La fin de la nuit d’horreur selon Kubrick

Qui a dit que l’horreur était inséparable de l’obscurité ?

Avec Shining, Kubrick prend le pari de faire peur en allumant la lumière.

S’interdire de recourir à l’obscurité dans un film d’horreur : le pari est risqué. Depuis « Le manoir du Diable  » de Méliès, « Le cabinet du docteur Caligari » de Robert Wienes et « Nosferatu » de Murnau, la nuit est une composante naturelle des films d’horreur. Un site spécialisé, http://www.horreur.net/, recense ainsi une centaine de films titrant sur « la nuit » (ou « les nuits ») et autant comprenant le mot « dark ». Des films classiques comme « La nuit des morts vivants », « Haloween, la nuit des masques » ou « Darkness » mais aussi des films plus secondaires comme « La nuit de la mort », « Les griffes de la nuit », « Freddy sort la nuit »… A lui seul, le titre « Shining » marque donc clairement une rupture et sonne comme un manifeste. Le film ne se contente pas d’ignorer la nuit. L’action se déroule dans un hôtel « sur-éclairé » et des extérieurs lumineux.  Le pari est risqué mais, de l’avis général, il est réussi. Vingt ans après sa première sortie sur les écrans, Shining parvient encore à surprendre et effrayer les nouvelles générations (1). Victime collatérale de ce succès, la nuit, cette vieille ficelle des films d’épouvante qui consiste à réveiller la peur du noir, se trouve tout d’un coup ringardisée par le talent de Kubrick mais aussi, sinon surtout, par un recours devenu à la longue un peu trop systématique.

(1) lire à ce sujet le forum d’allociné consacré au film

A voir

– la bande annonce : http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=18782021&cfilm=863.html

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