Pierre Chaunu : citations

 

  • Sur l’idée de bonheur

Le progrès ouvre, dans la pratique, plus ici (France, beaucoup moins là (Allemagne, Nouvelle Angleterre), une apparence d’alternative terrestre à l’eschatologie chrétienne. (La civilisation de l’Europe classique)

  • Sur la connaissance

La « Critique de la raison pure » paraît en 1781 (…) Il est peu de dates aussi importantes dans l’histoire de la pensée. Le criticisme kantien renferme l’aveu d’impuissance de la raison. Elle ne peut tout expliquer dans la mesure où l’esprit humain ne pourra plus, désormais, réunir la totalité de la moisson qu’il a récolté. Prométhée est puni (…) Les sciences se détachent, les lettres se constituent en secteur autonome, l’histoire, aussi (…)  (La civilisation de l’Europe classique)

La connaissance va de ratures en ratures (L’instant éclaté)

  •  sur la modernité

Il est incontestable qu’un des éléments de la modernité réside dans le progrès du self-control, de ce contrôle de soi, et une moindre indulgence pour la pulsion violente. (La civilisation de l’Europe classique)

  • Sur le rôle de la démographie

Je crois toujours à l’importance du nombre des hommes. Je vois aujourd’hui le monde fonctionner comme un gros ordinateur. Tout dépend donc de l’information et de sa circulation. Notre véritable richesse est là. Il faut donc des cerveaux qui communiquent entre eux. (L’instant éclaté)

La vraie mutation de l’histoire quantitative a été finalement la démographie historique, car on a pu compter, et la première chose à faire est quand même de compter les hommes. C’est un noeud historique  (L’instant éclaté)

Les historiens ont jusqu’ici laissé échapper la corrélation, à mon sens essentielle, celle qui lie ces modifications [le décollage économique de l’Europe] à l’instauration d’un nouveau rapport de l’homme au sol et à lui-même : le monde plein et le retard de l’âge des femmes au mariage. Tout le reste – alphabétisation, Etat, capitalisme, techniques de navigation après celles de la route terrestre… – est conséquence  (Histoire, science sociale)

  • Sur le rôle de l’économie

Sans majorer les facteurs économiques, ils existent et c’est peut être même dans les sociétés moins industrielles que la nôtre que les contraintes matérielles jouent davantage. Je pense que les facteurs matériels pèsent d’autant moins lourd que le système dont il est question est plus sophistiqué, qu’il intègre davantage de cortex (L’instant éclaté)

  • Sur le rôle de la géographie

L’Italie est un espace géographiquement muré sur terre qui ne peut croître que par la mer (Histoire, science sociale)

  • Sur la subjectivité

Je pense qu’il y a une subjectivité qui est tolérable : celle qui est avouée. (L’instant éclaté)

  • Sur la nouveauté du judaïsme

Ce qui est capital, c’est que Dieu n’est pas localisable et ne se présente jamais que comme une voix (…) alors que toutes les autres religions sont fondées sur une hiérophanie (…) Les Grecs détestent le temp; le temps conduit à la mort, le temps use (…) Les Hébreux ont déplacé le fait religieux de l’espace dans leur temps à eux (…) les Hébreux apportent le temps : ainsi naît « l’éternité de l’instant » (L’instant éclaté)

  • Sur le sens de l’histoire

L’avenir n’est jamais intégralement contenu dans le passé. Le passé est, par ailleurs, ecombré de tous les possibles non réalisés (…) Il y a quand même quelque chose qui se construit (…) L’univers va vers des systèmes de plus en plus complexes  (L’instant éclaté)

  • Sur le devoir de réserve

Je ne l’ai pas beaucoup respecté, c’est vrai, je me suis toujours assis dessus  (L’instant éclaté)

 

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