exposition universelle de Paris en 1900, notamment dans une bimbeloterie envahissante (dénoncée par Bing et van de Velde) qui ternit pendant longtemps la mémoire de l’Art nouveau. D’élitiste, l’art nouveau est vite assimilé à l’émergence des classes moyennes. 

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