Musée juif de Berlin
Mémorial de l’holocauste
L’artiste en tant que marque
Dès 1962, qui marque ses vrais débuts sur la scène artisitique new yorkaise, Warhol jette les bases d’une stratégie d’évitement, de passivité et de renversement à laquelle il se tiendra avec une remarquable constance pendant 25 ans.
Pour avoir exercé brillamment dans la publicité, Andy Warhol sait que les médias attendent des artistes qu’ils soient également des icones, toujours fidèles à leur réputation. Ses apparitions à la télévision à la fin des années 60 impressionnent les adolescents au même titre que ses étranges rôles de figurant et ses remarques sibyllines dans les fanzines.
Le culte de l’artiste était déjà amorcé mais Warhol le porte à son ultime achèvement en dissociant conception et réalisation.
La dissociation de la conception et de la réalisation
Dans la foulée de la révolution incarnée par les "ready made" de Duchamp, le concept prend le pas sur le style, l’idée sur la manière.
Ce qui fait la valeur d’une oeuvre n’a plus rien à voir avec le temps. Quitte à forcer le trait, Warhol n’hésite pas à affirmer qu’il a fait ses Elvis Presley en 5 minutes ou une heure maximum. Dans un autre entretien, Ruth Seymour s’en étonne « d’un point de vue physique ça doit vous prendre plus de temps » ce à quoi Warhol répond : « Non c’est très mécanique »
Dans un premier temps, Warhol est désireux d’éviter toute confusion entre l’oeuvre et le plagiat en précisant « quand j’ai fini une série, je détruis les écrans sérigraphiques pour empêcher la fabrication de faux » même s’il reconnait dans le même temps : « si quelqu’un contrefaisait mes oeuvres, je serais incapable de m’en rendre compte ».
Puis il d’assume complètement la possibilité de la copie : « ce serait formidable si nous étions plus nombreux à utiliser la sérigraphie, jusqu’au point où ça deviendrait impossible de savoir si c’est mon tableau ou celui de quelqu’un d’autre » ce dont il fait une profession de foi dans autre entretien avec un critique, David Bourdon en déclarant « Je suis pour l’art mécanique ».
La création d’un personnage
Article en cours de rédaction
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Wright : un artiste patriotique
"(…) J’ai menotté des gens qui avaient battu, volé ou tué, j’ai menotté des toxicos en manque qui avaient tout cassé dans leur propre maison, pour ne pas qu’ils finissent par se faire mal, j’ai menotté des cambrioleurs en flagrant délit en train de dépouiller des plus pauvres qu’eux, j’ai menotté des gens violents pour qu’ils me foutent la paix et pour ne pas m’en prendre une, j’ai menotté un père qui avait violé sa fille, et un collègue a menotté la mère qui ne voulait pas qu’on menotte le père pour "ça", j’ai menotté des gens qui avaient comme seul tort d’être là au mauvais moment, j’ai menotté dans le doute, j’ai menotté par erreur, j’ai menotté des vrais cons et des braves cons, j’ai menotté plein de gens (…)"
"Si le chiffre n’était pas une abstraction, il aurait une statue à son effigie dans chaque commissariat. Ou son portrait dans un cadre doré à l’or fin, à côté de celui du chef de l’Etat. Le chiffre est une entité omniprésente et autoritaire qui plane au-dessus de chaque service de police. En choeur, tous les patrons le rappellent dans les incantations consacrées. "Le chiffre !" "Je veux du chiffre" "Ramenez du chiffre !" Chaque flic doit garder à l’esprit qu’il existe avant tout pour le chiffre. On ne lui demande pas d’avoir foi en le chiffre, mais simplement de le pratiquer au quotidien. Sans se poser de questions. Et avec ferveur si possible. Le chiffre est gourmand, mais il n’a pas d’exigence particulière sur la qualité de ce qui le fait grossir(…)"
"(…) Une femme a jeté sa fille de deux ans par la fenêtre et s’est jetée derrière elle. Neuf étages. La mère est morte, presque sur le coup. La petite, au bout de trois heures de tentatives de réanimation sur place. insupportable. Je me rappelle. Ils ont enlevé tous les tuyaux de sa bouche, de son nez, ses veines. Sa tête a roulé sur le côté. Poupée fracassée… Tout son sang est sorti de ses narines. On est allé dans l’appartement. IL était fermé de l’intérieur. Le couvert était mis pour deux, et le yaourt de la petite fille n’était pas fini."
“Flic. Chroniques de la police ordinaire” de Bénédicte Desforges – J’ai lu – Editions Michalon 2007
Livres de référence
Michel Houellebecq, dans Plateforme, décrit le roman par ces mots : "Le Vallon devenait un livre émouvant et étrange ; on était comme devant les eaux profondes et qui bougent… Agatha Christie avait atteint quelque chose de très beau, une sorte d’émerveillement à la Dickens." Ce que pense l’auteur du roman d’Agatha Cjhristie ici
Auteurs de référence
Michel Houellebecq juge l’oeuvre d’Agatha Christie comme purement littéraire : "Je traite ces livres "de genre" exactement comme des ouvrages de littérature générale – ce qui n’est pas le cas des spécialistes, qui ont d’autres critères, essentiellement l’ingéniosité de la solution proposée, dans le cadre des règles du roman de détection. Ça n’a pas toujours été le cas – il m’est arrivé, dans ma jeunesse, de lire des Agatha Christie en cherchant à deviner le coupable. Le pire est que je n’ai pas encore réussi à rendre hommage à Conan Doyle, que je préfère largement à Agatha Christie, que j’aime autant que Lovecraft à vrai dire." Comment Agatha Christie a influencé Houellebecq - L’Express
Citations
Ne lisez que des génies (…) Aucun auteur contemporain : l’immense majorité est composée de cervelles nulles et non avenues, vous perdrez votre temps… – MH (cité par Transfuge no41)
Au sujet de Sartre : On est souvent mal renseigné sur sa propre vocation (il est surprenant de penser, par exemple, que Sartre ait pu, peut-être accorder plus d’importance à ses ouvrages de philosophie théoriques qu’à La Nausée ou au Mots – MH (Ennemis publics)
Au sujet de Philippe Sollers : Voilà en tout cas un homme qui avait parfaitement intégré la distinction entre moi profond et moi social. Depuis, à plusieurs reprises, un doute inquiétant, vaguement métaphysique, m’a traversé : sous le Philippe Sollers social, existe-t-il encore une Philippe Sollers réel ? - MH (Ennemis publics)
Au sujet de BHL : Un égo aussi bien trempé que le vôtre relève pour moi du mystère, voire de l’anormalité – MH (Ennemis publics)
Au sujet d’Antoine Riboud : Un grand dirigeant (…) est celui qui sait dire "Salade pour tout le monde !" au bon moment – MH (Ennemis publics)
A lire aussi sur Houellebecq
> Sur l’écriture
Tout le monde a un style. Eventuellement mauvais. Il y a une confusion entre style et monomanie verbale (…) Finalement le débat est très pauvre sur ces questions. – MH (Le magasine des livres n19)
Les Français aiment les styles voyants. Les Américains vont trop loin dans l’autre sens – MH (Le magasine des livres n27)
L’excès de style me dégoûte un peu, comme des nourritures trop riches – MH (Le magasine des livres n27)
La première - et pratiquement la seule - condition d’un bon style, c’est d’avoir quelque chose à dire. – Schopenhauer cité par MH
La forme romanesque n’est pas concçue pour peindre l’indifférence, ni le néant; il faudrait inventer une articulation plus plate, plus concise et plus morne – MH (Extension)
Isomorphe à l’homme, le roman devrait pouvoir tout contenir (…) Les « réflexions théoriques », par conséquent, m’apparaissent comme un matériau romanesque aussi bon qu’un autre, et meilleur que beaucoup d’autres – MH (Interventions)
Souvent, les femmes ont du mal à accepter la négation pure, et le fait qu’il y ait de plus en plus de lectrices crée une pression sournoise en faveur de la positivité – MH
Plus tu es [écris sur] dans les choses moyennes universelles, plus c’est dur – MH
Les sujets ne sont pas égaux en littérature. Tout ce qui est concerne les états psychiques est assez défavorisé. C’est lié à la pauvreté du vocabulaire. – MH (Le magazine des livres n19)
Le progrès technologique humain n’est pas a priori un sujet de roman facile, contrairement aux rapports humains ou à l’organisation des sociétés – MH (Le magazine des livres n19)
La sexualité a le gros inconvénient d’être intéressante. Donc, si on veut que le lecteur continue à s’intéresser au métier du personnage, toute intrigue amoureuse est dangereuse. C’est pour ça que j’ai envoyé Olga en Russie, parce qu’elle prenait trop de place. – MH (Le magasine des livres n27)
En général, un personnage ne sait pas rester à sa place. Donc, parfois, il faut l’éliminer. – MH (Le magasine des livres n27)
En Amérique le thème de la violence, qui est au coeur d’American psycho, ocupe une place bien plus centrale qu’en Europe. Tout comme la dictature de la jeunesse et l’importance énorme de la richesse sont des thèmes américains – MH
Je pense que j’ai a priori suffisamment de lecteurs pour que, quelle que soit l’ampleur des critiques négatives, cela ne change pas grand chose. – MH (Le magazine des livres n19)
L’instance critique est totalement déconectée de l’instance "public". Elle est également déconnectée de l’instance universitaire. Il existe tout un circuit universitaire de gens qui font des thèses sur les livres, qui se lisent entre eux (…) Ces gens ne font jamais référence à un article de journal. Ca fonctionne comme un autre monde. Le monde universitaire, le monde du public et celui de la critique sont totalement, intégralement déconnectés. – MH (Le magazine des livres n19)
Le gros problème de la critique, comme de la préface, c’est de trouver l’axe de départ. – MH (Le magasine des livres n27)
Quand des auteurs font de vrais plans, comme Grisham qui pose noir sur blanc tout ce qui va arriver dans son livre et qui ensuite rédige chaque chapitre conformément à son plan, il y a quelque chose qui ne va pas. C’est un des paradoxes de l’activité romanesque. Si on suit trop précisément un plan l’ensemble est plat et sans vie. Il ne ressemble pas à la vie. Et si on ne fait pas de plan du tout, on aboutit à des difficultés de lecture parfois excessives. – MH (Le magazine des livres n19)
Le nouveau roman tente de décrire l’objet, ce qui est vain. Moi, j’utilise des textes sur l’objet. Et je pense que c’est moi qui ai raison. – MH (Le magasine des livres n27 au sujet de "La Carte et le territoire")
Nous vivons dans un monde où la poésie n’a simplement plus de place – MH (Ennemis publics)
Le fait de multiplier les instances de narration sans le préciser vraiment crée une sorte de trouble narratif qui peut être intéressant. – MH (Le magasine des livres n27)
Mettre une note de bas de page dans un dans un roman c’est très violent. On transporte directement le lecteur dans une ambiance de thèse de troisième cycle. – MH (Le magasine des livres n27)
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