L’écriture selon Michel Houellebecq : citations

> Sur l’écriture

  • Trouver un équilibre entre style (trop) présent et un style (trop) neutre

Tout le monde a un style. Eventuellement mauvais. Il y a une confusion entre style et monomanie verbale (…) Finalement le débat est très pauvre sur ces questions. – MH (Le magasine des livres n19)

Les Français aiment les styles voyants. Les Américains vont trop loin dans l’autre sens – MH (Le magasine des livres n27)

L’excès de style me dégoûte un peu, comme des nourritures trop riches – MH (Le magasine des livres n27)

La première – et pratiquement la seule – condition d’un bon style, c’est d’avoir quelque chose à dire. – Schopenhauer cité par MH

Un roman idéal devrait pouvoir comporter des passages versifiés ou chantés – MH (Artpress)

  • Les limites de l’écriture romanesque

La forme romanesque n’est pas concçue pour peindre l’indifférence, ni le néant; il faudrait inventer une articulation plus plate, plus concise et plus morne – MH (Extension)

  • Les possibilités offertes par l’écriture romanesque

Isomorphe à l’homme, le roman devrait pouvoir tout contenir (…) Les « réflexions théoriques », par conséquent, m’apparaissent comme un matériau romanesque aussi bon qu’un autre, et meilleur que beaucoup d’autres – MH (Interventions)

  • De l’influence des femmes sur la littérature

Souvent, les femmes ont du mal à accepter la négation pure, et le fait qu’il y ait de plus en plus de lectrices crée une pression sournoise en faveur de la positivité – MH

  • Sujets plus ou moins nobles, sujets plus ou moins faciles

Plus tu es [écris sur] dans les choses moyennes universelles, plus c’est dur – MH

Les sujets ne sont pas égaux en littérature. Tout ce qui est concerne les états psychiques est assez défavorisé. C’est lié à la pauvreté du vocabulaire. – MH (Le magazine des livres n19)

Le progrès technologique humain n’est pas a priori un sujet de roman facile, contrairement aux rapports humains ou à l’organisation des sociétés – MH (Le magazine des livres n19)

La sexualité a le gros inconvénient d’être intéressante. Donc, si on veut que le lecteur continue à s’intéresser au métier du personnage, toute intrigue amoureuse est dangereuse. C’est pour ça que j’ai envoyé Olga en Russie, parce qu’elle prenait trop de place. – MH (Le magasine des livres n27)

  • Des personnages difficiles à contrôler

En général, un personnage ne sait pas rester à sa place. Donc, parfois, il faut l’éliminer. – MH (Le magasine des livres n27)

  • Thématiques européennes. Thématiques américaines

En Amérique le thème de la violence, qui est au coeur d’American psycho, ocupe une place bien plus centrale qu’en Europe. Tout comme la dictature de la jeunesse et l’importance énorme de la richesse sont des thèmes américains – MH

  • Le rôle de la critique

Je pense que j’ai a priori suffisamment de lecteurs pour que, quelle que soit l’ampleur des critiques négatives, cela ne change pas grand chose. – MH (Le magazine des livres n19)

L’instance critique est totalement déconectée de l’instance « public ». Elle est également déconnectée de l’instance universitaire. Il existe tout un circuit universitaire de gens qui font des thèses sur les livres, qui se lisent entre eux (…) Ces gens ne font jamais référence à un article de journal. Ca fonctionne comme un autre monde. Le monde universitaire, le monde du public et celui de la critique sont totalement, intégralement déconnectés. – MH (Le magazine des livres n19)

Le gros problème de la critique, comme de la préface, c’est de trouver l’axe de départ. – MH (Le magasine des livres n27)

  • Faire un plan ou pas

Quand des auteurs font de vrais plans, comme Grisham qui pose noir sur blanc tout ce qui va arriver dans son livre et qui ensuite rédige chaque chapitre conformément à son plan, il y a quelque chose qui ne va pas. C’est un des paradoxes de l’activité romanesque. Si on suit trop précisément un plan l’ensemble est plat et sans vie. Il ne ressemble pas à la vie. Et si on ne fait pas de plan du tout, on aboutit à des difficultés de lecture parfois excessives. – MH (Le magazine des livres n19)

Un roman devrait pouvoir s’ouvrir à n’importe quelle page, et être lu indépendamment du contexte. Le contexte n’existe pas. – MH (Artpress)

  • L’erreur du « Nouveau roman »

Le nouveau roman tente de décrire l’objet, ce qui est vain. Moi, j’utilise des textes sur l’objet. Et je pense que c’est moi qui ai raison. – MH (Le magasine des livres n27 au sujet de « La Carte et le territoire »)

  • La poésie

Nous vivons dans un monde où la poésie n’a simplement plus de place – MH (Ennemis publics)

La poésie est le moyen le plus naturel de traduire l’intuition pure d’un instant (…) Les problème commencent quand il s’agit d’organiser ces fragments. – MH (Artpress)

  • Modes narratifs

Le fait de multiplier les instances de narration sans le préciser vraiment crée une sorte de trouble narratif qui peut être intéressant. – MH (Le magasine des livres n27)

Mettre une note de bas de page dans un dans un roman c’est très violent. On transporte directement le lecteur dans une ambiance de thèse de troisième cycle. – MH (Le magasine des livres n27)

Sur Houellebecq

Tagué , , , , , , , , , ,

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :