L’individu et la société contemporaine selon Michel Houellebecq

Pour Michel Houllebecq tout est foutu. Il faut dire que c’était mal parti. A la base, la nature humaine est d’une répugnante saloperie et le progrès n’a rien arrangé. De l’état de sauvage (ayant au moins le sens de la fête), l’homme s’est transformé en prédateur pour son prochain. L’apparition de l’idée de bonheur et le développement de la société de consommation ont fait émerger un sentiment de frustration sans fin. La libéralisation des moeurs a fini de tout dissoudre, laissant l’homme seul face à lui même et à la mort.

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>> L’individu

  • La nature humaine, la nature des hommes et des femmes

Si l’homme rit, s’il est le seul, parmi le règne animal, à exhiber cette atroce déformation faciale, c’est également qu’il est le seul, dépassant l’égoïsme de la nature animale, à avoir dépassé le stade infernal et suprême de la cruauté – MH (La possibilité d’une île)

La lecture du livre d’Arthuro Pérez-Reverte, le Peintre de batailles, m’a passionné parce qu’il posait la question de savoir pourquoi l’homme pouvait être si cruel – chez les animaux, les conflits débouchent plus rarement sur le meurtre, et la torture y est inconnue (à l’exception, peut-être, de certains singes). C’est que l’homme est intelligent conclut Pérez-Reverte et qu’il y a un grand rapport entre l’intelligence et le mal. – MH (Artpress)

Prise dans son ensemble, la nature humaine n’était rien d’autre qu’une répugnante saloperie – MH (Les particules élémentaires)

La première réaction d’un animal frustré est généralement d’essayer avec plus de force d’atteindre son but. Par exemple une poule affamée (Gallus domesticus), empêchée d’obtenir sa nourriture par une clôture en fil de fer, tentera avec des efforts de plus en plus frénétiques de passer au travers de cette clôture. Peu à peu, cependant, ce comportement sera remplacé par un autre apparemment sans objet. Ainsi les pigeons (Columba livia) becquettent frénétiquement le sol lorsqu’ils ne peuvent obtenir la nourriture convoitée (…) peu après avoir passé l’âge de trente ans, Bruno commença a écrire – MH (Les particules)

Il est possible qu’à des époques anciennes ou les ours étaient nombreux, la virilité ait pu jouer un rôle spécifique et irremplaçable; mais depuis quelques siècles, les hommes ne servaient a peu près plus à rien. Ils trompaient leur ennui en faisant des parties de tennis, ce qui était un moindre mal; mais parfois aussi ils estimaient utile de faire avancer l’histoire, c’est-à-dire essentiellement de provoquer des révolutions et des guerres (…) un monde composé de femmes serait à tous points de vue infiniment supérieur; il évoluerait plus lentement, mais avec régularité, sans retours en arrière et sans remise en cause néfaste, vers un état de bonheur commun – MH (Les particules élémentaires)

Les hommes sont incapables d’éprouver de l’amour, c’est un sentiment qui leur est totalement étranger. Ce qu’ils connaissent c’est le désir, le désir sexuel a l’état brut et la compétition entre mâles – MH (Les particules)

Les femmes décident de tout. Elles décident du début d’une relation, elles décident de sa fin, elles décident d’avoir un enfant ou non. L’homme est étrangement inerte. – MH (La Revue des Deux mondes)

  • Illusion du bonheur

Le bonheur est une idée neuve en Europe », d’accord; mais est-ce une bonne idée ? – MH (Le magazine des livres n19)

Le bonheur aurait du venir, le bonheur des enfants sages, garanti par le respect des petites procédures, par la sécurité qui en découlait, par l’absence de douleur et de risque ; mais le bonheur n’était pas venu  et l’équanimité avait conduit à la torpeur – MH (La possibilité d’une île)

Je n’ai jamais eu, à proprement parler, cette idée d’un progrès, d’un avenir meilleur. – MH (Le magazine des livres n19)

J’ai été au-delà de tout fasciné par cette phrase , si mystérieuse dans son extrême généralité ; d’Auguste Comte : « Le progrès n’est que le développement de l’ordre » – MH (Ennemis publics)

Nous devons atteindre en un mot à la liberté d’indifférence, condition de la possibilité de la sérénité parfaite – MH ‘(La possibilité d’une île)

Si l’on souhaite se doter d’un devoir pratique, on doit faire en sorte que le bonheur d’un autre être dépende de votre existence; on peut par exemple essayer d’élever un enfant jeune, ou à défaut acheter un caniche. – MH (Artpress)

  •  Profondeur du désespoir

« Désespoir » a une connotation un peu trop négative. « Absence d’espoir » est plus neutre. – MH (Le magazine des livres n19)

Tout le monde finira dépressif à partir d’un certain âge. Il n’y a strictement rien à faire parce que le niveau d’exigence va continuer d’augmenter mais pas les capacités de réalisation – MH

Les hommes qui vieillissent dans le solitude sont beaucoup moins à plaindre que les femmes dans la même situation. Ils boivent du mauvais vin, ils s’endorment et leurs dents puent; puis ils s’éveillent et recommencent; ils meurent assez vite. Les femmes prennent des calmants, font du yoga, vont voir des psychologues; elles vivent très vieilles et souffrent beaucoup (…) Pourtant elles continuent car elles ne parviennent pas a renoncer à être aimées – MH (Les particules)

Ćest pénible, à la finl d’être considérée comme du bétail interchangeable – MH (Les particules)

On peut envisager les événements de la vie avec humour pendant des années (.. .) mais en définitive la vie vous brise le cœur – MH (Les particules)

Quand je vois, sur des documents d’époque, ces jeunes gens (…) danser le twist, quand je considère leur énergie, leur joie de vivre, je comprends que ce n’est pas seulement moi qui suis dépressionniste, c’est l’époque entière qui l’est – MH (Ennemis publics)

Que la France (et pas seulement elle, l’Europe occidentale, toute entière) ait combré dans la dépression après les Trente glorieuses, cela me parait absolument normal. L’optimisme était trop général, la croyance au progrès trop franche et trop naïve, les espérances trop partagées – MH (Ennemis publics)

Lorsqu’un pays est fort, et sûr de lui-même, il accepte sans broncher de la part de ses écrivains n’importe quelle dose de pessimisme. La France des années 50 supportait sans broncher des gens comme Camus, Sartre, Ionesco ou Beckett. La France des années 2000 a déjà du mal à supporter des gens comme loi – MH (Ennemis publics)

J’ai senti, en revenant en Europe occidentale [de Russie], que je revenais chez les morts – MH (Ennemis publics)

Houellebecq n’est pas déprimé. C’est le monde qui est déprimant – La femme de houellebecq

La tendresse est antérieure à la séduction, c’est pourquoi il est si difficile de désespérer. – MH (Plateforme)

Quand on enlève tout à quelqu’un, est-ce qu’il existe encore ? Avec son optimisme bizarre, Descartes répondrait sans hésiter oui. Je ne pense pas tout à fait la même chose : être, c’est être en relations. Je ne crois pas à l’individu libre, seul (…) La première conséquence de cette abolition (du cogito cartésien) est une espèce de dépréciation du vouloir. Si je ne suis pas, je veux moins. On cite souvent Rester vivant ou Approche du désarroi, qui exposent une certaine déperdition du vouloir chez nos contemporains, une espèce d’éparpillement. Une personne n’est plus en état d’avoir un vouloir organisé, constant, poursuivant un but. Elle se laisse conduite par les circonstances, et c’est pour ça que mes personnages en général réagissent peu (…) Jusqu’à un certain âge, le côté papillonnant, la variété peut distraire. Puis la fatigue intervient, la diminution des possibilités de vie aussi – MH ( Revue des Deux mondes)

  • Impasse du narcissisme et de l’individualisme

(…) les gens ne cherchent même pas le plaisir sexuel mais plutôt la gratification narcissique; la reconnaissance de leur valeur érotique par le désir d’autrui. – MH (20 ans)

Le but majoritaire de la quête sexuelle n’est pas le plaisir, mais la gratification narcissique (…) Le but recherché n’est pas, contrairement au cas des produits alimentaires, le plaisir : c’est l’ivresse narcissique de la conquête. Non seulement le consommateur porno n’éprouve pas cette ivresse mais il éprouve souvent un sentiment opposé. – MH (Artpress)

Le but majoritaire de la quête sexuelle n’est pas le plaisir, mais la gratification narcissique (…) l’ivresse narcissique de la conquête – MH (Artpress)

Depuis toujours,l’homme essaie de s’oublier dans les cas extrêmes, par l’expérience mystique ou le projet politique (…) Tout ça est devenu plus difficile (…) On a de moins en moins la possibilité de s’oublier, alors, forcément, on est malheureux. – MH (20 ans)

« L’enfant, en général, est intelligent, ouvert, il s’intéresse au monde : à la biologie, à la morale, à la civilisation aztèque… Il est le plus souvent heureux. A partir de la puberté, il ne s’intéresse plus qu’à une seule chose : son pouvoir de séduction. » – MH (20 ans)

C’est dans le rapport à autrui qu’on prend conscience de soi; c’est bien ce qui rend le rapport à autrui insupportable – MH (Plateforme)

  • Sauvé par l’amour

Que l’amour inconditionnel soit la condition de la possibilité du bonheur, cela les humains le savaient déjà, du moins les plus avancés d’entre-eux – MH (La possibilité d’une île)

L’amour offre une voie de passage directe enre chair et âme, court-circuitant l’intelligence et le monde des représentations. Sa jouant avec aisance (avec la souveraine aisance des phénomènes naturels) de toute tentative d’explication – MH (La possibilité d’une île)

Société

  • L’histoire

Tout se qui se bâtit de grand dans le monde se bâtit au départ sur un meurtre – MH (Les particules)

  • Société d’ancien régime

Dans la monarchie, les papes surveillent les rois, les rois surveillent l’aristocratie, l’aristocratie surveille la bourgeoisie, la bourgeoisie surveille le peuple et les prélats , qui se divisent en prélats aristocratiques et prélats du peuple; chacun fait son travail : ça c’est une sphère harmonieuse (…) 1870 c’est la première guerre « débile » (…) Sous la monarchie, pendant les guerres, il y vaiat certes des viols et autres atrocités de guerre, mais tout était limité. – MH (La revue des Deux mondes)

  • Révolution sexuelle

Libération de ma queue ! Gronda l’ancêtre.  Y a toujours eu des nanas qui faisaient tapisserie dans les partouzes. Y a toujours eu des mecs qui se secouaient la nouille. Y a rien de changė, mon bonhomme (…) – En somme, interjeta Bruno, pensif, il n’y a jamais eu de communisme sexuel, mais simplement un système de séduction élargi – MH (Les particules)

  • siècle pompeux

Le XXe siècle ? Un siècle nul, qui n’a rien inventé? Avec cela, pompeuxà l’extrême. Aimant à poser avec gravité des questions les plus sottes du genre : « Peut-on écrire de la poésite après Auschwitz ? »; continuant jusqu’à son dernier souffle à se projeter dans des horizons indépassables5…) – MH (Sortir du XXe siècle)

  • Génération d’après-guerre

Voici les idées de cette génération qui avait connu dans son enfance les privations de l’après-guerre, qui avait eu vingt ans à la Libération (…) La femme reste à la maison et tient son ménage (mais elle est très aidée par les appareils électroménagers; elle a beaucoup de temps à consacrer à sa famille). L’homme travaille à l’extérieur (mais la robotisation fait qu’il travaille moins longtemps, et que son travail est moins dur). Les couples sont fidèles et heureux; ils vivent dans des maisons agréables en dehors des villes (les banlieues). Pendant leurs moments de loisir ils s’adonnent à l’artisanat, au jardinage, aux beaux-arts. A moins qu’ils ne préfèrent voyager, découvrir les modes de vie et les cultures d’autres régions, d’autres pays. – MH (Plateforme)

  • L’accès à la sexualité au coeur de la lutte

Tout comme le libéralisme économique sans frein, et pour des raisons analogues, le libéralisme sexuel produit des phénomènes de paupérisation absolue. Certains font l’amour tous les jours; d’autres cinq ou six fois dans la vie, ou jamais (…) – MH

La sexualité est un système de hiérarchie sociale – MH (Extension)

Le couple et la famille constituaient le dernier ilot de communisme primitif au sein de la société libérale. La libération sexuelle eut pour effet la destruction de ces communautés intermédiaires, les dernières à séparer l’individu du marché 5 – MH (Plateforme)

Comme l’indiquait le beau mor de ménage, le couple et la famille représentaient le dernier îlot de communisme primitif au sein de la société libérale. La libération sexuelle eut pour effet la destruction de ces communautés intermédiaires, les dernières a séparer l’individu du marché. Ce processus de destruction se poursuit de nos jours – MH (Les particules)

La libération sexuelle a détruit la coprésence de l’amour et de la sexualité – MH (Plateforme)

Lutter pour le sexe a toujours été très âpre mais dans les sociétés antérieures, ça se passait vite, disons entre 15 et 20 ans. Ensuite les gens se mariaient et passaient à autre chose. Ils étaient fidèles, en gros, sauf dans les classes élevées de la société qui connaissaient le libertinage. Aujourd’hui la lutte pour être désirable s’étend à toutes les classes de la société, à tous les âges de la vie. C’est une lutte épuisante. – MH (20 ans)

Dans deux ans tout au plus, son fils essaierait de sortir avec des filles de son âge; ces filles de quinze ans, Bruno les désirait lui aussi. Ils approchaient de l’état de rivalité, état naturel des hommes. Ils étaient comme des animaux se battant dans la même cage, qui était le temps – MH (Les particules)

  • Généralisation des valeurs de la consommation et culture normative

Il n’y a plus de vie normale. Tout a été pulvérisé par l’injection de valeurs « mode », compétitives, branchées, médiatiques, publicitaires, etc. – MH

Accepter l’idéologie du changement continuel c’est accepter que la vie d’un homme soit strictement réduite à son existence individuelle et que les générations passées et futures n’aient plus  aucune importance a ses yeux – MH (Les particules)

[Le héros] serait plus heureux s’il ne se rendait pas compte que l’informatique [son métier] n’a aucun intérêt (…) Plus généralement, il vaut mieux adhérer avec enthousiasme à tout ce qu’on vous propose comme modes et comportements nouveaux (…) Cette pauvreté intérieure est [une] chance. Cela dit, [ces gens-là] sont quand même perdus, puisque la société environnante valorise avant tout la jeunesse; ils deviennent de vieux suiveurs ridicules des modes successives et n’échappent pas plus que les autres à la dépression inéluctable. – MH (20 ans)

En fin de compte, le groupe gagne toujours. Dans nos sociétés occidentales, un individu peut parfaitement se mettre à l’écart du groupe, pour quelques années, et tenter un galop relativement libre. Mais tôt ou tard le meute se réveille , se met en chasse et finit par le rattraper – MH (Ennemis publics)

Elle tenait depuis l’âge de quinze ans à gagner elle-même son argent de poche, à s’acheter elle-même ses disques et ses fringues, dût-elle pour cela se livrer à des tâches aussi fastidieuses que distribuer des prospectus et livrer des pizzas – MH (Plateforme)

D’un côté tu as plusieurs centaines de millions d’Occidentaux qui ont tout ce qu’ils veulent, sauf qu’ils n’arrivent plus à trouver de satisfaction sexuelle (…) De l’autre côté tu as plusieurs milliards d’individus (…) qui n’ont plus rien à vendre que leur corps, et leur sexualité intacte. C’est simple, vraiment simple à comprendre : c’est une situation d’échange idéale.

Je ne crois pas que l’être humain – pas plus q’un autre animal ) soit fait pour vivre dans un monde constamment variable (…) L’idée de changement permanent rend la vie impossible – MH (La Revue des Deux mondes)

  • Délitement généralisé des relations humaines

Séduire une femme qu’on ne connait pas, baiser avec elle, c’est surtout devenu une source de vexations et de problèmes. Quand on considère les conversations fastidieuses qu’il faut subir pour amener une nana dans son lit, et que la fille s’avèrera dans la plupart des cas une amenante décevante, qui vous fera chier avec ses problèmes, vous parlera de ses anciens mecs – en vous donnant, au passage – l’impression de ne pas être tout à fait à la hauteur – et qu’il faudra impérativement passer avec elle, au moins le reste de la nuit, on conçoit que les hommes puissent préférer beaucoup de soucis en payant une petite somme – MH (Plateforme)

Dans les milieux culturels que je fréquentais, c’était carrément la catastrophe. Ces filles ne s’intéressaient pas du tout au sexe, mais uniquement à la séduction – et encore il s’agissait d’une séduction élitiste, crash, décalée, pas du tout érotique en fait (…) Elles aimaient parler de sexe, d’est certain, c’était même leur seul sujet de conversation (…) C’est une tendance française, de toute façon de parler de sexe à chaque occasion, sans rien faire – MH (Plafetforme)

[Le héros] est très laid, il n’a pas tellement de charme non plus, bref il ne plait à aucune femme. Or il veut absolument en trouver une, ce qui aggrave les choses : il se cherche avec trop d’âpreté, ça se voit, les femmes n’aiment pas ça (…) Il s’est lassé devoir séduire. Il lui reste un vague désir sexuel, mais pas assez fort pour le pousser à draguer. Il préfère se masturber, c’est finalement plus simple. – MH – (20 ans – Les nouveaux pauvres du libéralisme sexuel)

Comment un projet aussi intrinsèquement vide que celui de passer un moment ensemble aurait-il pu, entre deux hommes, déboucher sur autre chose que sur l’ennui, la gêne, et au bout du compte l’hostilité franche ? – MH (La possibilité d’une île)

Le primitif a un sens de la fête très développé (…) A l’opposé, l’Occidental moyen n’aboutit qu’à une extase insuffisante qu’à l’issue de raves interminable d’où il ressort sourd et drogué : il n’a pas du tout le sens de la fête. Profondément conscient de lui-même, radicalement étranger aux autres, terrorisé par l’idée de la mort, il est bien incapable d’accéder à une quelconque exaltation.  (20 ans)

(…) beaucoup plus tard, dans le cadre du mariage, [les hommes] pouvaient autrefois en arriver a éprouver une certaine reconnaissance pour leur compagne – quand elle leur avait donné des enfants qu’elle tenait bien leur ménage, qu’elle se montrait bonne cuisinière et bonne amante; ils éprouvaient alors du plaisir à coucher dans le même lit. Ce n’était peut-être pas ce que les femmes désiraient, il y avait peut-être un malentendu., mais c’était un sentiment qui poiuvait être très fort – MH (Les particules)

Comme le couple aujourd’hui est si éphémère et la famille si fragile, l’individu reste seul face au marché. MH – Houellebecq – Fernando Arrabal

Pour ma part, c’est toujours avec une certaine appréhension que j’envisage le premier contact avec un nouveau client ; il y a là différents être humains, organisés dans une structure donnée, à la fréquentation desquels il va falloir s’habituer ; pénibles perspectives. MH – Extension

Séduire une femme qu’on ne connait pas, baiser avec elle, c’est surtout devenu une source de vexation et de problèmes – MH (Plateforme)

Les relations humaines deviennent quasiment impossibles, ce qui réduit d’autant la quantité d’anecdotes dont se compose une vie. Et peu à peu le visage de la mort apparait dans toute sa splendeur – MH (Extension)

Je n’avais ni partenaire régulier, ni véritablement d’ami intime ; dans ces conditions, comment se souvenir ? Les journées passent et c’est tout – MH (Plateforme)

Bien entendu, l’expérience m’a appris que je ne suis appelé qu’à rencontrer des gens sinon exactement identiques, du moins tout à fait similaires dans leurs coutumes, leurs opinions, leurs goûts, leur manière générale d’aborder la vie. MH – Extension

  • La mort (de Dieu, des hommes…)

Les tentatives de constitution d’un mythe républicain (comme à Cuba), c’est toujours très triste. Ca ne marche pas. (…) Les mariages non religieux sont souvent décevants. (…) Il manque du rituel, la constitution d’un rituel d’accompagnement des événements de la vie. Les rites non religieux sont mortifières – MH

Pour l’Occidental contemporain, même lorsqu’il est bien portant, la pensée de la mort constitue une sorte de bruit de fond qui vient remplir son cerveau dès que les projets et les désirs s’estompent. – MH (La possibilité d’une île)

Peu à peu, tout devient trop difficile; c’est à cela que se résume la vie – MH (Plateforme)

L’absence d’envie de vivre, hélas, ne suffit pas pour avoir envie de mourir – MH (Plateforme)

Je ne crois pas à cette théorie selon laquelle on devient réellement adulte à l amont de ses parents; on ne devient jamais réellement adulte – MH (Plateforme)

  • La religion

J’ai lu l’ayatollah Khomeyni, c’est intéressant. On aimerait avoir en France des gens d’une aussi grande rigueur, qui souligneraient que l’islam parle peu des questions métaphysiques, beaucoup plus des mœurs et de l’organisation sociale. C’est cette modestie métaphysique qui lui a permis de traverser sans problème les révolutions scientifiques successives, alors que le catholicisme se fracassait sur Galilée, puis sur Darwin. MH – (Figaro Magazine)

  • Masculinisation des valeurs

Le féminisme a mal tourné. La femme s’est adpatée aux valeurs masculines (violence, affirmation de soi, méchanceté). Il aurait tellement mieux valu que l’homme se féminise. – MH (20 ans)

  • Société de l’information

J’étais parfaitement adapté à l’âgée l’information, c’est-à-dire à rien (…) Nous vivions dans un monde composé d’objets dont la fabrication, les conditions de possibilité, le mode d’être nous étaient absolument étrangers. – MH (Plateforme)

Il faut bien se rendre compte que les objets manufacturés du monde – béton armé, lampes électriques, rames de métro, mouchoirs – sont actuellement conçus par une petite classe d’ingénieurs et de techniciens capables d’imaginer et de mettre en oeuvre les appareillages appropriés;, eux-seuls sont réellement productifs. Les autres membres actifs de la population – commerciaux, publicitaires, employés de bureau, cadres administratifs, stylistes – ont une utilité sociale beaucoup moins évidente; ils pourraient disparaitre sans que le processus productif en soit réellement affecté. – MH (Artpress)

  • Bêtise des sociologue

Le ridicule global dans lequel avaient subitement sombre, après des décennies de surestimation insensée, les travaux de Foucault, de Lacan, de Derrida et de Deleuze ne devait sur le moment laisser le champ libre a aucune pensée philosophique neuve, mais au contraire jeter le discrédit sur l’esnsemble des intellectuels se réclamant des « sciences humaines » – MH (Les averti îles)

Elle s’inscrivit en maîtrise de sociologie (…) Le domaine était intéressant, il devait y avoir des découvertes à faire; mais les méthodes de travail proposées, les théories avancées lui paraissaient d’un simplisme ridicule; tout cela puait l’idéologie, l’imprécision et l’amateurisme. MH – (Plateforme)

C’est vrai que certains sentiments convenus m’exaspèrent (…) Cet optimisme crétin des sociologues : les gens divorcent, perdent leur emploi, ce n’est pas grave : il s’adaptent, ils inventent de nouvelles familles « plus ouvertes et plus fluides ». L’amour disparait mais l’amitié tient le coup, c’est une « nouvelle valeur ». Bref, un tas de conneries. Les gens ne s’adpatent pas, n’inventent iren, ils se contentent de supporter la catastrophe, l’effondrement généralisé des relations humaines ». – MH (20 ans)

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