« Comment on meurt » de Zola : extraits

5 tableaux magnifiques des derniers instants 

Soumission

La fierté du comte de Verteuil

 « Dans le monde, la comtesse dit que son mari est souffrant. Elle n’a rien changé de son existence, mange et dort, se promène à ses heures. Chaque matin et chaque soir, elle vient elle-même demander au comte comment il se porte (…) Entre eux, ils se comprennent, ils ont vécu séparé et tiennent à mourir séparés. Le comte a cette jouissance amère de l’égoïste, désireux de s’en aller seul, sans avoir autour de sa couche l’ennui des comédies de la douleur (…) Sa volonté dernière est de disparaître proprement, en homme du monde qui ne veut déranger et ne répugner personne. »

Le soulagement de Jean-Louis Lacour 

 « Il a travaillé soixante ans, il peut bien s’en aller maintenant, puisqu’il n’est plus bon à rien qu’à tenir de la place et à gêner les enfants. Est-ce qu’on hésite à abattre les arbres qui craquent ? Les enfants eux-mêmes n’ont pas une grosse douleur. La terre les a résignés à ces choses. (…) Oui le vieux est mort, sans remuer un membre. Il a soufflé son dernier souffle droit devant lui, une haleine de plus dans la vaste plaine. Comme les bêtes qui se cachent et se résignent, il n’a pas dérangé les voisins, il a fait sa petite affaire tout seul, en regrettant peut-être de donner à ses enfants l’embarras de son corps. »

Douleur

L’amertume de madame Guérard

« Une sincère affection paraît dans leurs moindres soins. Mais forcément, ils apportent avec eux les insouciances du dehors, l’odeur du cigare qu’ils ont fumé, la préoccupation des nouvelles qui courent la ville. Et l’égoïsme de la malade souffre de ne pas être tout pour ses enfants, à son heure dernière. Puis, lorsqu’elle s’affaiblit, ses méfiances mettent une gêne croissante entre les jeunes gens et elle. S’ils ne songeaient pas à la fortune dont ils vont hériter, elle leur donnerait la pensée de cet argent par la manière dont elle le défend jusqu’au dernier souffle. »

Les regrets de Mme Rousseau

« Longtemps, elle s’abuse sur son véritable état (…) Puis, tout d’un coup, un matin, elle devient grave. Dans la nuit, toute seule, les yeux ouverts, elle a compris qu’elle allait mourir. Elle ne dit rien jusqu’au soir, réfléchit, les regards au plafond (…) Il faut que son mari aille le lendemain chercher le notaire (…) Quand le testament est fait, elle s’allonge, en murmurant : « Maintenant, je mourrai contente… J’avais bien gagné d’aller à la campagne. Je ne peux pas dire que je ne regrette pas la campagne. Mais tu iras toi… »

La douleur des parents Morisseau

 « « Ah ! Mon Dieu ! Il est mort… Dis donc, Morriseau, il est mort ! » Le père lève la tête, aveuglé par les ténèbres « eh bien ! que veux-tu ? Il est mort… Ca vaut mieux. » »

L’intégralité de « Comment on meurt » est accessible Ici

> La fin de l’au-delà selon Zola