La fin de la guerre héroïque selon Junger et Dix

Après avoir légitimé la classe dominante dans les sociétés traditionnelles, la guerre devient le mal par excellence. Le changement s’opère par étapes successives. D’abord la peinture montre des morts et des mourrants. Les visages expriment la souffrance. Les corps, la déchéance. Ce que la guerre gagne en réalisme, elle le perd inévitablement en noblesse. Mais l’idéal demeure : celui de la liberté. La liberté incarnée par le fusillé du Très ou encore celle quidant le peuple. Il faut attendre la guerre de 14 pour que l’horreur du conflit recouvre toute autre considération. La guerre est alors représentée dans toute sa crudité. Ne reste qu’une immense boucherie, un sentiment d’horreur et d’absurdité.

Après avoir vécu toute la guerre sur les champs de bataille, Junger entreprend la rédaction d’un récit autobiographique basé sur les nombreux carnets qu’il a tenu durant les combats. Il en tire un ouvrage, Orage d’acier, qui raconte le quotidien, les tranchées, la violence, du point de vue d’un soldat allemand engagé volontaire. Publié en 1920, le livre fait bientôt référence.

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