J.-G. Ballard, P. Cormary, J. Barnes, E. Nauleau et M. Onfray jugent l’oeuvre de Houellebecq

> Pour

  • J.-G. Ballard

« La plupart des romans d’écrivains anglais, aujourd’hui, ont pour sujet les relations « – A n’aime plus B, B aime C, mais C ne s’aime plus elle même. Puis A rencontre C… » Je n’ai qu’une chose à dire : au secours ! Houellebecq vient à la rescousse avec son grand roman (…) Les particules embrasse de grands sujets, les plus grands que nous ayons à affronter aujourd’hui. La science et la société, la stérilité du sexe occasionnel, de « divertissement », la vacuité de la plupart des vies dans une société postindustrielle, etc. C’est ce genre de questions que les romanciers devraient aborder. »

  • P. Cormary

« Houllebecq, c’est le type qui a toutes les tares de son époque mais qui ne s’en félicite pas (…) Houellebecq est ce qu’il est mais pense et écrit contre ce qu’il est (…) C’est que nous n’aimons pas tellement la vie (…) Aimer la vie en soi, ce n’est pas jouir d’un bel opéra ou d’un bon repas, c’est se réjouir pour de bon de la naissance d’un enfant, de la vie de famille, de l’amour du travail, du respect de la patrie. C’est aussi mettre la responsabilité au dessus de tout, comme ces « connards humanitaires protestants » de Plateforme (…) Avoir un sentiment humain, qui peut être autant altruiste que raciste, amoureux que bestial, légitime qu’injuste, voilà ce contre quoi s’élève notre monde post-moderne qui ne rêve que d’idées généreuses et de sentiments justes – alors que ce sont les idées qui doivent être justes et les sentiments qui doivent être généreux. (…) Pourquoi Houellebecq est-il si honni ? Parce qu’il est le seul humain qui nous reste, le dernier humain qui ose l’être, avec sa grandeur et sa médiocrité, sagénérosité et ses bassesses, sa chairt et son péché – deux concepts insupportables au siècle. » (Le magazine des livres n19)

> Ni vraiment Pour, ni franchement Contre

  • J. Barnes

« L’écriture  des particules est pornographique et sentimentale au sens où rien ne va jamais mal dans l’acte sexuel : on obtient toujours une félicité généreuse, personne ne dit jamais « non » ou « arrête » ou même « attends », et vous avez juste à faire un signe à une serveuse dont la peau nest pas blanche sur la terrasse de l’hôtel pour qu’elle entre dans votre chambre, révèle rapidement qu’elle n’a pas de soutien gorge et se glisse dans une partie à trois. Houellebecq perce tout à jour sauf le sexe marchand qu’il décrit comme quelqu’un qui croit chaque mot et chaque image d’une brochure de vacances. En quoi l’amour diffère-t-il du sexe tarifé ? Heureusement en pas grand chose. Valérie, même si elle parait au début assez ringarde et intimidée, s’avère posséder une poitrine magnifique; elle est aussi bonne au lit qu’une prostitutée thaïe, et elle ne se contente pas de s’accommoder des parties à trois – elle les provoque. Elle est par nature dociel (…) Ils ne font rien des vieux trucs : comme parler des sentiments ou penser à eux. »

« En tant qu’écolier des années soixante, je trouvais que les mots liminaires transgresifs de Meursault – « Aujourd’hui, maman est morte. Ou peut être hier, je ne sais pas » – sonnaient comme une claque. Aujourd’hui vous devez tapper plus fort. « Devant le cercueil du vieillard des pensées déplaisantes me sont venues. Il avait profité de la vie, le vieux salaud; il s’était démerdé comme un chef. « T’as fourré ta grosse bite dans la chatte à ma mère. » Enfin j’étais un peu tendu, c’est certain; ce n’est pas tous les jours qu’on a des morts dans sa famille » (…) Camus, qui a débuté en créant avec Meursault l’un des personnages les plus détachés de la fiction d’après guerre, a fini par écrire Le premier homme, où des vies ordinaires sont dépeintes avec une empathie et un sens de l’observation immenses.La vision de Houellebecq ferait bien de suivre le même itinéraire. »

> Contre

  • E. Nauleau

« Michel Houellebecq n’est pas un écrivain à style mais un écrivain à thèmes. Idéal pour les diners en ville ou les conversations de bistro où se pratique notre sport national : parler d’un livre sans l’avoir lu. » (Au secours, Houellebecq revient !)

  • Jean-François Patricola

« Vu du café du commerce, Houllebecq a peut être raison » (Houellebecq ou la provocation permanente)

  • M. Onfray

« Globalement, depuis Extension du domaine de la lutte, Michel Houellebecq, l’auteur qu’on dit culte illustre un nouveau genre : le roman de la petite santé (….) Houellebecq jouit minutieusement des passions tristes. Que sont ces passions tristes ? La haine, moteur essentiel du romancier. Haine de soi d’abord et, bien vite, haine de tout le reste : haine des autres, des femmes, du monde, du plaisir, de la joie, de la vie, de l’existence, haine du corps (…) Certes, Houellebecq recourt à la fiction. Dès lors Madame Bovary ce n’est pas lui. On connait la chanson (…) Notre homme pourrait sans problème adhérer au Front national (…) » (Lire no 338)

Sur Houellebecq

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